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L’ex-propriétaire de garderie Stéphanie Frenette est acquittée

Stéphanie Frenette est accompagnée d'un homme à l'entrée du palais de justice.

Stéphanie Frenette se présente au palais de justice de Chicoutimi avec un foulard et un masque pour éviter les caméras.

Photo : Radio-Canada

Gilles Munger

Revirement de situation au palais de justice de Chicoutimi : l'ex-propriétaire d'une garderie de Chicoutimi, Stéphanie Frenette, est acquittée des accusations qui pesaient contre elle.

La femme était accusée de voies de fait graves sur un bambin de 23 mois, des événements remontant à février 2017. Trois experts médicaux appelés par la poursuite estimaient que le syndrome du bébé secoué était la cause la plus probable des séquelles de l’enfant.

L'avocate de la direction des poursuites criminelles et pénales Nicole Ouellet ne veut pas préciser exactement pourquoi elle a demandé le retrait des accusations. On a toujours un fardeau de la preuve important, un fardeau de la preuve qui doit être hors de tout doute raisonnable, explique-t-elle. Le poursuivant, dans ses obligations, va regarder l'ensemble de la preuve présentée à la cour. Ce n'est pas un point en particulier, mais l'ensemble de la preuve présentée.

Pour sa part, l'avocat de la défense, Julien Boulianne, demeure convaincu que le doute s'est installé après le témoignage des trois experts médicaux. Selon lui, les symptômes du traumatisme crânien non accidentel sont ici très similaires à ceux d'une encéphalite causée par un virus. Les symptômes étaient minimalement répertoriés ou notés depuis le vendredi, soit trois jours avant le 20 février 2017. Trois jours pendant lesquels ma cliente n'a jamais été en contact avec cet enfant-là.

En raison du caractère hautement médiatisé de ce dossier, l'avocat de la défense a demandé un acquittement de l'accusé plutôt qu'un simple retrait des accusations. Le juge Michel Boudreault a accepté sa demande.

Mise en garde sur les réseaux sociaux

L'avocat met d’ailleurs en garde la population contre l'idée de juger trop rapidement des accusés sur les médias sociaux. Après l’acquittement de Stéphanie Frenette, il a rappelé que l’ex-propriétaire de garderie a senti le besoin de quitter la région parce qu'elle avait fait l'objet de menaces et que sa maison avait été vandalisée.  

Julien Boulianne ajoute que les dossiers comme ceux impliquant le syndrome de l'enfant secoué sont particulièrement complexes. 

Les traumatismes crâniens non accidentels, ça fait l'objet de vifs débats tant dans le milieu judiciaire que médical. Quand on voit que quelqu'un sur Facebook se permet de juger un dossier dans lequel même les médecins ont de la difficulté à trancher, je pense qu'on tire une bonne leçon par l'acquittement de ma cliente.

L'enfant qui était sous la responsabilité de Stéphanie Frenette avait été hospitalisé d'urgence le 20 février 2017 parce qu'il était complètement inerte.

Trois ans plus tard, l’enfant garde d'importantes séquelles. Il ne marche pas, il est toujours sur le dos et il gazouille, selon ce que son père a précisé lors du procès. Les parents doivent gaver leur garçon pour le nourrir. Ce dernier reçoit aussi des traitements contre l'épilepsie.

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