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Moncton : loyers de grande ville, salaires de petite ville

« Ma crainte principale, c'est qu'on se retrouve dans une situation où les pauvres fassent les frais de la croissance démographique de la province », dit l'économiste Richard Saillant.

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Une pancarte de logement à louer

Une pancarte de logement à louer

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les citoyens du Nouveau-Brunswick ne peuvent pas se permettre « des loyers de grandes villes » avec « des salaires de petites villes », estime l’économiste Richard Saillant, basé à Moncton.

Plusieurs villes des Maritimes se retrouvent confrontées au même problème : la rareté des logements disponibles combinée à une augmentation de la demande pour du logement entraîne une hausse effrénée du coût des loyers. Presque du jour au lendemain, de nombreux appartements sont devenus inabordables pour beaucoup de personnes.

La situation qui se dessine à Moncton au Nouveau-Brunswick commence à ressembler à celle vécue par Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard, et Halifax en Nouvelle-Écosse.

Le taux d’inoccupation des logements à Moncton se situe à 2,2 %, alors qu’il y a quelques années, il était de 5 à 6 % , se souvient Richard Saillant.

Ma crainte principale, c'est qu'on se retrouve dans une situation où les pauvres fassent les frais de la croissance démographique de la province et de la politique économique de la province, dit M. Saillant.

L'économiste Richard Saillant en entrevue au Téléjournal Acadie le 1er février 2019.

L'économiste Richard Saillant lors d'une entrevue à Radio-Canada en 2019.

Photo : Radio-Canada

Un marché locatif incontrôlé, marqué par une hausse dramatique, soudaine du coût des appartements est à éviter, selon lui.

Une augmentation de loyer de 30 %, 40 % ou 50 % à l'intérieur d'un an, particulièrement pour un loyer qui était autrefois abordable, c'est complètement inacceptable. C'est un comportement cavalier qui n'a aucune justification. Il faudra peut-être intervenir à ce niveau-là pour au moins plafonner les augmentations annuelles à des taux qui sont beaucoup plus raisonnables, dit l’économiste.

Contrôler les loyers : pas nécessairement

Il ne plaide pas pour autant en faveur d’une politique de contrôle du coût des loyers.

Il faut un débat de société à cet égard, prévient-il. Historiquement, les données empiriques semblent suggérer que certaines politiques de contrôle de loyers se traduisent éventuellement par une abordabilité généralement plus faible à long terme, donc à une hausse des loyers, mentionne-t-il.

Il y a d'autres mécanismes, poursuit M. Saillant. Celui que je privilégie, c'est qu'on vienne en aide aux gens à faible revenu pour compenser pour la hausse des frais de loyers.

En 2019, le coût moyen d’un appartement à deux chambres était de 870 $ par mois dans le Grand Moncton; à 962 $ par mois à Charlottetown; et à 1200 $ par mois à Halifax.

Le taux d’inoccupation est particulièrement faible à Halifax, où il n’est que de 1 %. À Charlottetown, le taux d’occupation se situe à 1,3 % après être descendu aussi bas que 0,3 %, le plus faible pourcentage au pays, l’année précédente.

Si on laisse libre cours aux forces du marché, on pourrait se retrouver très rapidement dans la même situation qu'Halifax, affirme l’économiste Richard Saillant, au sujet de Moncton.

Le revenu médian au Nouveau-Brunswick est en général beaucoup plus faible qu’ailleurs au pays - même les impôts sont plus élevés, ce qui veut dire que les gens n’ont pas les moyens. Ce n’est pas abordable pour eux de payer des loyers de grandes villes sur des salaires de petites villes, résume-t-il.

Avec les renseignements de Jean-Philippe Hughes et Karine Godin

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