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Trump et Biden bataillent pour la Floride, État pivot par excellence

Donald Trump parle sur une scène, derrière lui se trouvent des partisans dans une estrade.

Donald Trump mobilise un peu partout des foules importantes, le plus souvent peu soucieuses du port du masque et de la distanciation sociale.

Photo : Reuters / Jonathan Ernst

À cinq jours de l'élection présidentielle, Donald Trump et Joe Biden tiennent tous les deux des rassemblements en Floride, État pivot par excellence que le président sortant se doit de remporter s'il souhaite être reconduit pour un second mandat lors du scrutin du 3 novembre.

L'importance accordée à la Floride en fin de campagne par les deux candidats est révélatrice du poids décisif que l'État occupe dans ce scrutin. Depuis 1928, seuls deux candidats à la présidence, tous partis confondus, ont été élus sans remporter la Floride.

Plus encore, une victoire de Donald Trump est en fait difficilement envisageable sans ce poids lourd du Collège électoral, qui compte 29 grands électeurs sur les 270 nécessaires pour accéder à la Maison-Blanche.

Conscient du rôle crucial des électeurs floridiens pour ce scrutin – dont il n'est pas le favori, si l'on en croit les sondages –, Donald Trump est apparu à Tampa en pleine forme jeudi. Accompagné de son épouse Melania, un fait rare depuis le début de la campagne, il s'est affiché en champion de l'économie grâce aux derniers chiffres sur le produit intérieur brut (PIB) américain.

Donald Trump embrasse Melania sur la joue sous un ciel bleu.

La première dame a brièvement pris la parole lors du rassemblement de campagne qui se tenait en Floride jeudi, à cinq jours du scrutin.

Photo : afp via getty images / Brendan Smialowski

Dans cinq jours, nous allons gagner la Floride, nous allons gagner quatre ans de plus! a lancé le président américain, coiffé d'une casquette rouge Make America Great Again, devant une foule imposante venue l'écouter.

Il s'est rapidement emparé de la hausse record de 33,1 % du PIB au troisième trimestre, annoncée quelques heures plus tôt, pour promettre une année 2021 sous ce même signe de croissance, à condition bien sûr d'être réélu.

Aucun pays n'a de chiffres comme ceux-là, a-t-il martelé, louant une croissance économique explosive.

Or, ce chiffre, aussi spectaculaire soit-il, intervient après un plongeon tout aussi historique de 31,4 % au printemps. Et il a été essentiellement appuyé par le généreux soutien financier du gouvernement fédéral à l'endroit des ménages et des entreprises face à la pandémie, des aides qui ont désormais pour la plupart pris fin.

Difficile de courtiser les aînés en pleine pandémie

En difficulté dans le Wisconsin et le Michigan – deux États qu'il avait remportés d'extrême justesse en 2016 devant Hillary Clinton –, Donald Trump ne peut se permettre de perdre également la Floride s'il veut espérer un second mandat.

Une victoire de Joe Biden dans ce grand État du sud-est, où les résultats devraient être annoncés assez tôt le soir du 3 novembre, pourrait mettre rapidement fin au suspense de la soirée électorale.

Or, les deux septuagénaires sont au coude-à-coude dans cet État. Selon le dernier sondage NBC News/Marist Poll, publié jeudi matin, Joe Biden dispose d'une légère avance à 51 % contre 47 % pour Donald Trump.

Fait notable : le candidat démocrate a une avance marquée chez les 65 ans et plus (53 % contre 46 %), qui représentent un Floridien sur cinq.

Nombre de sondages montrent un recul inquiétant pour le candidat républicain au sein de cette catégorie de la population, qui avait joué un rôle clé dans sa victoire de 2016. Cette situation n'est pas étrangère à sa gestion de la pandémie de COVID-19, laquelle menace tout particulièrement les aînés.

Trump ulcéré par la COVID-19

Mercredi, les États-Unis ont annoncé plus de 81 000 nouvelles infections – un pic depuis mars – et 1030 morts en 24 heures. La Floride est d'ailleurs l'un des États les plus malmenés par la COVID-19 depuis le début de la pandémie. Ces jours-ci, il s'agit même de l'État où l'on annonce le plus de morts en nombre absolu.

À l'échelle du pays, on compte désormais plus de 227 000 morts depuis le début de la pandémie.

Cependant, Donald Trump continue de minimiser la gravité de la situation et se montre maintenant ouvertement ulcéré par l'attention trop grande accordée, dit-il, à ce virus. Partout où il passe, le président américain mobilise aussi des foules considérables qui sont, le plus souvent, peu soucieuses du port du masque et de la distanciation sociale.

Il fait de la taille de ces rassemblements son principal atout de campagne. Et, à la moindre occasion, il se moque de son adversaire, Joe Biden, incapable selon lui de susciter un enthousiasme équivalent.

Masqué, Joe Biden marche devant des partisans en voiture.

Joe Biden faisait campagne à Coconut Creek, sur la côte est de la Floride, jeudi.

Photo : Reuters / Brian Snyder

Le candidat démocrate était d'ailleurs à Coconut Creek, au nord de Miami, jeudi, pour un rassemblement en formule « drive-in ». Ses partisans sont donc venus l'écouter en voiture pour éviter de propager la COVID-19.

Nettement plus en retrait depuis le début de la campagne, Joe Biden, qui a peu quitté sa petite ville de Wilmington, dans le Delaware, met de l'avant la nécessité de respecter les consignes sanitaires et de donner l'exemple.

Le refus de l'administration Trump de reconnaître la réalité que nous traversons, alors que près de 1000 Américains meurent chaque jour, chaque jour, est une insulte envers chaque personne qui souffre de la COVID-19 et chaque famille qui a perdu un être cher, a-t-il notamment lancé mercredi.

Hier, le Dr Anthony Fauci, qui est directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, a signalé qu'un retour à la normale était peu probable avant 2022, une position en contradiction avec celle de Donald Trump.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir
Avec les informations de CNN, et Agence France-Presse

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