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Préparer les ruches pour que les abeilles survivent à l'hiver

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Des travailleurs emballent des ruches.

Les travailleurs emballent les ruches des Miels Raphaël qui passeront toutes l’hiver à l’extérieur.

Photo : Radio-Canada

Johanie Bilodeau

Avant de ranger sa combinaison pour l’hiver, Raphaël Vacher doit finir d’hiverner ses ruches grouillantes d’abeilles afin qu’elles puissent survivre à la saison froide. C’est qu’après la récolte de miel, son extraction et sa mise en baril, le travail est loin d’être terminé pour l’apiculteur.

Tout sourire, le propriétaire des Miels Raphaël s’active sur le terrain pour sa toute dernière journée de travail. Malgré le froid qui s’est immiscé au cours des derniers jours, la tuque et les gants qui sont de mises, les abeilles sont actives autour des ruches.

Ce que j’aime de mon métier, c’est que c’est en lien avec la nature, avec la météo et avec le vivant. Il faut qu’on bichonne nos abeilles et qu’on leur donne de l’amour, si on veut avoir une bonne production.

Raphaël Vacher
Raphaël Vacher devant ses ruches

Raphaël Vacher est un véritable passionné d’apiculture.

Photo : Radio-Canada

Raphaël Vacher s’est installé au Lac-Saint-Jean en 2009 pour fonder son entreprise les Miels Raphaël. Il possède aujourd’hui 1500 ruches qui pollinisent les bleuetières en juin, puis qui sont ensuite réparties sur 75 emplacements, dans 18 municipalités du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Raphaël Vacher et ses employés, des Mexicains qui lui prêtent main-forte, doivent ensuite préparer pour l’hiver des ruches qui comptent entre 15 000 et 20 000 abeilles chacune.

Le nourrissage des abeilles

Le processus d’hivernage des ruches débute dès la fin du mois d’août avec le nourrissage des abeilles. Une fois que la récolte est terminée, l’apiculteur retire presque tous les étages de la ruche, afin que les abeilles aient moins d’espace à chauffer pendant la saison froide.

Alors qu’on est largement sous le point de congélation en février, il fait toujours 30 degrés Celsius à l’intérieur de la ruche. Les abeilles génèrent cette chaleur en se nourrissant du miel ou du sirop que leur a fourni l’apiculteur à la fin de la période estivale.

Des abeilles dans une ruche

Entre 15 000 et 20 000 abeilles cohabitent dans chacune des ruches des Miels Raphaël.

Photo : Radio-Canada

Le traitement contre la varroase

En septembre, le nourrissage se poursuit, mais se fait aussi en parallèle le traitement contre la varroase. Le varroa, cet acarien gros comme une tête d’aiguille, est un véritable fléau pour les colonies. Selon M. Vacher, il cause chaque année au moins 50 % des pertes des apiculteurs québécois.

Si on ne réduit pas au minimum la population de varroas à l’automne, c’est presque assuré que la ruche va mourir pendant l’hiver , affirme l’entrepreneur qui a presque cessé ses activités en 2015, alors que l’acarien avait tué quatre ruches sur cinq.

Le transport des ruches

Au début du mois d’octobre, l’apiculteur voit les couleurs d’automne défiler pendant que son équipe déplace ses 1500 ruches sur cinq emplacements extérieurs, où elles passeront l’hiver.

Les endroits sont méticuleusement choisis par M. Vacher. Ils doivent être à l’abri du vent, être propices à une grande accumulation de neige et être surélevés afin d’éviter que les ruches ne baignent dans l’eau lors de la crue. Ces emplacements doivent également connaître plusieurs heures d’ensoleillement afin de favoriser un démarrage rapide des ruches au printemps.

Des ruches

L’automne arrivé, Raphaël Vacher rapatrie ses ruches sur cinq emplacements pour la période hivernale.

Photo : Radio-Canada

Hivernage intérieur ou extérieur?

Raphaël Vacher hiverne ses ruches à l’extérieur, bien que la majorité des autres apiculteurs commerciaux du Québec privilégient l’hivernage intérieur. Selon l’apiculteur, les ruches sont alors disposées dans un caveau réfrigéré afin que la chaleur générée par les abeilles soit équilibrée avec la température du bâtiment.

Je trouve que l’hivernement extérieur a des avantages, soutient Raphaël Vacher. Ça coûte beaucoup moins cher qu’un bâtiment et, quand il y a des périodes de chaleur pendant l’hiver ou au début du printemps, la ruche peut démarrer, même si elle est encore emballée.

Une fente sur le dessus de la ruche et une autre à sa base permettent aux abeilles de circuler librement, en plus de réduire l’humidité dans leur habitat. Ces ouvertures sont très importantes, notamment parce que l’humidité peut occasionner des problèmes de santé aux abeilles, voire même les tuer.

Des abeilles sur une main

Raphaël Vacher a l’habitude d’être en contact avec les abeilles.

Photo : Radio-Canada

L’emballage des ruches

Une fois déplacées, les ruches sont emballées. Raphaël Vacher et ses employés retirent les couvercles de chacune des ruches et les disposent sur des palettes en groupes de quatre afin de réduire le nombre de côtés exposés au froid. Comme le dessus de la ruche est le principal endroit où elle perdra sa chaleur, ils déposent ensuite un polystyrène sur le dessus, avant d’envelopper les îlots de ruches d’un matériau isolant.

Des ruches emballées

Les étapes d’hivernage des ruches se terminent avec leur emballage.

Photo : Radio-Canada

Une saison condensée

Pendant que les travailleurs sont à l’œuvre pour la dernière fois, les abeilles se pressent davantage autour d’eux. M. Vacher explique que le soleil de cette fin octobre qui les réchauffe les amène à s’activer un peu plus.

Celui qui travaille jusqu’à 80 heures par semaine depuis la fin avril accueille, non sans bonheur, la fin de la saison.

On fait une année complète en l’espace de quatre à six mois. [...] On vit en fonction des saisons. Au printemps, on recommence à bouger, comme les abeilles. L’été, on est extrêmement actifs, exactement comme les abeilles. L’automne, on ralentit et, l’hiver, on se repose.

Après cette dernière journée d’emballage de ruches, les travailleurs étrangers rentreront au bercail et Raphaël Vacher prendra, lui aussi, un congé bien mérité.

Des ruches près d'une forêt

Une partie des 1500 ruches des Miels Raphaël affronteront l’hiver à Labrecque.

Photo : Radio-Canada / Johanie Bilodeau

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