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Trois personnes tuées lors d'une attaque au couteau dans une église de Nice

Quatre policiers se tiennent dans la rue.

Des policiers gardent la rue menant à la basilique Notre-Dame de l’Assomption, à Nice.

Photo : afp via getty images / Valery Haché

Radio-Canada

Trois personnes ont été tuées jeudi matin à Nice, dans le sud-est de la France, lors d'une attaque au couteau survenue à la basilique Notre-Dame de l’Assomption.

Une femme de 60 ans a été égorgée dans la basilique et quasiment décapitée. Un homme de 55 ans y est aussi décédé d'une importante plaie à la gorge. Il s’agit du sacristain du lieu de culte, qui était père de deux enfants.

Une troisième victime, une femme de 44 ans, est morte dans un restaurant tout près, où elle s'était réfugiée après avoir été sérieusement blessée. Elle souffrait de lacérations multiples causées par un couteau de 30 centimètres.

L’assaillant a passé environ 30 minutes dans la basilique avant d'être interpellé. Très sérieusement blessé par balles par la police municipale, il a été conduit à l'hôpital, où l'on craint pour sa vie, selon Jean-François Ricard, le procureur antiterroriste chargé de l'enquête.

Il ne fait aucun doute [sur le sens du geste] de l'auteur de ces actes, qui n'a cessé de répéter "Allah Akbar" en boucle devant nous alors qu'il était médicalisé sur place, a affirmé le maire de Nice, Christian Estrosi. Selon une source proche de l'enquête, il aurait aussi crié ce leitmotiv en frappant ses victimes.

Un sac appartenant à l'assaillant a été découvert dans la basilique. Tout près se trouvaient également deux autres couteaux non utilisés. Deux téléphones et un exemplaire du Coran ont également été récupérés par la police.

Selon un document aux couleurs de la Croix-Rouge italienne qui était en sa possession lors de son arrestation, l’homme est d’origine tunisienne et est né en 1999. Il était jusqu'à maintenant inconnu des services de renseignements français.

Selon ce même document, il est arrivé en Europe par l'île italienne de Lampedusa le 20 septembre dernier, et il est entré en France le 9 octobre.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
De nombreux policiers se trouvent derrière un cordon de sécurité devant la porte de l'église.

Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, et association de malfaiteurs terroriste criminelle. L'enquête a été confiée à la Direction centrale de la police judiciaire et à la Direction générale de la sécurité intérieure.

Après avoir assisté à une réunion de crise, le président français, Emmanuel Macron, s'est rendu sur les lieux de l'attaque avec ses ministres de l'Intérieur et de la Justice, le chef du parquet national antiterroriste ainsi que le président de la Conférence des évêques de France.

Le chef de l'État a déclaré à la presse que toute la nation soutenait les catholiques après cette attaque terroriste islamiste et a déploré que la France, très clairement attaquée, le soit pour ses valeurs de liberté de religion.

Notre pays, c’est cela. Ce sont nos valeurs que chacun puisse croire ou ne pas croire, mais que chaque religion puisse s’exercer, a-t-il dit.

Le président parle au micro entouré d'officiels portant le masque.

Le président français parle aux médias à Nice.

Photo : Reuters / Éric Gaillard/Pool

Si nous sommes attaqués une fois encore, c’est pour les valeurs qui sont les nôtres, pour notre goût de la liberté, pour cette possibilité sur notre sol de croire librement et de ne céder à aucun esprit de terreur. Et je le dis avec beaucoup de clarté une fois encore : nous n’y céderons rien.

Emmanuel Macron, président français

Emmanuel Macron a aussi indiqué que les militaires français seront davantage mobilisés dans les prochaines heures, et que les 3000 militaires qui sont actuellement assignés à l’opération Sentinelle passeront à 7000. Cette dernière a été déployée sur le territoire français pour faire face à la menace terroriste après les attentats de 2015.

Le président a aussi souligné qu’un conseil de défense se tiendra vendredi, au cours duquel seront discutées de nouvelles mesures pour protéger [ses] concitoyens et répliquer.

C’est donc un message de fermeté absolue que je veux passer aujourd’hui, et c’est également un message d’unité. En France, il n’y a qu’une communauté : c’est la communauté nationale.

Emmanuel Macron, président français

La Turquie condamne « fermement » l'attaque

Cette attaque survient deux semaines après la décapitation d'un professeur à Conflans-Sainte-Honorine, près de Paris. L'enseignant avait récemment montré des caricatures du prophète Mahomet en classe lors d'un cours sur la liberté d'expression.

Après le meurtre, Emmanuel Macron a dit refuser de renoncer aux caricatures au nom de cette liberté d'expression, enflammant une certaine frange conservatrice dans les pays musulmans.

