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Malgré l'offre hostile, le plan de Cogeco est le bon, dit son patron

Le siège social de Cogeco à Trois-Rivières.

La direction de Cogeco maintient le cap malgré l'offre hostile déposée par Altice USA et Rogers.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Après avoir dit non à l'offre hostile d'Altice USA et Rogers bonifiée à 11,1 milliards de dollars, Cogeco, contrôlée par la famille Audet, ne ressent pas le besoin d'apporter d'importants changements à sa stratégie pour faire croître rapidement la valeur des actions de l'entreprise fondée en 1957.

Pour le président et chef de la direction, Philippe Jetté, le plan actuel, orienté notamment autour de la poursuite des acquisitions – jusqu'à 1 milliard de dollars américains pourrait être déployée pour boucler une transaction – et d'une éventuelle incursion dans le secteur du sans-fil au Canada, procure un rendement qu'il juge satisfaisant.

L'histoire de Cogeco [l'a vue] construire avec la croissance à moyen et long terme, a-t-il dit, mercredi, au cours d'une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. Quand l'entreprise est [arrivée en Bourse] en 1985, les revenus étaient de 20 millions de dollars. Là, ils sont de 2,4 milliards de dollars. Ce multiple de 120 illustre la croissance.

Altice USA et Rogers souhaitent se partager les actifs de Cogeco et sa principale filiale, mais le tandem se bute au refus de la famille Audet, dont l'accord est nécessaire pour qu'une transaction soit effectuée. Grâce à ses actions à droits de vote multiple, cette dernière contrôle la compagnie, même si elle ne détient qu'une minorité des titres en circulation.

Dans le cadre de leur plus récente offre, les deux compagnies proposent 123 $ pour chacune des actions subalternes de Cogeco et 150 $ pour les titres de Cogeco Communication. À la Bourse de Toronto, mercredi après-midi, le titre de Cogeco cotait à 79,77 $ tandis que celui de sa principale filiale se négociait à 93,40 $.

Mercredi avant-midi, dans le cadre d'une conférence téléphonique pour discuter des résultats du quatrième trimestre dévoilés la veille, M. Jetté a été interpellé par un analyste financier, qui lui avait demandé s'il y avait un sentiment d'urgence au sein du conseil d'administration pour faire croître le cours des actions de Cogeco et de sa filiale.

Interrogé sur cet aspect au cours de l'entrevue téléphonique, M. Jetté, qui a succédé à Louis Audet il y a un peu plus de deux ans à la tête de Cogeco, a souligné qu'au cours des cinq dernières années, les revenus de Cogeco avaient bondi de 38 %, à 2,4 milliards de dollars. Le bénéfice d'exploitation ajusté a quant à lui affiché une progression de 40 %, à 1,15 milliard de dollars.

Nous sommes une compagnie de trois services (câblodistribution, téléphonie et Internet) et nous travaillons à en ajouter un autre, celui du sans-fil, a dit M. Jetté, au cours de l'entrevue téléphonique. On demeure convaincus que c'est un très bon plan. Je pense qu'on a démontré notre capacité à développer l'entreprise, à la faire grandir.

Preuve que la stratégie de Cogeco ne semble pas avoir changé, après avoir de nouveau refusé l'offre d'Altice USA et Rogers, l'entreprise québécoise a annoncé, le 21 octobre dernier, l'acquisition, pour 405 millions de dollars, de DERYtelecom, qui se présente comme le troisième câblodistributeur en importance au Québec.

La proposition hostile demeure en vigueur jusqu'au 18 novembre. Plusieurs estiment qu'au-delà de cette date, Rogers, propriétaire de 41 % et 33 % des titres subalternes de Cogeco et Cogeco Communications, songerait à se départir de son investissement, dont la valeur est supérieure à 1,5 milliard de dollars.

Le 15 septembre, dans le cadre d'une conférence téléphonique avec les analystes financiers, le président et chef de la direction de Rogers, Joe Natale, avait indiqué que la compagnie ontarienne allait réviser ses priorités en matière d'allocation de capital si son offre n'était pas acceptée.

Notre bilan financier est très solide, on est certainement capables de faire partie de solutions dans le futur pour le bien de tous les actionnaires, a répondu M. Jetté lorsqu'interrogé sur ce que Cogeco ferait si le géant des télécommunications optait pour une vente de ses actions.

Au quatrième trimestre terminé le 31 août, le secteur médiatique de Cogeco a continué d'être confronté à une baisse des revenus publicitaires, tandis que ses activités de câblodistribution et de services Internet ont bien performé. Cogeco a engrangé un bénéfice net de 30,7 millions de dollars, ou 1,92 $ par action, en recul de 2,3 %.

Ses revenus se sont établis à 624,2 millions de dollars, en hausse par rapport à 610,5 millions de dollars au quatrième trimestre l'an dernier. La majorité des recettes sont générées par Cogeco Communications.

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