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Vives tensions à Projet Montréal : Valérie Plante prête à sacrifier des élus

Pour faire de la place à des candidats de la diversité, la mairesse envisage d’écarter des poids lourds de son parti, révèle notre enquête. Des maires d’arrondissement sont menacés et la frustration gagne les élus.

Valérie Plante assise durant une conférence de presse.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, doit composer avec des remous au sein de son propre parti, à un an de la prochaine élection.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le maire de Rosemont–La Petite-Patrie, François Croteau, est une figure historique du parti de la mairesse, avec l’ancien maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, élu en 2009. Mais aujourd’hui, malgré lui, sa présence sur le bulletin de vote est menacée.

À un an des élections, les tensions sont vives à l’intérieur du parti au pouvoir, selon 26 témoins interrogés par Radio-Canada.

Des élus se sentent réduits au silence, des arrondissements, privés de liberté, et des collaborateurs regrettent un contrôle excessif de l’image d’une mairesse de plus en plus « dure » en coulisses.

Selon plusieurs sources concordantes, Valérie Plante et son entourage aimeraient que des élus du parti cèdent leur place.

L’équipe de la mairesse n’aurait pas apprécié des initiatives locales de certains maires d’arrondissements, notamment des pistes cyclables et des rues piétonnes, que l’administration leur a demandé de retirer.

François Croteau, en entrevue.

François Croteau a été élu maire de Rosemont–La Petite-Patrie en 2009 sous les couleurs du défunt parti Vision Montréal. En 2011, il a rejoint Projet Montréal.

Photo : Radio-Canada / ICI Radio-Canada

Une réflexion est en cours concernant d’autres élus, dont des maires d’arrondissements, qui pourraient aussi payer le prix d’actions ou de déclarations qui ont pu porter atteinte à l’image de la mairesse.

En fait, aucun élu de Projet Montréal n’est vraiment certain de pouvoir se représenter. Selon nos informations, contrairement à 2017, Valérie Plante ne permettra pas à ses conseillers de sauter l’étape d’une course à l’investiture.

Plusieurs sources affirment même que la garde rapprochée de la mairesse a voulu imposer une limite de trois mandats aux élus, mais l’idée n’est pas passée au sein de Projet Montréal. Elle a, en tout cas, provoqué de vifs remous parmi la vieille garde du parti.

Des balises à respecter pour les élus sortants

Le cadre réglementaire sur les investitures, sur lequel le parti travaille, proposera une procédure particulière pour confirmer les élus en poste, explique Youssef Amane, directeur des communications du cabinet de la mairesse, en parlant d’un excellent caucus.

Par ailleurs, il nie une réflexion visant à remplacer des maires d’arrondissement. L’expérience de plusieurs membres, dont celle de M. Croteau, reste essentielle à la livraison des services aux citoyens et nous aide à traverser la crise actuelle. Les élus sortants devront cependant respecter certaines balises.

Faire de la place aux candidats de la diversité et à des gestionnaires

 Valérie Plante et Cathy Wong

D'origine chinoise, Cathy Wong est une étoile montante dans l'équipe de la mairesse, depuis qu'elle a rejoint Projet Montréal, en octobre 2019. En juin, elle s'est vu confier un poste au comité exécutif.

Photo : Ivanoh Demers

Après son succès électoral, Valérie Plante avait été fortement critiquée en raison de l’absence de diversité au sein du conseil municipal. Un candidat défait l’avait même accusée d’avoir placé des minorités visibles dans des courses perdues d’avance.

Pour l’an prochain, Valérie Plante tient impérativement à régler cette situation. Quitte à déplaire à certains de ses fidèles.

Les nouvelles règles d’investitures pour les élus déjà en poste seront présentées aux membres de Projet Montréal lors du prochain congrès, le 8 novembre. Il n’est pas question d’avoir une investiture avec cinq hommes blancs, prévient une source haut placée à Projet Montréal.

Son objectif [à Valérie Plante], avec un prochain mandat, c’est d’un peu changer l’ADN du parti. Il faut passer d’une gang d’experts en urbanisme, d’hommes blancs de 50 ans, à d’autres profils.

