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Frustrations devant le rapport de la vérificatrice générale sur le F.-A.-Gauthier

L'un des canots de sauvetage du F.-A.-Gauthier.

Le rapport de la vérificatrice générale du Québec révèle que la STQ ne disposait pas des ressources et des compétences nécessaires pour mener à bien la construction du F.-A.-Gauthier. (archives)

Photo : Radio-Canada / Olivier Roy Martin

Les élus de l'Est-du-Québec se disent exaspérés à la lecture du rapport d'enquête de la vérificatrice générale du Québec sur la construction du F.-A.-Gauthier. Ce rapport, dévoilé jeudi matin, révèle notamment que la STQ ne disposait pas des ressources et des compétences nécessaires pour mener ce chantier naval à bien.

Le processus de sélection du constructeur du navire, qui assure normalement la desserte maritime entre Matane, Baie-Comeau et Godbout, s'avère également déficient, selon le rapport de la vérificatrice générale, Guylaine Leclerc.

La STQ a aussi échoué à se prévaloir de certaines clauses du contrat de construction comme les pénalités prévues en cas de retard dans la livraison du bateau par le constructeur Fincantieri.

Ça n’a pas de bon sens! C’est le citoyen du Québec qui paye. [...] Ils n’ont pas d’architectes navals pour bâtir des bateaux. Ça a coûté une fortune.

Jean-Yves Bouffard, maire de Godbout

Les conclusions de la vérificatrice générale n'ont pas surpris le maire de Godbout, Jean-Yves Bouffard. Il s'avoue tout de même exaspéré de la situation.

Le F.-A.-Gauthier a coûté 170 millions de dollars à construire. À ce montant s'ajoute celui des réparations qui ont été nécessaires après des bris majeurs, soit 22 millions de dollars.

Le traversier F.-A.-Gauthier au large de Matane.

Le F.-A.-Gauthier a été retiré de la desserte maritime entre Matane et la Côte-Nord pendant 13 mois en raison de bris mécaniques (archives).

Photo : Radio-Canada / Luc Paradis

Le maire de Matane, Jérôme Landry, n’a, lui non plus, pas été très étonné à la lecture du rapport de la vérificatrice générale. Il se dit tout de même fâché de la situation.

C'est sûr qu'il y a eu un manque de compétence. [...] C’est extrêmement décevant, mais ce que j’espère, c’est qu’on puisse être capable d’apprendre de ce rapport-là.

Jérôme Landry, maire de Matane

Jérôme Landry se désole que la construction d'un traversier qui était porteur d'espoir pour la région ait été si mal supervisée.

On avait enfin un bateau, un équipement qui était adéquat pour les conditions maritimes, mais aussi, pour améliorer l'expérience des touristes et des usagers, se souvient-il.

Selon le maire Landry, il faut surtout de s’assurer d’avoir un plan de maintenance de ce bateau-là, d’avoir des gens qui soient des plus compétents possibles pour anticiper, justement, d’autres bris, et qu’on ait un bateau qui soit fiable. C’est vraiment la priorité.

Une desserte essentielle à maintenir

Les maires de Matane et de Godbout sont unanimes : ils espèrent maintenant que la STQ assurera le bon fonctionnement du F.-A.-Gauthier et qu’un navire de remplacement efficace sera disponible rapidement, en cas de besoin.

Selon eux, cette desserte maritime est essentielle pour l’économie de l’Est-du-Québec.

Toute cette saga-là a fait en sorte que le gouvernement du Québec, le ministère des Transports, la Société des traversiers du Québec aussi, reconnaissent que c'est une desserte qui est vitale. Et qu'on ne peut pas traiter à la légère cette desserte-là dans l'Est-du-Québec. Je pense que le message a passé, souligne Jérôme Landry.

Une dizaine de motoneiges stationnées devant l'hôtel le Manoir de Baie-Comeau.

Les problèmes à la traverse entre Matane et la Côte-Nord ont eu une incidence négative sur le tourisme, notamment en hiver (archives).

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Le directeur général par intérim de Tourisme Côte-Nord, Paul Lavoie, abonde dans le même sens que les élus.

L'important, c'est que tout le monde s'entende sur l'importance que le territoire soit le plus accessible possible pour la population et pour les touristes et qu'on s'entende que cette accessibilité-là doit être garantie, doit être continue, affirme-t-il.

Il rappelle les impacts que les arrêts de services à la traverse Matane–Baie-Comeau–Godbout ont eu sur l'économie de la Côte-Nord.

Ça a eu une incidence majeure sur beaucoup d'entreprises, notamment sur les hôteliers. Principalement ceux qui dépendaient du marché de la motoneige.

Paul Lavoie, directeur général par intérim de Tourisme Côte-Nord

Par la suite, quand la solution de rechange qui était le Saaremaa est arrivée, il y a plusieurs de nos membres qui nous ont dit qu'immédiatement, ça a eu un impact sur l'achalandage, poursuit Paul Lavoie.

Je ne voudrais pas être dans leurs souliers [aux employés de la STQ]. Je pense que ça a été extrêmement difficile à gérer. [...] Je pense qu'ils ont fait leur possible.

Joëlle Ross, directrice générale de Tourisme Gaspésie

La directrice générale de Tourisme Gaspésie, Joëlle Ross, mentionne elle aussi les impacts de cette saga sur l'industrie de la motoneige.

Le bateau sert beaucoup l'hiver aux motoneigistes qui veulent faire des circuits Côte-Nord–Gaspésie. Surtout hors du Québec, on vend beaucoup un circuit plus "Est-du-Québec", souligne-t-elle.

Mme Ross espère que la saison de motoneige se passera mieux cette année et que les amateurs pourront parcourir les sentiers des deux côtés du fleuve.

Avec des informations de Jean-François Deschênes et de Joane Bérubé

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