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Faire d'Internet un service public est-elle la meilleure solution pour le Nord?

Des câble de fibre optique sur des poteaux électriques.

L'accès à Internet haute vitesse est un enjeu majeur dans les régions rurales du Nord de l'Ontatio.

Photo : CBC/Erik White

Radio-Canada

Alors que des entreprises privées obtiennent du financement depuis des années pour améliorer le service Internet dans le Nord de l’Ontario, certains pensent qu’il est temps que des corporations de services publics exploitent leurs propres réseaux de fibre optique.

C’est le cas de Georges Bilodeau, maire de la municipalité d’Huron Shores, qui compte 1700 résidents.

Il dit que le service Internet dans sa communauté est pauvre ou inexistant, même si un câble à fibre optique passe dans la communauté.

En ce moment, les grandes compagnies Internet que nous connaissons ne sont pas vraiment intéressées à donner un service fiable aux petites municipalités. Les petites municipalités sont souvent mises de côté, dit-il.

Le maire aimerait créer une corporation publique qui desservirait 37 000 foyers et entreprises de la rive nord du lac Huron et de l'île Manitoulin.

Pour moi, la seule façon que les petites communautés seraient capables d’avoir accès à Internet et d’être dans le 21e siècle serait de former une corporation qui serait responsable de donner des services viables et avant-gardistes.

Georges Bilodeau, maire de Huron Shores

Le maire Bilodeau dit que la plupart des autres maires des petites villes de la région ont exprimé leur intérêt à former une société publique qui superviserait un réseau de fibre optique de 150 millions de dollars.

Le maire de la municipalité de Huron-Shores, Georges Bilodeau.

Le maire de la municipalité de Huron-Shores, Georges Bilodeau.

Photo : CBC/Erik White

Il dit que les frais d'abonnement rapporteraient environ 40 millions de dollars par an à cette société publique. Ces revenus seraient réinvestis dans le réseau, ou dans d'autres projets de développement économique locaux, au lieu d'aller à des actionnaires.

Son groupe cherche des subventions gouvernementales afin de payer des coûts d’infrastructure et une étude sur la façon dont le service public devrait être structuré.

Un exemple de succès

Il y a trois ans, la ville de Hearst a mis sur pied une corporation de télécommunications municipale pour offrir un meilleur service Internet haute vitesse à ses résidents.

L’instigateur du projet a été la Corporation de distribution électrique de Hearst qui possédait déjà les poteaux électriques de la communauté, sur lesquels la fibre optique a été installée.

Un véhicule de la corporation Hearst Connect.

Un véhicule de la corporation Hearst Connect.

Photo : Francis Bouchard

En plus d’offrir un service Internet de meilleure qualité, la corporation confirme que la nouvelle corporation Hearst Connect offre des avantages économiques pour la communauté.

Les abonnés s’assurent de garder des emplois locaux, de garder l’argent localement et Hearst Connect s’assure de subventionner la Ville quand il y a des années de profit et la communauté pour des projets. Donc, c’est de redonner.

Jessy Richard, directeur général de la Corporation de distribution électrique de Hearst.

Des avis divergents

Brian McCullagh, le directeur du développement des affaires de Vianet, basé à Sudbury, dit comprendre la frustration des petites villes du Nord à la recherche d'un meilleur service.

Mais il dit qu'il est préférable pour le gouvernement fédéral ou provincial de les mettre en contact avec un partenaire privé qui peut desservir leur ville.

Il souligne que Vianet l'a fait avec Chapleau en 2012, lorsqu'elle est devenue l'une des premières petites communautés du pays à bénéficier d'un service de fibre optique complet.

Les gouvernements devraient-ils commencer à concurrencer le secteur privé? Ma réponse est non, ils ne devraient pas le faire, dit McCullagh.

Il a déjà travaillé pour Ontera, l'ancienne division des télécommunications d'Ontario Northland.

Ontera a commencé à fournir un service téléphonique dans les secteurs du Nord qui n’étaient pas encore desservis par Bell, puis s'est diversifié dans le secteur Internet, exploitant finalement son propre réseau à fibre optique.

Mais Ontera a été vendu à Bell Canada en 2014.

Éventuellement, une compagnie publique se retrouve entre les mains de quelqu'un qui sait comment gérer ce genre d'entreprise, dit McCullagh.

Une autre exception est Agilis Networks, un fournisseur Internet d'affaires géré par les Services publics du Grand Sudbury, qui appartient à la Ville.

Son réseau de fibre optique a été lancé dans les années 1990 pour attirer des centres d'appels à Sudbury.

Le vice-président Josey Frescura dit qu'en 2004, l'entreprise est passée d'un objectif de développement économique à une entreprise à but lucratif appartenant à un service public.

Il n'a pas voulu divulguer le nombre de clients desservi par la compagnie, mais affirme qu'Agilis verse 1,6 million de dollars dans les coffres de la Ville de Sudbury chaque année.

De son côté, le président de la Fédération des municipalités du Nord de l'Ontario, Danny Whalen, pense qu'une concurrence accrue, probablement de la part de nouveaux fournisseurs d'accès Internet par satellite, est la meilleure façon d'améliorer le service et de réduire les prix pour les habitants du Nord.

Je pense que nous devrions étudier toutes les possibilités d'utiliser d'abord le financement du secteur privé.

Danny Whalen, président de la Fédération des municipalités du Nord de l'Ontario.

Le conseiller municipal de Sault-Sainte-Marie Matthew Scott dit qu'il serait nerveux à l'idée qu'un réseau Internet public soit en concurrence avec des entreprises privées.

Mais il ajoute qu'il est facile de voir comment Internet devrait être dans la même catégorie que d'autres services publics, comme l'électricité ou l'eau potable.

Je pense que nous pouvons tous convenir que c'est probablement mieux que nous ne payons pas des entreprises privées pour notre eau et je pense que nous pouvons faire la même chose pour Internet, affirme-t-il.

[Internet] a un impact sur chaque instant de votre vie, dit-il.

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