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Trois Innus de la Côte-Nord en lice pour un Félix

L'auteur-compositeur-interprète innu Scott-Pien Picard, en prestation extérieure à Montréal.

L'auteur-compositeur-interprète innu Scott-Pien Picard (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Marc-Antoine Mageau

Les auteurs-compositeurs-interprètes innus Matiu, Scott-Pien Picard et Shauit sont en nomination au gala de l'ADISQ dans la catégorie d'artiste autochtone de l'année.

Les trois artistes sont d'ailleurs tous originaires de la communauté innue de Uashat mak Mani-utenam.

Pour Shauit, cette nomination démontre une ouverture grandissante pour la culture autochtone au Québec.

Je pense que c'est une place qu'on nous fait, estime le reggaeman innu, maintenant installé à Montréal.

Shauit, chanteur reggae métis originaire de Maliotenam a une bandana attaché sur la tête et son regard est tourné vers le haut.

Shauit, chanteur reggae métis originaire de Maliotenam (archives)

Photo : Yanissa De Granpré (RFM)

La musique qu'on fait est écoutée pas mal plus dans les communautés [autochtones]. Alors ça donne vraiment une belle visibilité.

Shauit, auteur-compositeur-interprète.

Le pouvoir de la musique

Shauit pousse la réflexion plus loin : selon lui, la catégorie d’artiste autochtone de l’année, ajoutée au gala de l’ADISQ l’an dernier, contribue au processus de réconciliation entre Autochtones et non-Autochtones.

Il y a déjà eu une amitié dans le temps. Je pense qu’une amitié brisée peut se réparer, estime l'artiste, dont l'œuvre comprend des chansons en langue innue, en français et en anglais.

Matiu, dont la musique folk alterne entre le français et l'innu, abonde dans le même sens. Il se réjouit que l'intérêt porté à sa musique dépasse les limites de sa communauté.

L'auteur-compositeur-interprète de Mani-untenam, Matiu, debout dans la forêt en hiver.

Matiu, auteur-compositeur-interprète de Mani-untenam

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Mes tounes doivent se rendre quelque part, j’imagine, lance joyeusement Matiu, rencontré chez lui, à Mani-utenam.

Surtout en pandémie, on fait de la musique chacun chez soi, puis on sait plus où on s’enligne, déclare l’auteur de l’album Petikat, lancé au printemps 2017.

Même s’il a déjà été mis en nomination dans la même catégorie l’an dernier, Matiu ne cache pas son enthousiasme renouvelé.

Dans une petite communauté, c’est tellement loin l’ADISQ ! C’est irréel pour moi encore !

Matiu, auteur-compositeur-interprète

Du folk au reggae

Si Shauit avait d’abord choisi le folk, c’est le reggae qui est devenu son style musical de prédilection au fil des années.

J’ai découvert le reggae à 14 ou 15 ans, se rappelle-t-il. Ça parlait contre le gouvernement, la brutalité policière, la pauvreté et la violence, mais tout ça avec un air joyeux.

Un homme innu prend la pose devant des pins.

L'auteur-compositeur-interprète Shauit intègre le reggae au répertoire innu (archives).

Photo : Radio-Canada / Pascale Fontaine

Il a donc décidé d’adapter ce style, originaire de la Jamaïque, aux thèmes et à la langue innue, qu’il a à cœur.

C’est une langue qui est en voie de disparition, se désole Shauit. C’est une langue qui se doit d’être protégée que j’aime promouvoir, une langue millénaire.

De l’innu au français

Pour Matiu, l’emploi du français et de l’innu sont complémentaires.

Ce sont deux vibes que j’ai, affirme-t-il. En français, c’est plus festif, lance Matiu, citant André « Dédé » Fortin et Jean Leloup comme deux importantes sources d’inspiration.

En innu, c’est plus porté sur ma culture, sur mes questionnements, c’est plus introspectif, ajoute-t-il.

L'auteur-compositeur-interprète de Mani-utenam, Matiu, jouant de la guitare sur un banc dans la forêt, en hiver.

Matiu jongle entre le français et l'innu-aimun, la langue innue, dans ses chansons.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Les auteures-compositrices-interprètes Anachnid et Elisapie font également partie des nommés pour le Félix d'artiste autochtone de l'année.

Le gala de l'ADISQ 2020 aura lieu dimanche le 1er novembre, dès 20 h 00.

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