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Bill Morneau blanchi par le commissaire à l'éthique

Bill Morneau aux Communes.

L'ancien ministre des Finances Bill Morneau

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

L’ex-ministre des Finances Bill Morneau n'a pas délibérément mal agi en ne divulguant pas un cadeau reçu de l'organisme UNIS, conclut le commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique fédéral.

Mario Dion estime que l'ancien ministre croyait sincèrement qu'il avait payé la totalité du coût de deux voyages que des membres de sa famille et lui ont effectués en 2017 en Équateur et au Kenya pour visiter des projets humanitaires menés par l'association caritative.

Dès que M. Morneau a appris en juillet qu'UNIS – WE Charity, en anglais – avait en fait couvert 41 000 $ de dépenses pour ces voyages, il a remboursé l'organisme de bienfaisance, souligne le commissaire à l'éthique au terme de son enquête.

Mario Dion.

Mario Dion, le commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique, est un haut fonctionnaire indépendant de la Chambre des communes.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Dans une lettre adressée à l’ex-ministre, M. Dion explique que c'est parce qu’il a remboursé immédiatement cette somme et pris les mesures correctives appropriées qu’il en est arrivé à conclure qu'aucune faute éthique n'a été commise.

L'invitation d'UNIS à prendre connaissance de ses projets sur le terrain visait à inciter la femme de M. Morneau à faire un don à l'organisme.

Le commissaire à l'éthique a toutefois accepté l'explication de l'ancien ministre selon laquelle il n'a pas été impliqué dans la décision subséquente de sa femme de faire deux généreux dons par l'entremise de la fondation familiale.

L'enquête se poursuit

Cela étant dit, le commissaire Dion précise dans sa lettre qu’il poursuivra son enquête afin de déterminer si l'ex-ministre des Finances a violé la Loi sur les conflits d’intérêts en ne se récusant pas lorsque le cabinet a décidé de verser plus de 43,5 M$ à UNIS pour assurer la gestion d’un programme de bénévolat pour les jeunes Canadiens d’une valeur de 900 M$.

Sous le feu de l'opposition pendant des semaines en lien avec cette affaire, Bill Morneau a annoncé sa démission le 17 août dernier, expliquant qu'il n'avait pas l'intention de se présenter aux prochaines élections fédérales.

L'enquête du commissaire à l'éthique vise également à déterminer le rôle du premier ministre Justin Trudeau dans l'attribution à UNIS sans appel d'offres de la gestion du programme de bénévolat des jeunes.

Car plusieurs membres de la famille Trudeau, dont sa mère, son épouse et son frère, ont aussi reçu des sommes importantes de la part d'UNIS pour participer à des événements et à des conférences.

La femme lève les bras et sourit.

La mère du premier ministre, Margaret Trudeau, lors d'une conférence à Toronto le 20 septembre 2018.

Photo : Getty Images / Dominik Magdziak

Dans un communiqué transmis en fin d'après-midi, l'organisme de bienfaisance s'est réjoui de la décision du commissaire à l'éthique, se disant heureux que celui-ci en soit venu à la conclusion qu'il n'y a pas eu de manquement à l'éthique en lien avec ces voyages de bénévolat.

Nous avons toujours soutenu que ces voyages avaient été faits de bonne foi et nous nous félicitons de cette importante clarification des faits.

Craig Kielburger, cofondateur d'UNIS

Afin de corriger des informations inexactes véhiculées par des députés, des médias canadiens et des critiques choisis, UNIS en a profité pour faire état des résultats de deux enquêtes menées dans les derniers mois sur la conduite générale de l'organisme de bienfaisance et sur le programme de bénévolat pour les jeunes Canadiens en particulier.

L'ancien solliciteur général adjoint de l'Ontario Matt Torigian a conclu – dans un rapport accessible en ligne (Nouvelle fenêtre) – que c'est le gouvernement Trudeau qui avait d'abord demandé à UNIS de soumettre une proposition; qu'il avait examiné la capacité d'autres organisations de gérer le programme; et que son choix de confier le contrat à UNIS n'était pas décidé d'avance.

Après avoir examiné les finances de l'organisation, le juricomptable Al Rosen a de son côté rejeté les allégations selon lesquelles UNIS était dans une situation financière difficile avant d'obtenir le contrat ou que les frères Kielburger auraient pu profiter de ce programme pour s'enrichir personnellement. Son rapport (Nouvelle fenêtre) a également été mis en ligne.

Ces audits, espère Marc Kielburger, montreront aux Canadiens que WE Charity a toujours fonctionné avec la plus grande intégrité financière.

Avec les informations de La Presse canadienne

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