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Intimidation : quatre mères poursuivent le ministère de l'Éducation et une école

Devant l'absence de résultats à la suite de leurs plaintes, les quatre femmes s'adressent aux tribunaux.

Les quatre mères et la journaliste.

Nancy Woods, Christine Gingras, Sonia Grenon et Véronique Perreault poursuivent le Ministère de l'Éducation et l'Académie des Sacrés-Coeurs.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran

Kim Vermette

Des coups de poings, des menaces de mort et de l'intimidation continue : c'est ce qu'a vécu le fils de Sonia Grenon à l'Académie des Sacrés-Coeurs, une école primaire privée de Saint-Bruno-de-Montarville.

Tout a commencé en 2012, lorsque son garçon était en première année du primaire. Des années plus tard, elle se souvient encore de l'enfer quotidien que vivait son fils.

Une fois, des enfants se sont assis sur lui et ils lui ont mis le visage dans la neige. Il y a une éducatrice qui a été obligée de lever un des enfants, parce que mon fils étouffait, raconte-t-elle.

Ce ne sont pas des chicanes d'enfants, ce sont des choses violentes.

Sonia Grenon

Elle estime que l'Académie des Sacrés-Coeurs n'a rien fait pour régler la situation. C'est un autre parent qui l'a informée de ce qui se passait dans la cour d'école.

Au fil des discussions, Sonia Grenon a aussi réalisé que l'histoire de son fils n'était pas un cas unique. Les enfants de Nancy Woods, Christine Gingras et Véronique Perreault ont aussi été intimidés lors de leur passage à l'Académie.

Les quatre mères se sont regroupées en 2016 et, depuis, elles font front commun dans l'espoir d'obtenir des explications.

De longues démarches

Au tout début de leurs démarches, elles ont demandé des excuses de la part de leur établissement scolaire.

On ne les a pas eues, ces excuses-là, déplore Véronique Perreault.

Le groupe a donc interpellé le ministre de l'Éducation, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, et même le Protecteur du citoyen.

On est arrivées dans un cul-de-sac administratif. On constate un vide de gouvernance et on se dit [que] la seule option qui nous reste pour utiliser notre droit démocratique, c'est le recours judiciaire, explique Mme Perreault.

Faute de réponses, elles se tournent donc maintenant vers les tribunaux. Une poursuite qui vise l'Académie des Sacrés-Coeurs et le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur a été déposée.

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Véroniques Perreault

On espère qu'ils vont avoir l'ouverture pour s'entendre avec nous, ajoute Christine Gingras.

Ça donnerait un message clair à toutes les écoles. Ce n'est pas tolérable, des situations comme ça.

Christine Gingras

Le ministère de l'Éducation et l'Académie des Sacrés-Coeurs n'ont pas voulu commenter le dossier étant donné les procédures judiciaires en cours.

Un plan de lutte obligatoire

Depuis 2012, les établissements d'enseignement privés doivent obligatoirement avoir un plan de lutte contre l'intimidation et la violence, mais ils ne sont pas soumis aux mêmes lois que les établissements publics. Par exemple, au privé, les parents ne peuvent pas faire appel au protecteur de l'élève associé à chaque centre de services scolaires, qui intervient lorsque les plaignants sont insatisfaits de la façon dont leur plainte a été traitée.

À chaque niveau de gouvernement, on se retrouvait avec le même constat : il y a peut-être des lois, mais dans certains cas elles ne sont pas appliquées, déplore Sonia Grenon.

Des impacts à long terme

Anxiété, décrochage scolaire et désintérêt pour les études, leurs enfants vivent encore aujourd'hui avec les répercussions de l'intimidation qu'ils ont subie.

Si après autant d'années, les quatre mères poursuivent leur combat, c'est pour que leurs enfants obtiennent réparation, mais aussi pour éviter que d'autres enfants ne subissent le même sort.

On se sent envahies d'une grande mission de se dire : "c'est pas vrai que ça va arriver à d'autres". La grande motivation elle est là. Il y a un idéal social qui nous habite, affirme Véronique Perreault.

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