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Les risques de l'école à distance pour les élèves de troisième secondaire

Des spécialistes craignent que cette mesure favorise le décrochage.

Classe d'une école secondaire

Après les élèves de 4e et 5e secondaires, c'est au tour de ceux de 3e secondaire de suivre des cours à distance.

Photo : Radio-Canada

À compter de lundi, plus de 70 000 élèves de troisième secondaire en zone rouge iront à l'école un jour sur deux. L'autre journée, ils suivront des cours à distance. Québec cherche ainsi à freiner la propagation de la COVID-19 dans les établissements scolaires.

Les élèves les plus vulnérables, qui ont des difficultés à l'école, pourraient subir les contrecoups de cette nouvelle mesure. On craint une augmentation du décrochage scolaire.

J'aime voir mes amis, j'aime parler avec eux et échanger. C'est sûr que quand on est en ligne, on est tout seul devant un ordinateur.

Laurianne Jolie, élève de troisième secondaire

À l'École secondaire Georges-Vanier de Laval, qui compte environ 1000 élèves, cette mesure annoncée par Québec va diminuer le nombre d'élèves d'environ 20 %. Ce sont donc 200 élèves de moins qui vont fréquenter l'école et qui vont se déplacer dans les corridors, selon le directeur de l'établissement Jean Godin. Ça va faire un grand impact dans l'école tous les jours, dit-il.

Déjà, le directeur voit l'impact qu'a eu le fait que les élèves de quatrième et cinquième secondaires viennent à l'école un jour sur deux depuis trois semaines.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Jean Godin

Secondaire à distance et craintes de décrochage

Photo : Radio-Canada

Jean Godin craint qu'avec cette mesure il y ait davantage de décrochage scolaire. Le directeur soutient que l'âge des élèves en troisième secondaire, de 14 ans, est charnière en ce qui concerne la persévérance scolaire. Il ajoute que les jeunes qui sont moins motivés et qui ont des difficultés d'apprentissage sont plus vulnérables au décrochage. Leur filet de sécurité, il est à l'école, dit-il.

Au Québec, environ 75 % des décrocheurs au secondaire ont de 14 à 17 ans.

Risque pour les plus vulnérables

Chantale Kirouac répond aux questions du journaliste Jean-Philippe Robillard.

Chantale Kirouac est psychologue à l'École secondaire Georges-Vanier, de Laval.

Photo : Radio-Canada

La psychologue de l'École secondaire Georges-Vanier, Chantale Kirouac, craint aussi l'impact de l'école à mi-temps pour certains élèves. Ceux qui sont en très grande difficulté d'apprentissage, on ne le sait pas quel impact l'enseignement à distance va avoir sur ces élèves-là et même sur les autres élèves. Mais on peut penser que ça ne sera pas nécessairement positif.

On peut penser que ce n’est pas un environnement optimal, parce que dans un Zoom, l'enseignant ne va pas nécessairement voir si l'élève s'est buté sur le même problème depuis 5, 10, 15 minutes, s'il n'avance pas. On voit uniquement leur visage alors ça, ça peut être un peu plus difficile pour un enseignant d'identifier les élèves qui avancent moins bien.

Chantale Kirouac, psychologue

Des élèves inquiets

Léa Tremblay répond aux questions du journaliste Jean-Philippe Robillard.

Léa Tremblay devra suivre des cours à distance dès la semaine prochaine.

Photo : Radio-Canada

Léa Tremblay fréquente l'École secondaire Georges-Vanier. L'adolescente de 14 ans s'inquiète de devoir suivre des cours à distance, mais pour l'instant elle persévère.

Je vois ça comme de la difficulté, parce que déjà je fais de la dyslexie et c'est dur l'école à la maison pour moi. Les gens en ligne parlent beaucoup, déplore Léa Tremblay

Pour éviter que des élèves de troisième secondaire décrochent d'ici la fin de l'année scolaire, le psychologue et spécialiste de la réussite scolaire Égide Royer croit que les écoles devraient faire appel à des étudiants de cégep et d'université. On pourrait rémunérer ces étudiants-là du cégep et de l'université. Un appel à devenir tuteur ou mentor d'un ou deux jeunes de troisième secondaire qui sont susceptibles d'avoir plus de difficulté dans un contexte d'enseignement à mi-temps.

Selon lui, les écoles ont les fonds disponibles pour mettre en place une telle initiative.

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