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Cinq « agents » chinois arrêtés aux États-Unis

La justice américaine les soupçonne d'avoir localisé et intimidé des fugitifs présumés pour les forcer à rentrer en Chine.

John C. Demers devant un lutrin du département de la Justice.

John C. Demers, secrétaire adjoint à la Justice responsable des questions de sécurité nationale, a annoncé les arrestations en conférence de presse mercredi, à Washington.

Photo : Getty Images / AFP/SARAH SILBIGER

Agence France-Presse

Cing « agents » de la Chine ont été arrêtés mercredi aux États-Unis pour leur rôle dans une opération baptisée « Fox Hunt » qui, sous couvert de lutte contre la corruption, vise des opposants au régime communiste réfugiés à l'étranger, ont annoncé les autorités américaines.

Au total, huit agents de la République populaire de Chine ont été inculpés pour cette opération de police illégale menée sur le territoire américain, a déclaré John Demers, secrétaire adjoint à la Justice, responsable des questions de sécurité nationale.

Trois sont probablement toujours en Chine, a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse. Les autres, âgés de 24 à 64 ans, ont été interpellés en Californie, dans le New Jersey et à New York et seront présentés à des juges dans la journée.

Trois d'entre eux sont des Chinois résidant légalement aux États-Unis, un est naturalisé américain et le dernier est un détective privé américain qui avait été embauché pour suivre une cible, selon le procureur responsable du dossier.

Ils sont accusés d'avoir fait partie de brigades chinoises de rapatriement agissant de manière extrajudiciaire sur le sol américain, a précisé M. Demers.

Sans se coordonner avec les autorités américaines, [ces brigades] ont surveillé et localisé des fugitifs présumés et ont déployé des tactiques d'intimidation pour les forcer à rentrer en Chine.

John Demers, secrétaire adjoint à la Justice

Certaines des personnes recherchées sont peut-être coupables de ce qui leur est reproché, mais dans de nombreux cas, ce sont des opposants au dirigeant chinois Xi (Jinping), des rivaux, des dissidents ou des critiques, a-t-il ajouté.

Les chasseurs sont devenus les chassés, a-t-il encore déclaré.

Des suspects passibles de cinq ans de prison

Concrètement, l'acte d'accusation porte sur le harcèlement pendant plusieurs années d'une victime installée aux États-Unis, dont le nom n'est pas rendu public.

Selon ce document, les agents ont organisé la venue de son père aux États-Unis afin de le localiser, ont filmé sa fille adulte pour exercer des pressions sur lui et lui ont envoyé des messages de menaces.

Ils sont notamment soupçonnés d'avoir placardé sur sa porte la note suivante : Si vous êtes prêt à rentrer au pays et à passer 10 ans en prison, votre femme et vos enfants iront bien. Fin de l'histoire!

Selon les autorités américaines, ils ne sont pas parvenus à leurs fins.

Ils sont poursuivis pour avoir été des agents non déclarés de la Chine, un chef d'inculpation passible de cinq ans de prison.

Le chef de la police fédérale, Christopher Wray, a estimé que leur arrestation envoyait un message clair à Pékin : surveiller, harceler, faire chanter nos citoyens et nos résidents permanents comporte des risques importants.

Pour le patron du FBI, ce dossier n'est qu'un volet d'une campagne de vol et d'influence néfaste menée par la Chine dans le monde entier.

Les États-Unis, dont les relations avec la Chine sont extrêmement tendues, inculpent fréquemment des ressortissants chinois, accusés de se livrer à de l'espionnage industriel, à du piratage informatique ou à des ingérences électorales.

En juillet, Christopher Wray avait indiqué que le FBI ouvrait une enquête de contre-espionnage liée à la Chine toutes les dix heures.

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