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Projet Laurentia : Labeaume tire à boulets rouges sur le gouvernement fédéral

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Le maire Labeaume fait un geste de la main gauche.

Le maire de Québec, Régis Labeaume, en conférence de presse (31 août 2020)

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Profitant de la sortie du premier ministre François Legault qui presse le fédéral de s'engager financièrement dans le terminal de conteneurs, le maire de Québec demande au ministre Jean-Yves Duclos « de sortir des coulisses » et de régler le dossier Laurentia rapidement.

Le premier ministre du Québec a rencontré mercredi l'Administration portuaire de Québec au sujet du projet d'expansion Laurentia. À la sortie, François Legault a pressé Ottawa de se commettre sur le projet, à l'étude depuis 2015.

Je veux remercier le premier ministre pour avoir été aussi clair, a lancé le maire, jeudi matin, en marge d'une conférence de presse. M. Labeaume trépigne d'impatience depuis des mois dans ce dossier et rappelle que le projet de 775 millions de dollars est financé à 70 % par le secteur privé.

Charge contre Jean-Yves Duclos

Le Port s'attend à une contribution conjointe de 180 millions de dollars des gouvernements provincial et fédéral. Alors que Québec a montré son appui à Laurentia, le gouvernement Trudeau ne s'est pas encore prononcé clairement ni engagé à allonger de l'argent. Qu'est-ce qu'ils attendent? , demande le maire. On ne peut pas espérer avoir un meilleur dossier, réglez-le.

Ce dernier estime qu'il revient au ministre Jean-Yves Duclos, président du Conseil du Trésor, de dénouer l'impasse. Je redemande à M. Duclos de régler le problème, a-t-il décoché. Il faut que le fédéral fasse quelque chose. [...] On devrait être heureux d'avoir du privé qui paie 505 millions.

Il est président du Conseil du trésor du gouvernement du Canada. Ce gars-là a du pouvoir.

Régis Labeaume, maire de Québec, à propos du député de Québec, Jean-Yves Duclos

Avant la prochaine campagne électorale

Le maire est allé jusqu'à conseiller au gouvernement fédéral de boucler le projet Laurentia avant la prochaine campagne électorale fédérale. Je leur conseille de le régler avant, parce qu'on va la faire la campagne là-dessus nous autres, a prévenu M. Labeaume.

Jean-Yves Duclos, debout et tenant des feuilles, devant des drapeaux du Canada.

Jean-Yves Duclos, président du Conseil du Trésor.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Régis Labeaume a aussi révélé jeudi une certaine impatience envers les promesses faites par les libéraux lors de la dernière élection. Jusqu'à date, je n'ai pas vu grand chose de régler, a-t-il dit, évoquant notamment le prolongement de la promenade Samuel-de-Champlain dans le secteur du port de Québec.

Ils ne retourneront pas en élection sans avoir régler les dossiers de Québec.

Régis Labeaume, maire de Québec

M. Labeaume souhaite que le gouvernement fédéral s'engage malgré que les études d'impacts ne soient pas terminées. Il faut l'entendre publiquement [le ministre Duclos] et sortir des coulisses, a-t-il répété jeudi.

Le fédéral irrité

La sortie de François Legault a irrité en haut lieu au sein du gouvernement Trudeau.  La CAQ devrait se concentrer à livrer le tramway à Québec et cesser de faire de la petite politique sur le dos de l’environnement, a déclaré une source libérale près du dossier Laurentia.

Joint jeudi, le cabinet de M. Duclos a de son côté répété ce qu'il avait déjà déclaré lors d'une sortie similaire du maire de Québec, en septembre.

Bien que nous reconnaissions les mérites économiques du projet, nous devons procéder dans le respect des procédures en place, lesquelles comprennent une évaluation environnementale qui n'a toujours pas été complétée, a indiqué le cabinet.

J'invite tout le monde à revenir un peu à la raison.

Jean-Yves Duclos, député de Québec et président du Conseil du Trésor du Canada

En entrevue à Radio-Canada, le ministre Duclos a affirmé plus tard en journée qu'il était hors de question de laisser suggérer que des pressions politiques pourraient influencer ce processus d'évaluation.

M. Duclos a aussi déploré les déclarations du maire à savoir qu'il allait faire campagne contre les libéraux au sujet de Laurentia. C'est regrettable. Ça laisse suggérer qu'un agenda électoral doit influencer un processus environnemental. Ce n'est pas comme ça que ça marche en 2020, a-t-il répliqué.

Maquette du terminal projeté par l'Administration portuaire de Québec

Le terminal de conteneurs, s'il voit le jour, doit entrer en opération en 2024. À terme, quelque 700 000 conteneurs pourraient y transiter chaque année.

Photo : Port de Québec

Sur la « petite politique » évoquée par le fédéral, François Legault a répondu à ces attaques en conférence de presse, jeudi. On attend après une réponse d'Ottawa, a-t-il répété concernant Laurentia.

M. Legault décode qu'au-delà du processus environnemental, le fédéral serait préoccupé par des questions de sécurité nationale en raison du contrôle chinois de la compagnie Hutchison Ports.

Le premier ministre du Québec a réitéré que des emplois payants étaient à l'enjeu pour la région et à nouveau réclamé une réponse d'Ottawa.

Les opposants choqués

Sur la scène provinciale, la sortie du premier ministre François Legault a vivement fait réagir Québec solidaire.  Laurentia est un projet dévastateur, tant sur les plans écologique, social qu’ économique, tranche la deuxième opposition.

L’agrandissement du port mettra à mal non seulement le milieu naturel unique que représente la baie de Beauport. [...] Laurentia ne sert en rien les intérêts de la population, mais ceux d’entreprises privées qui viendront saccager notre territoire en plus de s’en mettre plein les poches , a réagi Manon Massé, porte-parole de Québec solidaire.

Des groupes écologistes se sont aussi dits choqués par les pressions du gouvernement provincial. On met encore la charrue devant les bœufs en demandant du financement public pour un projet qui n’a pas reçu d’approbation et qui est toujours en cours d’évaluation environnementale, a déclaré Alice-Anne Simard, directrice générale de Nature Québec.

Le comité Vigilance Port de Québec, l'organisme Accès Saint-Laurent Beauport et le GIRAM ont aussi dénoncé l'empressement de l'administration portuaire. Le comité Vigilance Port de Québec estime que les longs délais des différents processus d'évaluation en cours sont attribuables au promoteur.

Avec la collaboration d'Olivier Lemieux

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