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Réactions partagées sur la stratégie de Québec sur les minéraux critiques et essentiels

Minéraux dits de terres rares

Échantillons de métaux.

Photo : Courtoisie : Samdim

L’annonce d’un Plan québécois pour la valorisation des minéraux critiques et essentiels est bien accueillie par l’industrie minière, qui y voit un potentiel de développement de nouveaux projets en Abitibi-Témiscamingue. Cependant, des acteurs environnementaux mettent en garde Québec contre la tentation d’aller trop vite.

Le plan du ministre Jonatan Julien prévoit notamment des investissements de 90 M $ sur 5 ans pour mieux comprendre le potentiel du Québec à ce chapitre et en faire un chef de fil de la production, des transformations et du recyclage de ces minéraux, dont le lithium pour les batteries des voitures électriques.

Plan rapproché de M. Julien, devant des drapeaux du Québec.

Jonatan Julien, ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, à l'Assemblée nationale.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Rousselle

À l’Association de l’exploration minière du Québec (AEMQ), on voit de bon augure le projet de créer des filières dédiées pour ces métaux.

On a déjà certaines connaissances de ces minéraux, mais l’enjeu principal, ce n’est pas juste de les découvrir et de les mettre en production, précise Alain Poirier, directeur de projets. Il faut aussi pouvoir trouver des marchés pour délivrer ces produits et faire de la deuxième et de la troisième transformation, pour attirer des investisseurs. C’est un processus plus laborieux, qui demande de la recherche et de l’innovation et qui est un défi plus important pour l’industrie.

En regroupant les forces et les acteurs, l’AEMQ croit que Québec pourra se positionner et compétitionner contre de gros joueurs comme la Chine ou l’Australie. Alain Poirier croit aussi que ça créera un appétit pour davantage d’exploration.

Le prix de l’or favorise l’exploration pour l’or, mais si d’autres métaux deviennent plus populaires et accessibles, les gens vont s’y intéresser, explique-t-il. On a plusieurs projets d’exploration dans la région qui en sont à leurs débuts, mais la structure que le gouvernement veut mettre en place va créer de l’intérêt.

Sayona Québec se réjouit

Chez Sayona Québec, où l’on travaille notamment à développer un projet de lithium Authier à La Motte, on se réjouit de cette stratégie qui devrait contribuer à favoriser les investissements étrangers.

Tous les territoires où il y a des gisements de minéraux stratégiques et critiques s’organisent, rappelle le chef de la direction, Guy Laliberté. On le voit notamment aux États-Unis et en Ontario. Il était temps que le Québec se décide à regrouper les énergies pour mettre en valeur ce qu’on a d’unique ici. On a beaucoup d’atouts pour que ça se développe de manière significative.

Le secteur démontrerait un potentiel évident de spodumène, principal minerai de lithium.

Le spodumène est un des principaux minéraux de lithium.

Photo : gracieuseté Sayona Mining

Guy Laliberté se réjouit de voir le gouvernement du Québec prioriser la promotion de ses atouts à l’international. Il croit aussi qu’il est très réaliste de mettre en place au Québec une véritable économie circulaire avec ces minéraux.

Si on se structure convenablement, le Québec va y trouver son compte, affirme-t-il. Si l'on compare [le lithium] à l’acier ou à l’aluminium, où on s’est plaint qu’on ne transforme pas assez, là on a l’opportunité, au début de ce cycle, de transformer le plus possible et créer une chaîne de valeur. C’est certain que ça va jouer dans l’intérêt des investisseurs de développer leur projet au Québec, où on se démarque en plus par notre production propre d’énergie.

Tourner les coins ronds

Chez les groupes environnementalistes, la réaction est évidemment plus mitigée. La Coalition Québec meilleure mine rappelle qu’elle est en faveur de l’électrification des transports, mais que Québec doit avant tout travailler à mettre en place des politiques pour réduire la quantité de véhicules sur les routes et resserrer les exigences imposées à l’industrie minière.

Marc Nantel, porte-parole du Regroupement Vigilance mines Abitibi-Témiscamingue (REVIMAT), craint pour sa part que Québec tourne les coins ronds au niveau environnemental.

Il y a des éléments intéressants là-dedans, comme le fait d’investir dans la recherche ou de mettre en place une économie circulaire, soit de l’exploitation jusqu’au recyclage, note-t-il. On va voir avec le temps où va aller le gouvernement avec ça. Mais il ne faudrait pas, pour régler le problème des gaz à effet de serre, créer un plus grand problème environnemental lors de l’extraction des ressources. Je ne dis pas qu’il ne faut pas aller de l’avant, mais le diable est souvent dans les détails. Ma crainte, c’est qu’on précipite des projets miniers pour tomber rapidement sur les marchés, au détriment de l’environnement.

Rodrigue Turgeon, porte-parole du Comité citoyen de protection de l’esker, invite le gouvernement à prendre une pause avant de se lancer dans des politiques qui sont moins vertes qu’il le prétend.

Je doute qu’on puisse régler le plus grand problème de l’histoire de l’humanité avec une autre solution capitaliste et extractrice, a-t-il commenté en entrevue à l’émission Des matins en or. Au final, pour la région il faut qu’on se pose la question de la dépendance sur le modèle du régime minier dominant. Ça engendre beaucoup d’inégalités. Ce ne sont pas juste des jobs et de gros salaires. Il y a d’autres problèmes soulevés. Nous cloisonner dans un autre plan minier, on trouve qu’il n’y a rien de révolutionnaire là-dedans, assure-t-il.

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