Une source haut placée à Projet Montréal

Il faut faire de la place à de la nouveauté, appuie un élu, qui a préféré taire son nom, pour ne pas s’attirer les foudres de collègues.

Les élus de Projet Montréal.

Après trois années de pouvoir, il y a de la tension et des élus déçus au sein de Projet Montréal.

Photo :  Facebook / Projet Montréal

L’opposition historique au sein du parti entre zélés et modérés aurait tourné à l’avantage des modérés, confirment plusieurs sources.

Pour l’élection, l’équipe de Valérie Plante serait à la recherche de candidats gestionnaires, un mot qui revient souvent au caucus, plutôt que des militants ou des idéologues.

Oui, c’est dans nos discussions, admet Jimmy Zoubris, un proche conseiller de la mairesse. Il faudrait avoir une expérience gestion, mais ce ne sera pas un critère essentiel.

Valérie Plante veut que Projet Montréal passe à une autre étape.

Jimmy Zoubris, conseiller de Valérie Plante

Bien sûr, nous cherchons toujours à renforcer notre équipe, que ce soit en ce qui a trait à la représentativité de la diversité, à la parité, aux expertises diverses et à la représentativité territoriale, répond Julien Acosta, porte-parole de Projet Montréal.

Le vetting [la vérification] des candidats sera plus serré, prévient-on en interne. On cite les problèmes rencontrés avec Sue Montgomery et Giuliana Fumagalli, deux mairesses d'arrondissements élues pour la première fois en 2017 et exclues du parti, en raison de crises de gestion au sein de leurs arrondissements.

Comme d’autres élus présents depuis plusieurs mandats, François Croteau a déjà été questionné par l’entourage de la mairesse quant à ses intentions futures. Il a refusé de répondre à nos questions.

Des élus déplorent d’être réduits au silence

Des élus participent à une séance du conseil municipal de Montréal.

Une séance du conseil municipal de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Alors qu’elle vise un second mandat, la mairesse doit aussi composer avec une frange d’élus et de membres influents de son parti qui ne cachent pas leur frustration après trois premières années de pouvoir.

Le ton a beaucoup monté chez Projet Montréal, explique un ancien employé politique.

Des membres importants du parti évoquent des tensions et de l'amertume au sein du caucus. Radio-Canada a recueilli les témoignages de 13 personnes à visage découvert et 13 autres ont préféré qu’on taise leur nom.

Par ailleurs, des élus ont refusé de nous répondre, arguant ne pas pouvoir le faire, sans l’accord de l’équipe de Valérie Plante.

Je ne suis pas censée vous parler, souligne une élue, en affirmant que le cabinet de la mairesse marche sur les orteils de certains depuis longtemps.

C’est un parti qui veut tout contrôler, qui ne veut pas laisser les gens dire la vérité. On m’a signifié clairement qu’on voulait que je reste tranquille.

Une élue de Projet Montréal

Mais ce n’est pas tout le monde qui peut faire des compromis, qui peut remballer son ego, avertit cette conseillère du parti.

Mme Provost dans un parc.

Julie-Pascale Provost a été exclue du caucus de Projet Montréal fin octobre.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Expulsée tout récemment du caucus de Projet Montréal, Julie-Pascale Provost ne mâche pas ses mots. La conseillère de Lachine, désormais indépendante, reproche au parti de ne pas avoir respecté sa promesse d’éliminer la partisanerie à l’hôtel de ville (Nouvelle fenêtre).

Je suis arrivée (en 2017) dans un parti qui prônait l’ouverture, la transparence et une différence dans la manière de faire, détaille-t-elle.

C’est de plus en plus difficile d’exprimer une conception différente à Projet Montréal.

Julie-Pascale Provost, conseillère exclue du parti

Le parti invoque un comportement de la conseillère d’arrondissement qui a dépassé les limites de l’acceptable, avec la publication d’une vidéo critiquant ouvertement ses collègues.

Un contrôle de l’image décrié

La mairesse en point de presse.

Valérie Plante et son équipe passent beaucoup de temps à lire ce qui s'écrit sur les réseaux sociaux à son sujet, selon nos sources.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Labbé

Quand ils étaient dans l’opposition, Projet Montréal et Valérie Plante ne manquaient pas de critiquer le contrôle exercé par Denis Coderre et sa façon de diriger la métropole.

