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Des mesures sanitaires « innovantes » pour maîtriser les éclosions dans des usines d'Olymel

L'usine Olymel de Vallée-Jonction, vue de l'extérieur.

L'usine Olymel de Vallée-Jonction

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Dépistages hebdomadaires, avances salariales pour inciter la déclaration de symptômes, embauches d’infirmières : la direction d’Olymel et la santé publique ont dû mettre en place des mesures sanitaires exceptionnelles afin de maîtriser les éclosions qui sévissent dans les usines de l'entreprise.

Le bilan s’alourdit de jour en jour à l’usine Olymel de Vallée-Jonction. Les derniers chiffres publiés jeudi par la santé publique font état de 122 employés atteints de la COVID-19 sur 649 tests de dépistages.

Un travailleur est également décédé moins de 24 heures après avoir obtenu un résultat de dépistage positif. Alain Grenier, 65 ans, a été ajouté au bilan des 68 décès en Chaudière-Appalaches.

Une éclosion est également en cours à l'usine de Princeville, où 14 cas ont été recensés parmi les 370 employés. Un dépistage ciblé des 120 employés de la salle de coupe du quart de jour sera effectué. Les usines de Sainte-Rosalie et de Yamachiche ont aussi chacune un cas actif.

Devant un taux important de travailleurs asymptomatiques à Vallée-Jonction, un protocole de dépistage hebdomadaire a été élaboré par l’entreprise.

C'est une mesure innovante, souligne le porte-parole d’Olymel Richard Vigneault. Il explique que les tests seront effectués auprès de tous les employés qui n’ont pas encore contracté la COVID-19.

On commence un premier groupe d'environ 200 employés vendredi. Ça va se faire au cours des prochaines semaines. Les tests vont se faire dans le privé aux frais de l'employeur. Tout ça va être rapporté et connecté avec les autorités de santé publique, précise M. Vigneault.

Encourager la déclaration des symptômes

La santé publique a aussi observé que des travailleurs hésitaient à déclarer des symptômes pouvant s’apparenter à ceux de la COVID-19, craignant des impacts sur leurs revenus.

Pour remédier à ce problème, l’usine offre désormais une avance salariale aux employés qui sentent le besoin de passer un test de dépistage.

Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

Le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Cette façon de faire va au-delà des normes sanitaires qui s'appliquent dans leur milieu de travail, s’est réjoui le ministre du Travail, Jean Boulet.

On va s'assurer d'éviter que des personnes symptomatiques ne le déclarent pas. Tout est mis en place pour faire la promotion de l'isolement préventif.

Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

Des infirmières ont également été embauchées pour améliorer la détection des symptômes chez les travailleurs. Des agents de sécurité ont aussi été engagés par l’usine pour éliminer les attroupements sur les terrains de l’usine durant les pauses.

L’ajout de sens uniques, le rappel des bonnes pratiques de covoiturage font aussi partie des nouvelles mesures.

Si ça ne va pas dans la bonne direction, on prendra les mesures qui s'imposent. Ça peut aller jusqu'à une ordonnance de fermeture de l'usine, a tout de même tenu à préciser le ministre Boulet.

8000 porcs de moins par semaine

Une période de 65 minutes entre les quarts de travail a aussi été ajoutée pour éviter que les travailleurs ne se croisent.

Si ce plan d’action permet, pour le moment, d’éviter la fermeture de l’usine, les activités d’abattage sont considérablement ralenties par ces pauses de production ainsi que par le nombre important d’employés retirés de l’usine parce qu’ils ont été déclarés positifs ou qu’ils ont été isolés de façon préventive.

De nombreux jeunes porcs rassemblés.

Plus de 81 000 porcs n'ont pas de place dans les abattoirs au Québec.

Photo : Fournie par Stacey Ash

Résultat, environ 8000 porcs de moins par semaine peuvent être abattus à l’usine.

Considérant que plus de 81 000 porcs sont déjà en attente dans les porcheries du Québec, ce ralentissement pourrait avoir des impacts importants sur l’ensemble de la filière porcine québécoise.

On peut faire des livraisons de porcs dans d'autres de nos abattoirs. On peut prendre des ententes. On peut espérer aussi que la situation va se rétablir le plus rapidement possible, affirme le porte-parole d’Olymel Richard Vigneault.

Des discussions quotidiennes ont lieu entre la direction de l’usine et Les éleveurs de porcs du Québec afin de pallier ce problème.

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