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Gérer une école pendant la pandémie, un travail épuisant

Un père portant un masque et ses deux jeunes enfants arrivent à l'école.

Le personnel scolaire est à bout de souffle, moins de deux mois après la rentrée.

Photo : Radio-Canada / Thalia D'Aragon-Giguère

Lors d’une assemblée publique virtuelle en français organisée par le NPD ontarien, mercredi soir, des acteurs du milieu de l’éducation du Nord de l'Ontario ont partagé quelques-uns des défis qu’ils rencontrent depuis le retour en classe.

Natalie Tessier est la directrice de l’école anglophone Our Lady of Fatima, à Chapleau.

Même avant la pandémie, elle devait déjà souvent elle-même enseigné, car elle manquait de personnel. Une année, par exemple, je devais préparer les leçons pour les suppléants pour une classe, tout en enseignant à temps plein dans une autre, car il me manquait deux enseignants.

Elle demande au gouvernement de réinstaurer la prime monétaire pour les enseignants qui travaillent dans des zones plus isolées, comme Chapleau, pour faciliter le recrutement.

Ballon rouge indique Chapleau dans le Nord de l'Ontario.

Chapleau est situé au nord-est de Sault-Sainte-Marie.

Photo : Google maps

Est-ce que la situation est pire en ce moment? Absolument.

Natalie Tessier, directrice de l’école anglophone Our Lady of Fatima, à Chapleau.

Elle dispose présentement de seulement deux suppléantes potentielles, deux femmes âgées de 70 ans. Elles ne sont pas juste affectées à mon école. Elles sont partagées par 3 écoles.

Mme Tessier déplore aussi d’avoir dû passer beaucoup de temps cet été à préparer différents scénarios pour la rentrée, avant de se faire imposer un plan par la province.

Michel Séguin, conseiller scolaire à Kapuskasing pour le Conseil scolaire publique du Nord-Est de l’Ontario, note que la gestion de classe et le respect des consignes de santé publique sont complexes.

Ce que j’entends, c’est qu’on demande que les gens respectent la distanciation physique, mais comment peut-on faire une salle de classe de maternelle avec 20 à 25 élèves en respectant les 6 pieds de distance ?

Michel Séguin, conseiller scolaire, Conseil scolaire publique du Nord-Est de l’Ontario

Une autre difficulté, selon lui, est de gérer les présences des élèves. À qui doit-on envoyer des travaux parce qu’ils sont absents de l’école pendant 4 ou 5 jours ?

L'École publique Le Coeur du Nord à Kapuskasing

L'École publique Le Coeur du Nord à Kapuskasing (archives).

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

C’est une gestion de la pédagogie qui est très surchargée, je crois, pour tous les gens dans l’école, a déclaré M. Séguin.

La présidente de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy, affirme qu’elle n’est pas surprise par les témoignages de Mme Tessier et de M. Séguin.

Je vais dire d’emblée que ce qui fonctionne dans les écoles, ce n’est certainement pas grâce au gouvernement et au ministre Lecce. C’est vraiment le personnel scolaire qui fait fonctionner ça du mieux qu’il peut.

Anne Vinet-Roy, l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens

C’est difficile pour tout le monde dans les écoles, tout le monde se sent étirer de tout bord tout côté, ajoute Mme Vinet-Roy.

Anne Vinet-Roy accorde une entrevue via téléconférence.

La présidente de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO), Anne Vinet-Roy.

Photo : Radio-Canada

On voit beaucoup d’épuisement professionnel. Les médias en ont parlé, souligne Mme Vinet-Roy.

Nicole Tessier et Anne Vinet-Roy croient toutes les deux que la réouverture des écoles était essentielle, notamment pour permettre à des parents de retourner au travail.

Elles croient cependant que la rentrée aurait pu être retardée, le temps d’avoir un meilleur plan, et que le gouvernement devrait investir davantage dans l’éducation.

Le député néo-démocrate de Mushkegowuk—Baie James, Guy Bourgouin, qui animait l’assemblée publique virtuelle, a affirmé que les témoignages comme ceux partagés mercredi soir sont très utiles lors des périodes de questions à Queen’s Park pour illustrer les besoins des gens du Nord en matière d’éducation.

Les ressources matérielles font aussi défaut

En plus de devoir composer avec une pénurie de personnel, Nicole Tessier peine à assurer l’entretien de son école vieillissante.

Après des problèmes de ventilation plus tôt cette année, c’est le système de chauffage qui a brisé. À cause de la pandémie, il est plus difficile de trouver un entrepreneur pour faire les réparations.

Elle a aussi de la difficulté à s’approvisionner en équipements de protection individuelle (EPI). Dans la livraison pour le mois d’octobre, il lui manquait 400 masques.

Pour octobre et novembre, les livraisons ont été acheminées [à l’école] directement par la province, sans passer par mon conseil, explique-t-elle.

Elle a alors demandé d’en recevoir plus pour le mois de novembre, mais encore une fois, elle a en reçu moins que le nombre commandé, tout en recevant des équipements dont elle n’a pas besoin.

La technologie est aussi une source de maux de tête.

L’école de Mme Tessier ne dispose pas de suffisamment d’ordinateurs portables pour aider les familles qui n’en ont pas, et être capable de passer rapidement à un mode d’enseignement entièrement en ligne.

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