Après trois années de pouvoir, oui, le parti a changé, admet sans détour son président de 2011 à 2016, Michel Camus. Il y a eu une professionnalisation, avec plus de gens qui s’occupent de la gestion et des communications. Ça change la dynamique.

Un élu du parti souligne que des collègues ont déjà reçu un appel du cabinet ou de la mairesse elle-même pour faire retirer leurs commentaires sur les réseaux sociaux, de peur que ceux-ci lui nuisent. Désormais, assurent de nombreuses sources, il y a un contrôle de l’image.

Le cabinet gouverne selon les manchettes, regrette un ancien collaborateur de Valérie Plante. Si tu sors des lignes de communication, c’est vu comme un drame. Mais avec ce contrôle, on perd en authenticité.

L’ex-attachée politique de la mairesse, Daniella Johnson-Meneghini, corrobore cette vision. Durant la première année de mandat, elle a accompagné Valérie Plante partout et était la seule autorisée à publier en son nom sur les réseaux sociaux.

La jeune femme a quitté son poste au bout d’un an, en raison d’une différence de vision avec l’équipe des communications, qui a ensuite pris le contrôle des plateformes numériques de Valérie Plante.

Après mon départ, ça ne renvoyait plus l’image de la mairesse authentique, transparente et joignable, estime-t-elle.

On ne voyait plus Valérie, mais on voyait l’équipe de communication qui nous passait des messages.

Daniella Johnson-Meneghini, ex-attachée politique de Valérie Plante

La cheffe de Projet Montréal serait devenue, au fil des mois, une vraie politicienne, lance, avec regret, un ancien de ses soutiens. Elle veut durer et elle est prête à annuler des projets, juste pour durer.

Les arrondissements freinés par le cabinet de la mairesse

Le maire de l'arrondissement Outremont, Philipe Tomlinson

Le maire de l'arrondissement Outremont, Philipe Tomlinson, a créé une polémique en 2019 après avoir annoncé la taxation de 100 % des stationnements sur rue.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

En 2019, après la mise en place controversée d'une nouvelle réforme du stationnement dans Outremont, rendant toutes les places sur rue payantes, plusieurs arrondissements Projet Montréal ont souhaité suivre le modèle, mais ils ont été freinés par le cabinet de la mairesse qui y a vu un impact politique potentiellement néfaste.

Plusieurs élus dénoncent une centralisation excessive du pouvoir. Ironiquement, Projet Montréal a toujours été très décentralisateur, donc pour un pouvoir de proximité aux arrondissements, mentionne un ancien employé politique. Mais une fois au pouvoir, ils ont grandement centralisé la prise de décision.

Il n’y a aucun arrondissement qui peut faire quoi que ce soit sans l’aval de la mairesse et de sa cheffe de cabinet. Ça crée la plus grande frustration.

Un proche de Valérie Plante

Le directeur des communications de Projet Montréal, Julien Acosta, affirme que les arrondissements sont encore libres d’agir sans l’aval de la Ville centre, comme ils l’ont toujours été.

Cependant, il reconnaît qu’étant donné le contexte COVID-19, nous avons demandé un arrimage plus serré à nos arrondissements sur certains dossiers, comme les chantiers, qui a pu susciter certaines sensibilités.

Un homme portant un masque marche sur le boulevard Saint-Laurent, à Montréal, au milieu d'une foule de piétons.

À la fin du printemps, la Ville a reculé sur son projet de piétonnisation du boulevard Saint-Laurent à la hauteur de la Petite-Italie, en raison de l'opposition des commerçants.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Ex-directeur de cabinet de Valérie Plante dans Ville-Marie, Félix Gravel explique avoir bénéficié d’une marge de manœuvre dans son arrondissement durant ses deux années en poste. Mais il est soudainement parti en février 2020. Un devoir de réserve l’empêche d’expliquer les raisons de son départ.

Interrogé au sujet des témoignages que nous avons recueillis, il évoque l’aspect laboratoire, plus créatif, des arrondissements Projet Montréal [qui] a été un peu perdu avec les efforts d’uniformiser l’approche. Certaines initiatives ont parfois provoqué des débats de lignes de parti qui ont pu faire des remous.

