•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'élection américaine pourrait changer le portrait de l'immigration au Canada

Une victoire de Joe Biden pourrait entraîner une baisse des demandes d'asile de ce côté-ci de la frontière.

Des demandeurs d'asile en file aux Services frontaliers du Canada à Lacolle.

Depuis 2017, près de 60 000 demandeurs d'asile sont arrivés au Canada en provenance des États-Unis.

Photo : Reuters / Christinne Muschi

La Presse canadienne

Le Canada se présente depuis quatre ans comme une destination plus accueillante que les États-Unis pour les immigrants, mais la prochaine élection présidentielle pourrait changer cette dynamique.

En parallèle, alors que le gouvernement fédéral de Justin Trudeau se prépare à établir ses objectifs d'immigration pour l'année à venir, les points de vue sur la question semblent changer à travers le pays.

Un nouveau sondage réalisé par Léger et l'Association d'études canadiennes suggère que les Canadiens sont plutôt inquiets face à une éventuelle augmentation de l'immigration l'année prochaine, alors que très peu d'immigrants sont arrivés au pays depuis le début de la pandémie de COVID-19.

Cinquante-deux pour cent des personnes interrogées cette semaine disent vouloir que les niveaux restent bas au cours des 12 prochains mois, un chiffre qui peut être lié aux craintes entourant la pandémie, selon Jack Jedwab, président de l'Association d'études canadiennes.

Lorsque les autorités sanitaires vous disent que l'une des principales causes du virus est la migration – elles ne parlent pas de migration internationale, simplement des personnes qui se déplacent en général – et qu'elles vous disent de ne pas partir à l'étranger, vous allez conclure, dans une certaine mesure, que l'immigration comporte un risque actuellement, explique M. Jedwab.

Le sondage a interrogé 1523 Canadiens entre le 23 octobre et le 25 octobre. On ne peut lui attribuer une marge d'erreur puisque les sondages en ligne ne sont pas vraiment aléatoires.

Un voyageur pousse un chariot dans un long couloir désert de l'aéroport.

Les passagers se font rares à l'aéroport Montréal-Trudeau pendant la pandémie de COVID-19.

Photo : Ivanoh Demers

La fermeture de la frontière, les fonctionnaires fédéraux travaillant à domicile, les annulations de vols et des offres d'emploi plus rares ont eu un impact sur le système d'immigration : les estimations suggèrent qu'en août, les niveaux d'immigration étaient en baisse de 43,5 % par rapport à l'année dernière, et que le gouvernement n'atteindra pas son objectif d'accueillir 341 000 nouveaux arrivants en 2020.

Le gouvernement libéral, qui a toujours maintenu une position pro-immigration et a récemment commencé à assouplir les restrictions pour laisser entrer certaines catégories de personnes au Canada, devrait faire connaître plus tard cette semaine son plan global en matière d'immigration pour l'an prochain.

Biden pourrait apporter des changements

Même si certains Américains affirment qu'ils déménageront au Canada en cas de réélection de Donald Trump, le résultat des élections américaines ne devrait pas influencer le nombre total de nouveaux arrivants au pays.

Si le candidat démocrate Joe Biden remporte la présidence, on s'attend à ce que la politique d'immigration américaine change, indique Andrew Griffiths, ancien directeur général de la citoyenneté et du multiculturalisme au ministère de l'Immigration.

Il est encore difficile de savoir à quel point : le président Trump a apporté de nombreux changements depuis le début de sa présidence, souligne-t-il. Il va falloir un effort majeur pour les parcourir un par un et apporter des changements, et il n'y aura peut-être pas de volonté politique de les inverser tous.

L'élection de M. Biden pourrait toutefois provoquer des changements rapides dans l'arrivée au Canada de demandeurs d'asile qui passent par des points d'entrée non officiels. Depuis 2017, près de 60 000 personnes sont arrivées au Canada de cette façon en provenance des États-Unis.

Les mesures prises par l'administration Trump pour empêcher le renouvellement du statut des ressortissants de certains pays a été l'un des facteurs ayant poussé ces personnes à demander asile au Canada.

Si M. Biden décidait de revoir la politique du président Trump envers ces migrants, cela pourrait entraîner une baisse marquée du nombre de personnes demandant l'asile au Canada, estime M. Griffiths.

La dynamique politique aux États-Unis aura toujours une forte composante anti-immigrants qui n'existe pas au même niveau au Canada, selon M. Griffith. Si M. Trump perd la présidence, les aspects les plus scandaleux de son approche pourraient disparaître, prédit-il.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !