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La ministre de la Santé « exaspérée » par la joute parlementaire

Patty Hajdu en gros plan devant un drapeau canadien.

La ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Depuis des semaines, Patty Hajdu essuie les attaques répétées des conservateurs. Des chroniqueurs soulignent ses maladresses et s’interrogent sur son avenir. En pleine crise sanitaire, la ministre de la Santé doit aussi mener en parallèle la bataille politique la plus ardue de sa carrière.

Elle trouve ça dur, confie une source bien au fait de la situation dans le caucus libéral. Jour après jour, elle doit se défendre des attaques conservatrices aux Communes.

Retard dans l’approbation des tests de dépistage rapides et dans le développement d’un vaccin, accès aux renseignements sur la gestion de la pandémie, la députée conservatrice Michelle Rempel mène la charge contre Patty Hajdu sur plusieurs fronts.

Des offensives jugées démagogues, partisanes et vicieuses par des libéraux consultés par Radio-Canada.

[Patty Hajdu] est un peu exaspérée par ce qu’elle entend. Ça vient la chercher personnellement. La période des questions, ce n’est pas son truc.

Un député libéral, sous le couvert de l'anonymat
Michelle Rempel debout en Chambre.

Michelle Rempel, députée conservatrice de Calgary Nose Hill

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Mme Hajdu a été forcée de corriger le tir la semaine dernière après avoir riposté en Chambre à une attaque de la députée conservatrice albertaine.

Questionnée sur les échéanciers pour obtenir des documents gouvernementaux liés à la pandémie, elle a rétorqué : Pas une seule fois un Canadien ne m’a demandé de consacrer plus de ressources à l’accès à l’information. On me demande plutôt de consacrer toutes les ressources du Canada à la santé, à la sécurité et à la prospérité du pays.

Cette déclaration a ensuite été dénoncée par le Commissariat à l’information du Canada, qui s’est alors dit très déçu.

On ne répond pas ça, a réagi un autre membre du caucus libéral par rapport à cet incident, ajoutant que Mme Hajdu devrait faire preuve de plus d’humilité par moments.

Un autre élu libéral parle d’erreurs commises en matière de communication ces derniers mois. Il n’y a pas assez de spin fait par notre gang. Elle a besoin de brasser son plan de communication, ajoute cette personne.

Appelé à commenter, un porte-parole du bureau de la ministre écrit : Il reste beaucoup de travail à faire pour combattre ce virus et c’est regrettable que les conservateurs choisissent les attaques partisanes. Comme elle le fait depuis 10 mois, la ministre Hajdu va continuer à agir, avec ses collègues et les scientifiques du gouvernement, pour aider les gens à travers le pays.

Mme Hajdu a aussi dû s’expliquer après la publication d’une photo sur les médias sociaux la montrant sans masque à l’aéroport Pearson de Toronto. La ministre s’est alors défendue en affirmant qu’elle l’avait enlevé le temps de manger.

Le printemps dernier, elle a été critiquée après avoir reproché à un journaliste d’alimenter les théories du complot. Celui-ci avait soulevé des questions sur la fiabilité des informations en provenance de Chine sur la pandémie.

Un style qui ne fait pas l’unanimité

Patty Hajdu, élue du Nord de l’Ontario qui a notamment dirigé un refuge pour sans-abri, semble susciter des réactions contrastées autour d’elle.

Un membre du caucus la décrit comme étant respectée de ses collègues et déterminée. Un autre élu parle d’une personne pouvant parfois être condescendante avec les autres députés libéraux.

Mme Hajdu est un électron libre, une ministre à la personnalité forte et parfois intransigeante, explique un stratège libéral. Cela n’est pas nécessairement un défaut par rapport à l’extrême docilité de certains autres ministres libéraux, fait remarquer cette source.

Elle déteste se faire donner des leçons, parfois il faut juste l'asseoir puis lui expliquer, mais c’est facile de travailler avec elle, ajoute un membre de la députation libérale.

Selon nos informations, au début de la pandémie, la ministre a eu des échanges musclés avec d’autres collègues, dont la vice-première ministre Chrystia Freeland, au sujet de la frontière. Mme Hajdu était initialement réfractaire à l’idée d’une fermeture rapide, se fiant aux recommandations qu’elle recevait des experts de la santé publique.

Chrystia Freeland et Patty Hajdu en point de presse.

La vice-première ministre Chrystia Freeland en compagnie de la ministre de la Santé Patty Hajdu.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Quand il faut prendre des décisions difficiles et qu’il est question de la vie des gens, c’est une bonne chose que plusieurs points de vue soient exprimés, a écrit un porte-parole du bureau de Patty Hajdu.

Parmi les quatre sources libérales consultées, aucune n’est d’avis que la ministre est sur un siège éjectable.

Un atterrissage difficile

Patty Hajdu a été nommée à la santé après la dernière élection générale. La pandémie ne lui a pas laissé le temps de s’acclimater à l’un des portefeuilles les plus complexes du cabinet fédéral, selon une source du milieu de la santé hors des rangs politiques.

Cette source crédible affirme qu’elle a hérité d’une structure désorganisée à la santé et que le niveau de préparation du ministère et des agences sous son autorité était faible pour affronter une crise sanitaire de cette ampleur.

Un contexte qui n’est pas idéal pour asseoir son autorité, souligne cette personne.

Avec la collaboration de Daniel Thibeault et de Madeleine Blais-Morin

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