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Campus Saint-Jean : la ministre Joly tend la main à l’Alberta

Mélanie Joly s'adresse aux députés en Chambre.

La ministre fédérale du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly.

Photo : The Canadian Press / Justin Tang

La ministre fédérale du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, appelle le gouvernement de Jason Kenney à trouver des solutions pour le financement du Campus Saint-Jean.

Dans une lettre adressée au premier ministre albertain, Mélanie Joly affirme que le gouvernement est prêt à collaborer pour aider l’Université à faire face à son problème de financement.

Notre objectif en ce moment, c’est très certainement de faire en sorte de renverser les coupures au Campus Saint-Jean. C'est une institution qui est fondamentale pour les Franco-Albertains. C'est là où on forme les enseignants pour enseigner le français aux enfants en Alberta. Donc, pour la pérennité du fait français en Alberta, c’est fondamental qu’on puisse renverser ces coupures-là, a-t-elle déclaré en entrevue.

Mélanie Joly affirme que le gouvernement fédéral ne peut pas s'ingérer dans les champs de compétences provinciales comme l’éducation. Elle appelle donc le gouvernement albertain à demander de l’aide à Ottawa.

Ce que je dis au premier ministre Kenny, c’est : "Aidez-nous à vous aider", ajoute-t-elle.

Selon la ministre, le gouvernement fédéral dispose de 3,7 millions de dollars qu’il avait accordés à l’Alberta lorsque les néo-démocrates de Rachel Notley étaient au pouvoir afin de financer un projet spécial d’infrastructures au Campus Saint-Jean.

Ce projet n’a pas été soutenu par le gouvernement Kenney et, malheureusement, l’argent qui a été accordé par le gouvernement fédéral est laissé sur la table, dit-elle.

En attente d’une réponse de la province

Dans sa lettre, Mélanie Joly ajoute qu'elle attend toujours une réponse du gouvernement albertain.

J'ai eu l’occasion de parler aux ministres [Leela] Aheer et [Demetrios] Nicolaides au mois de mai. À ce moment-là, je leur avais demandé de faire une offre, une demande auprès du gouvernement fédéral. Ils m'avaient dit qu’ils étaient intéressés, qu’ils allaient faire le suivi. Par la suite, il n’y a eu aucune communication et on attend toujours, dit-elle.

De son côté, la présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta, Sheila Risbud, voit l’intervention de la ministre d’un bon oeil.

Espérons que cette lettre de la ministre Joly ranime le dossier auprès du gouvernement albertain, affirme Mme Risbud, qui déplore elle aussi le mutisme de la province.

Le premier ministre Kenney parle souvent du fair deal, d’aller chercher notre part à Ottawa. Alors s'il pouvait voir qu’il y a de l’argent que la province est en train de laisser sur la table [...] s’il pouvait aller chercher cet argent-là, ce serait un résultat très positif, ajoute-t-elle.

Le doyen du Campus Saint-Jean, Pierre-Yves Mocquais, salue lui aussi l'intervention de Mélanie Joly.

Je n’ai pas de boule de cristal, mais je dirais que, dans le contexte actuel, qu’il y ait une conversation entre le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral, cela me paraît très important, affirme-t-il.

Mobilisation pancanadienne

Selon Mélanie Joly, le Campus Saint-Jean fait face à une situation similaire à celle de l’Université de l'Ontario français, dont la création avait été mise en péril lorsque le gouvernement progressiste-conservateur a mis fin à son financement, invoquant des problèmes financiers.

On fait face à un gouvernement albertain conservateur qui veut brimer les droits linguistiques, déplore-t-elle.

La ministre appelle les francophones de l’Alberta et d’ailleurs au pays à se mobiliser.

À cause d’une mobilisation populaire [...] c’est devenu un enjeu national et ça a fait en sorte qu’il y a eu une mobilisation pancanadienne qui a fait reculer le gouvernement de l’Ontario, soutient-elle.

Interrogé à propos du Campus Saint-Jean mercredi, le ministre provincial de l'Enseignement supérieur, Demetrios Nicolaides, a tenu à réaffirmer le soutien de son gouvernement aux francophones de l'Alberta, mais s'est abstenu de commentaires, les procédures judiciaires étant en cours.

Avec les informations de Fuat Seker et Charlotte Dumoulin

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