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Devenir préposé aux bénéficiaires après 36 ans de métier dans le monde de la radio

Un homme en uniforme de préposé aux bénéficiaires, sous son manteau, sourit devant le foyer où il travaille.

Denis Pratte a troqué le monde de la radio pour celui des CHSLD, où il s'est trouvé une nouvelle vocation comme préposé aux bénéficiaires, un métier qui rejoint l'humanité en lui.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Comment transformer une situation négative en opportunité d'affaires? Sophie Bernier fait la rencontre de personnes inspirantes qui ont su y parvenir en toute ingéniosité.

Pendant plus de trois décennies, Denis Pratte a travaillé dans le monde de la radio, avant de ressentir le goût de se réorienter. Depuis l’arrivée de la COVID-19, il a répondu à l’appel du premier ministre François Legault et est devenu préposé aux bénéficiaires. Son nouveau lieu de travail se trouve aujourd’hui au CHSLD Louis-Denoncourt, à Trois-Rivières, où il s’est découvert une vocation. Il a accepté de raconter son histoire à la chef d’antenne Sophie Bernier, qui avait déjà travaillé avec lui dans le monde des médias.

Sophie Bernier : Denis, qu’est-ce qui t’a fait embarquer dans l’aventure de devenir préposé aux bénéficiaires?

Denis Pratte : C’est une longue réflexion. Il y a environ deux ans et demi, j’ai remis un peu en question ma carrière radiophonique après 36 ans. J'avais l’impression que j'en avais fait le tour. Les médias ont beaucoup évolué et je pense que j'étais rendu à un moment où je voulais vivre autre chose. Quand j’ai entendu l’appel de Legault, je me suis dit: pourquoi pas? Ca fait longtemps que je cherchais ce que je pourrais faire d’autre que la radio. Souvent, dans les médias, on a l’impression qu’on n’est pas capable de faire autre chose, mais ce n’est pas vrai. Il y a toujours un espoir quelque part et quand je me suis plongé là-dedans, plus je plongeais et plus je trouvais que j’étais à ma place pour venir en aide à mon prochain.

Sophie Bernier : Pourquoi dis-tu que tu es à ta place?

Denis Pratte : J’aime le contact humain. J’aime aussi les personnes âgées, ça c'est très important. J’ai l'impression du devoir accompli, d’aider les gens, d'aider mon prochain.

Sophie Bernier : Le métier de préposé aux bénéficiaires n'est pas le métier qui a la meilleure réputation. Comment as-tu abordé la réflexion avec tout ce qu'on entend sur les difficultés de ce métier?

Denis Pratte : C’est vrai. On me demande souvent pourquoi je m'en vais là-dedans... On me dit que ce n’est pas un bon choix. Même parmi mes proches, on me disait que je serais malheureux là-dedans, mais ce n’est pas le cas. Je pense que c’est une image qui est fausse et négative. Pour ma part, je n’ai découvert que du positif dans ce milieu-là. L’approche des gens, les consoler, les cajoler, leur prendre la main, les écouter, faire des câlins, les gens ont besoin de ça. Au foyer Louis-Denoncourt, où je travaille, il y a au-delà de 75 résidents et il y a des gens parmi eux qui ne reçoivent à peu près pas de visite. C’est nous, leur visite. Quand ils nous voient entrer le matin dans leur chambre, ils sont contents. On nous accueille avec le sourire. Lorsqu'on les couche le soir, on leur souhaite bonne nuit et quand des résidents nous disent: merci de vous occuper de moi, c’est ma récompense, c’est mon salaire, ça fait ma journée.

Sophie Bernier : Et ça, c’est quelque chose que tu n’avais pas dans ta carrière de radio…

Denis Pratte : Du tout. La radio, c’est une carrière avec le public aussi, mais où il y a beaucoup de gens d’affaires. On essaie de faire plaisir à la clientèle d'affaires. On essaie de faire plaisir à nos auditeurs aussi, c’est sûr, mais ici (en CHSLD) c’est vraiment beaucoup plus axé sur le contact humain. C'est très personnalisé et je pense que ça vient me chercher. Des fois, je me dis que si je l’avais su avant, je pense que je l’aurais fait avant.

Sophie Bernier : C’est donc un peu à cause de la pandémie?

Denis Pratte : Oui, c’est la pandémie qui m’a emmené ici.

Sophie Bernier : Qu’est-ce que tu aimerais dire aux personnes qui se remettent en question et qui sont bousculées dans leur certitude par la pandémie?

Denis Pratte : Dans chaque côté négatif, il y a toujours du positif et moi je suis un éternel positif. Je l’ai toujours été dans ma vie et j'en ai retiré le plus possible. Encore cette fois, je suis allé arracher du positif dans le négatif et c’est comme ça, je pense, qu’on en sort gagnant car aujourd'hui je suis heureux et épanoui. Ça paraît dans ma famille, dans mon travail. Ça paraît partout, finalement. J’ai l'impression de rayonner autour de moi.

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