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Le gouvernement Legault veut mieux protéger le patrimoine bâti au Québec

Les décombres d'une maison.

La maison Pasquier, une maison patrimoniale du quartier Neufchâtel, à Québec, avait été construite en 1698.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En déposant le projet de loi 69, la ministre de la Culture du Québec, Nathalie Roy, entend pallier les « nombreuses faiblesses » de la Loi sur le patrimoine culturel et mieux protéger « un patrimoine bâti durement négligé depuis plusieurs années ».

Nathalie Roy affirme qu'elle ne veut plus que des démolitions impromptues de bâtiments fassent les manchettes comme cela a été trop souvent le cas dans le passé.

Avec le projet de loi 69, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) veut conférer certains pouvoirs aux municipalités, mais, également, leur imposer de tenir des inventaires, entre autres obligations vis-à-vis du patrimoine culturel.

Des mesures qui étaient auparavant optionnelles pour les villes et les municipalités régionales de comté (MRC) deviennent obligatoires avec ce projet de loi. Ainsi, tous les bâtiments qui ont été construits avant 1940 et qui ont une valeur patrimoniale devront être répertoriés. Les villes devront se doter d'un règlement afin d'encadrer et de rendre publique toute demande de démolition d'un immeuble inscrit sur cette liste.

Le gouvernement mise aussi sur la mobilisation citoyenne pour mieux protéger le patrimoine bâti.

Par exemple, la loi, comme on se propose de la modifier, rendrait les décisions ministérielles plus transparentes et plus équitables, et donnerait aux citoyens la possibilité d'en appeler.

Aussi, la grille d'évaluation et les critères menant à la prise de ces décisions seraient désormais publics, de manière à ce que les citoyens puissent mieux les prévoir.

Enfin, le traitement des demandes de statuts et d'autorisations – déposées tant par les citoyens que par les propriétaires de biens patrimoniaux – serait accéléré, et les décisions seraient rendues dans une limite de 90 jours.

Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Jacques Demers, applaudit la mesure, mais exprime quelques réserves.

Si on demande aux municipalités de le faire, c'est une chose. Si on l'exige, j'espère vraiment que l'argent va suivre à ce moment-là, dit M. Demers, qui se demande si les citoyens, notamment en milieu rural, auront aussi de l'aide.

Québec a récemment mis sur la table 51 millions de dollars pour aider les villes et les MRC à s'acquitter de leurs obligations en matière de patrimoine

Les organismes de défense du patrimoine, comme Héritage Montréal, la Fédération Histoire Québec et Action Patrimoine, voient aussi le projet de loi comme un pas dans la bonne direction.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Mieux protéger le patrimoine du Québec

Des histoires qui se terminent mal

Le 20 juin dernier, la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, avait blâmé le gouvernement du Québec en affirmant qu'il manquait à ses devoirs relativement à la sauvegarde du patrimoine immobilier.

Il y a près de deux ans, la démolition à Chambly de la maison Boileau avait causé tout un émoi. Construite en 1819 et ayant été jadis la demeure d'un patriote, cette maison avait été détruite sur ordre de l'administration municipale, malgré la vive opposition de résidents.

Une maison ancienne en train de se faire démolir par une pelle mécanique.

La maison Boileau au moment de sa démolition

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Bien que ce bâtiment ait revêtu un caractère historique indéniable, il n'avait pas été classé au patrimoine culturel québécois.

L'an dernier, ce fut au tour de l’église Saint-Cœur-de-Marie de tomber sous le pic des démolisseurs. Malgré l'intérêt patrimonial qu'elle représentait, cette église de la Ville de Québec avait été fermée et vendue à des intérêts privés en 1997.

Ce même automne 2019, la maison Pasquier, à Québec toujours, avait été réduite à néant, elle qui était l'une des plus vieilles maisons préservées de la province.

Certains bâtiments connaissent toutefois une fin plus heureuse. Le 16 octobre dernier, le ministère de la Culture a tranché en faveur de la protection du Château Beauce, situé à Sainte-Marie, en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Avec les informations de René Saint-Louis

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