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Le phénomène des « rénovictions » inquiète à Halifax

Les édifices à logements.

Le nouveau propriétaire des édifices situés au 252 et 254, chemin Victoria, planifie des rénovations importantes et oblige les locataires à quitter les lieux.

Photo : Jeorge Sadi/CBC

Radio-Canada

Des intervenants dans le domaine du logement dans la Municipalité régionale d'Halifax s'inquiètent du phénomène des « rénovictions » sur la disponibilité et le prix des appartements. Ils craignent un « épuisement complet » du parc de logement abordable après l'annonce de l'expulsion des locataires de deux immeubles de Dartmouth pour faire place à des rénovations.

Plusieurs locataires des édifices situés au 252 et 254, chemin Victoria pourraient se retrouver à dormir dehors ou essayer d'accéder à un refuge, prévient Darcy Gillis, un travailleur dans le domaine de l'aide au logement.

L'intervenant dit que l'organisme sans but lucratif pour lequel il travaille, Welcome Housing, se tournait régulièrement vers l'ancien propriétaire de ces deux immeubles pour loger des clients. Avec des loyers moyens d'environ 600 $ par mois, dit-il, l'immeuble était abordable pour les personnes à faible revenu ou à revenu fixe.

Les locataires de ces immeubles ont reçu un avis d'expulsion au début du mois d'octobre. Le nouveau propriétaire des lieux, l'entreprise Central East Developments, prévoit d'importantes rénovations qui devraient commencer le 1er décembre.

Darcy Gillis affirme que son organisme, Welcome Housing, est en contact avec 22 des 32 locataires des deux immeubles de Dartmouth pour les aider à trouver un nouveau logement.

Mais ce ne sera pas facile, admet l'intervenant.

[Les immeubles] n'étaient pas maintenus dans les meilleures conditions. Malheureusement, ils ont besoin d'être réparés. Mais il s'agissait de 32 logis pour des personnes qui se démènent maintenant pour trouver quelque chose [juste avant] les Fêtes.

Darcy Gillis, travailleur dans le domaine de l'aide au logement à Halifax

Le nouveau propriétaire, Central East Developments, a déjà procédé à des rénovictions dans un autre immeuble de Dartmouth, plus tôt cette année. Le copropriétaire de l'entreprise, Adam Barrett, a aussi expulsé des locataires d'un immeuble d'Halifax afin de le rénover, l'an dernier.

Le promoteur immobilier n'a pas répondu à une demande d'entrevue de CBC.

Darcy Gillis dit que les expulsions et les augmentations draconiennes de loyer sont devenues si fréquentes dans la région d'Halifax qu'il craint que les gens soient désensibilisés à cet égard. Mais les conséquences possibles, selon lui, ne doivent pas être ignorées. Il dit redouter que des gens meurent dans la rue [cet hiver], que ce soit à cause du temps ou de la pandémie.

Darcy Gillis en entrevue.

Darcy Gillis, travailleur dans le domaine de l'aide au logement.

Photo : Dave Laughlin/CBC

Cathy Young a renoncé à se trouver un autre logis dans l'immédiat. C'est trop cher, dit la locataire de Dartmouth qui prévoit emménager chez sa sœur pour quelques mois. Alors que le loyer moyen pour un logement de deux chambres s'élève à 1202$ par mois dans la capitale de la Nouvelle-Écosse, elle reconnaît qu'il lui sera presque impossible de trouver une nouvelle adresse pour les 550$ par mois qu'elle paie actuellement.

On ignore quel sera le prix demandé par Central East Developments pour les logements du 252 et 254, chemin Victoria, après les rénovations.

Toutefois, un autre propriétaire de la région d'Halifax a récemment indiqué à au moins une locataire, Grace Fogerty, qu'elle pouvait s'attendre à un bond de près de 90 % de son loyer après les rénovations de son immeuble. Le prix de son logement d'une chambre, sur le chemin Dutch Village, passerait donc de 725 $ à 1375 $ par mois.

Le choix sera entre les médicaments pour le cœur ou le loyer, affirme la locataire qui réclame un plafond pour les augmentations de loyer.

Avec les renseignements de CBC

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