À la suite de cette déclaration, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, avait dit remettre en doute la santé mentale de M. Macron et appelé au boycottage des produits français. Quant à la France, elle a rappelé à Paris son ambassadeur à Ankara.

La Turquie a cependant condamné fermement l’attaque survenue à Nice jeudi et a exprimé sa solidarité avec le peuple français face au terrorisme et à la violence.

L'Arabie saoudite a fait de même, après avoir condamné tout de même mardi la diffusion en France de dessins caricaturant le prophète Mahomet, qui avaient été republiés par l'hebdomadaire Charlie Hebdo début septembre, à la veille de l'ouverture du procès de l'attentat qui a décimé sa rédaction en janvier 2015.

L'homme tient une mitraillette et porte un grand béret.

Un soldat français monte la garde près du site de l'attentat.

Photo : afp via getty images / Valery Haché

De nombreux pays européens ont également exprimé leur solidarité avec la France.

La Conférence des évêques de France a de son côté qualifié l'acte d’innommable et a dit souhaiter que les chrétiens ne deviennent pas une cible à abattre.

Quant au Conseil français du culte musulman, il a condamné l'attaque et appelé les musulmans français à annuler les célébrations de la fête du Mawlid, prévues jeudi, qui célèbrent la naissance du prophète, en signe de deuil et de solidarité avec les trois victimes de l'attentat.

Pour sa part, l'Union européenne appelle au dialogue entre les communautés et les religions.

De l'autre côté de l'Atlantique, le premier ministre du Québec, François Legault, a dit sur Twitter être de tout cœur avec les familles des victimes, le peuple français et les Niçois.

Le Québec sera toujours à vos côtés dans la lutte contre le terrorisme.

François Legault, premier ministre du Québec

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a pour sa part dénoncé ces actes injustifiables qui n’ont pas leur place dans notre société.

Le président américain Donald Trump a aussi exprimé son soutien aux Français. Ces attaques terroristes d'islamistes radicaux doivent prendre fin immédiatement, a-t-il ajouté. Aucun pays, que ce soit la France ou un autre, ne peut plus les tolérer!

Une réaction moins attendue a été celle de l'ancien premier ministre de la Malaisie, Mahathir Mohamad. Ce dernier a publié sur Twitter que les musulmans [avaient] le droit de tuer des millions de Français pour les massacres passés. Le tweet a depuis été retiré de la plateforme pour infraction à ses règles.

Des manifestations antifrançaises ont par ailleurs continué d'agiter le Pakistan, l'Afghanistan, la Libye ou les Territoires palestiniens après cette nouvelle attaque en sol français. Certains protestataires ont brûlé des images de M. Macron ou agité des affiches le caricaturant en chien ou en porc.

Autres incidents à Avignon, Lyon, Sartrouville...

Peu après l’attaque survenue à Nice, la police a dû intervenir à divers endroits sur le territoire français, dont deux fois à Lyon, pour des incidents du même type.

Un Afghan armé d'un couteau de 30 cm et portant un gilet tactique et une tenue traditionnelle a ainsi été arrêté aux abords de la gare Perrache, où il tentait de monter dans le tramway. Il a été placé en garde à vue pour port d'arme prohibé et menaces avec arme, a précisé le parquet.

Toujours à Lyon, un autre individu, qui semblait déséquilibré, est sorti dans la rue en criant son intention de commettre des meurtres. Il a été rapidement maîtrisé.

Puis, à Avignon, un homme muni d'une arme de poing a été abattu après avoir menacé un commerçant maghrébin en lui indiquant qu’il appartenait à Génération identitaire, un groupuscule d'extrême droite.

Selon la police, après avoir sommé l'homme de se rendre, les agents de la paix ont tiré sur lui avec un lanceur de balles de défense, puis avec des balles réelles quand il s'est dirigé vers les policiers en les menaçant.

Enfin, plus au nord, à Sartrouville, en banlieue de Paris, un homme armé d’un couteau a aussi été arrêté près d’une église. Il aurait affirmé vouloir commettre une attaque similaire à celle de Nice.

Les violences se sont même transportées en Arabie saoudite. L'ambassade de France à Riyad a annoncé jeudi matin que le consulat général de France à Djeddah a été l'objet, ce matin, d'une attaque au couteau qui a visé un vigile, employé d'une société de sécurité.

L’attaquant a été arrêté par les forces de l’ordre saoudiennes et le vigile a été conduit à l’hôpital. Ses jours ne sont pas en danger, a indiqué l’ambassade.

La France subit depuis 2015 une vague d'attentats qui a fait 260 morts jusqu'à présent.

Avec les informations de Agence France-Presse, Le Monde, Reuters, et Lyonmag

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