Parfois, ils essaient de ménager la chèvre et le chou pour plaire à tout le monde.

Félix Gravel, ex-directeur de cabinet de Valérie Plante à Ville-Marie

Ne pas oser a gagné sur le osons, ajoute un proche de la mairesse. Dans son cabinet, il y a une question de peur. On craint les articles dans les médias. Maintenant, ils gouvernent surtout pour se faire réélire.

Une mairesse très dure en coulisses

M. Ferrandez tient un iPhone.

L'ancien maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, a claqué la porte de l'hôtel de ville en mai 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’ex-maire du Plateau et figure importante du parti, Luc Ferrandez, fut l’un des premiers à faire part, publiquement, de son agacement. Au printemps 2019, son message intitulé Fuck you, nous autres a été retiré de Facebook, après un appel de Valérie Plante. Quelques jours plus tard, il a démissionné avec fracas, en admettant des désaccords avec l’administration municipale.

Contacté par Radio-Canada et après deux jours de réflexion, Luc Ferrandez a refusé de témoigner publiquement pour ne pas nuire à la mairesse. Je veux que Valérie Plante soit réélue. Je ne veux pas une victoire de Denis Coderre, justifie-t-il.

Plusieurs sources déplorent le manque de volonté de confrontation. Certaines personnes [au sein du cabinet de Valérie Plante] cherchent plus à être confortées dans leurs idées qu’à être challengées, dit un de ceux qui ont participé activement à sa victoire en 2017.

Ils briguent tous deux le poste de maire de la ville de Montréal

Valérie Plante et Denis Coderre, lors de la campagne électorale de 2017.

Photo : Radio-Canada / Karine Dufour

Elle a fait comme Coderre. Elle dit : "Je suis la cheffe, je décide". Certaines personnes l’ont mal vécu, explique un ex-membre du Conseil de direction de Projet Montréal, en spécifiant que Valérie Plante peut sortir ses griffes.

Comme cheffe, Valérie Plante est très dure, témoigne un ancien employé politique.

Le cercle du pouvoir est très restreint. Le pouvoir est au cabinet, entre la mairesse et quelques employés non élus. Beaucoup d’élus apprennent les nouvelles dans les médias, juge une autre personne, qui a siégé au Conseil de direction du parti.

Si déception il y a, c’est parce que le cabinet et la mairesse n’ont pas pris soin de la base, du parti, des anciens élus. Il y a une déconnexion entre la garde rapprochée, le parti et des élus.

Une ex-membre du Conseil de direction

Il y a un côté ferme sur la forme et un côté plus mou sur le fond, rapportent plusieurs sources qui ont côtoyé de près le cabinet et la mairesse.

Elle a été ferme. Elle a aussi été plus prudente, plus conservatrice qu’une partie des membres sur certaines questions.

Michel Camus, ex-président de Projet Montréal

D'anciens collaborateurs de la mairesse racontent qu’un centre mou dirige désormais la mairie, après que Valérie Plante a voulu rallier l’aile droite des élus de Projet Montréal, ceux qui ne l’ont pas soutenue lors de la dernière course à la chefferie.

Heureusement, avec les voies actives sécuritaires et le Réseau express vélo (REV), on a retrouvé la Valérie [Plante] audacieuse. Sans le REV, ils auraient perdu des élus et une base militante. Ça aurait été trop.

Un proche de Valérie Plante

Une grande liberté de parole, soutient le cabinet de Valérie Plante

En réaction à l’ensemble des critiques formulées, le bureau de la mairesse répond : Notre force a toujours résidé dans la diversité des parcours et des opinions de notre équipe. Nous laissons beaucoup de marge de manœuvre à nos arrondissements, la décentralisation étant une valeur fondamentale de notre formation politique.

Le porte-parole du cabinet, Youssef Amane, poursuit : Les élus jouissent d’une grande liberté de parole, se positionnent sur des dossiers locaux et font avancer une multitude de projets de façon autonome, en fonction des besoins particuliers de leur quartier.

Il précise qu'il faut toutefois assurer le besoin de cohérence et d’arrimage entre les différents projets et partenaires. Cela est d’autant plus important alors que nous sommes en pleine gestion d’une pandémie sans précédent.

Bienvenue en politique

Des élus interrogés par Radio-Canada se portent à la défense de Valérie Plante, tout en avouant certains inconforts.

Bienvenue en politique, lance Pierre Lessard-Blais, maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. En effet, il y a des frustrations, des déceptions, mais on sent qu’on transforme la Ville selon les valeurs de notre organisation.

Valérie Plante et Pierre Lessard-Blais

Le maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais, ici lors de la campagne électorale de 2017, comprend qu'il peut y avoir de la frustration pour certains élus. Il met cependant de l'avant les réalisations de toute l'administration dirigée par Valérie Plante.

Photo : Facebook / Projet Montréal

La gestion du pouvoir est difficile. Il y a des divergences de points de vue. On peut faire un parallèle avec le Parti québécois : il y a des pressés et des attentistes, ça fait partie de la donne, avance-t-il, en évoquant des compromis nécessaires.

Il n’y a pas une personne qui est à l’aise avec 100 % des politiques du parti. La question à se poser, c’est : suis-je à l’aise d’appuyer 85 % des positions du parti et mettre de l’eau dans mon vin pour 15 %?

Pierre Lessard-Blais, maire de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve

Ça arrive qu’on soit en désaccord avec la mairesse, ajoute Pierre Lessard-Blais. Il y a des situations très frustrantes. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne va pas se rallier. C’est comme dans une équipe de hockey. Il n’y a pas toutes les personnes qui s’entendent. Si trois joueurs jouent pour eux-mêmes, pour être la star, ça ne va pas marcher.

Des élus montréalais, dont Sterling Downey, conseiller du district Desmarchais-Crawford de l'arrondissement de Verdun, qui porte le kilt traditionnel écossais, lors de la cérémonie d'assermentation au Marché Bonsecours.

Au centre, Sterling Downey, conseiller de l'arrondissement de Verdun, lors de la cérémonie d'assermentation des élus montréalais.

Photo : Radio-Canada

Des déceptions, Sterling Downey en a vécu en début de mandat lorsque ce défenseur de la cause animale dans l’opposition s’est vu retirer ce dossier. J’ai eu du mal à avaler ça. Ça m’avait choqué. J’ai appris qu’il faut être capable de négocier avec l’administration, de faire des compromis, relate-t-il.

Le contrôle du message : c’est sûr que j’ai de la misère. Tu peux sentir que tu ne peux pas t’exprimer, que tu n’as pas de place. Mais c’est une question de cohérence.

Sterling Downey, conseiller dans Verdun

Le conseiller de la mairesse Jimmy Zoubris se veut rassurant. Au pouvoir, il faut une vision plus globale. La coordination est un défi. C’est normal de contrôler le message pour être certain que le message, l’idée, passe bien. Il faut garder en tête qu’il y a l’image de la mairesse. Mais on veut garder l’autonomie des arrondissements, prévient-il.

Par ailleurs, reprend Sterling Downey, beaucoup d’élus de Projet Montréal sont des gens de la communauté, pas des gens d’affaires. Ils n’ont pas appris à négocier dans un bureau, à gérer des employés. Quand tu es bénévole, tu te bats pour tes dossiers. C’est un gros ajustement à faire, confie-t-il.

Des élus annoncent leur départ

Sophie Thiébaut avec des personnes en arrière-plan

Sophie Thiébaut, conseillère d'arrondissement du Sud-Ouest depuis 2009, ne briguera pas de nouveau mandat.

Photo : Facebook/Sophie Thiébaut

À l’heure actuelle, Projet Montréal a 51 élus sur 103 sièges. Au moins deux personnes quitteront avec certitude leur poste l’an prochain : Christine Gosselin, conseillère municipale dans Rosemont, et Sophie Thiébaut, conseillère d’arrondissement dans le Sud-Ouest depuis 2009.

Je souhaite passer la main à une personne représentative de la diversité que je connais, explique-t-elle.

D’autres élus de la majorité seraient toutefois en réflexion, à la suite des déceptions vécues en cours de mandat ou des relations difficiles avec le cabinet de la mairesse Plante.

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