•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Deuxième confinement : Québec pourrait perdre jusqu’à 2 milliards de revenus

La façade de l'édifice du ministère des Finances du gouvernement du Québec.

Les pertes de revenus liés aux taxes et impôts au Québec sont atténuées par l'injection massive de fonds fédéraux, estime l'Institut du Québec.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Selon divers scénarios de réduction des dépenses de consommation des ménages dans le contexte d’un deuxième confinement, l’Institut du Québec évalue que les pertes de revenus liées aux taxes et aux impôts se situeront entre 600 millions et 2,1 milliards de dollars pour l’année 2020-2021.

Ce manque à gagner, somme toute relativement limité, laisse supposer que les 4 milliards de dollars mis en réserve par le gouvernement en juin dernier s'avéreraient tout à fait suffisants pour compenser les pertes de revenus d'un deuxième confinement, estime Mia Homsy, présidente-directrice générale de l'IDQ.

Outre ces fonds mis de côté par Québec, le fait que les pertes soient aussi limitées dans la province canadienne la plus touchée par la pandémie est en bonne partie attribuable aux sommes importantes débloquées ces derniers mois par Ottawa pour venir en aide aux individus et aux entreprises, explique l’Institut du Québec.

Cette injection importante de fonds dans l'économie québécoise fait en sorte que les revenus de l'État s'en trouvent moins affectés pour l'année en cours et devraient repartir à la hausse plus rapidement, peut-on lire dans le rapport de l’IDQ.

En intégrant cette variable au modèle [l'argent du fédéral], il en ressort que la reprise amorcée à l'été 2020 et pour l'année 2021 pourrait s'avérer plus rapide et plus forte.

Extrait de : Un deuxième confinement : conséquences sur les revenus de l'État québécois

Selon les analystes de l’IDQ, l’épargne amassée par les ménages au cours des deux périodes de confinement pourrait se traduire au bout du compte par une augmentation notable des dépenses de consommation lors du déconfinement, ce qui permettra à Québec de limiter ses pertes de revenus fiscaux et de taxation.

Qui plus est, souligne l’IDQ, le fait que les nouvelles restrictions sanitaires soient limitées cette fois à la restauration, l’hébergement, la culture et les loisirs, les entreprises des autres secteurs peuvent quand même continuer à opérer et à générer des revenus pour l’État.

Sans oublier les dépenses

Toutefois, prévient la PDG de l’IDQ, Mia Homsy, toutes ces simulations ne tiennent pas compte des pertes de revenus qui affectent les sociétés d’État, des dépenses additionnelles du gouvernement en santé, en éducation et de l’aide financière aux citoyens et aux entreprises.

Pour mesurer avec plus d'exactitude les répercussions de cette crise sur les soldes budgétaires, il faudra aussi tenir compte des dépenses, rappelle la PDG.

Nous avons fait le choix de concentrer notre analyse sur l'impact des restrictions sanitaires sur les revenus de l'État. D'autant plus que l'explosion des dépenses en santé et en éducation liées à l'urgence sanitaire ne peut encore être totalement chiffrée, explique-t-elle.

Bien que les résultats de nos modélisations soient rassurants quant à l'impact d'un deuxième confinement sur le manque à gagner de l'État, souligne Mia Homsy, il nous faudra désormais attendre pour évaluer si les nouvelles seront aussi positives du côté des dépenses. Rien ne l'indique pour l'instant.

Les finances québécoises bousculées

Lors du choc économique provoqué par la première vague de COVID-19, en mars dernier, le gouvernement du Québec prévoyait un budget sans déficit pour 2020.

En juin, lors d’une mise à jour économique, le ministre des Finances, Eric Girard, déplorait une perte des revenus autonomes de 8,1 milliards de dollars après le choc initial et un déficit anticipé de près de 15 milliards de dollars pour l'exercice en cours.

Toujours en juin, les dépenses supplémentaires liées à la crise sanitaire étaient évaluées à plus de 6,3 milliards de dollars.

Pour faire face à cette crise d’une ampleur historique au Québec, le ministre Girard avait annoncé une provision de 4 milliards de dollars pour couvrir les risques financiers, les coûts additionnels en santé et la relance économique.

La réserve de stabilisation de 14,9 milliards de dollars du gouvernement a aussi été mise à contribution pour tenter de maintenir l’équilibre budgétaire.

Le gouvernement du Québec doit à nouveau faire le point sur les finances publiques le 12 novembre prochain.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !