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Drogues : une maison d'accueil comme bouée de sauvetage dans un système débordé

Des résidents participent à une thérapie de groupe dans le salon de la Lennon House.

15 résidents vivent actuellement à la Lennon House. La maison d'accueil peut en accueillir 23 au maximum.

Photo : Julien Lecacheur

Julien Lecacheur

Face à un système public débordé, la maison d'accueil indépendante Lennon House veut aider les toxicomanes de l'Île-du-Prince-Édouard.

Qu'ils s'appellent, Justin, Crystal, Jo ou encore Joey, toutes ses personnes ont un point commun, elles souffrent d'une dépendance à la drogue ou à l'alcool. Mais à la Lennon House, tout le monde est égal. L'objectif est le même pour tous : guérir.

On est ici pour leur apprendre à vivre normalement sans l'utilisation de la drogue ou de l'alcool.

Dianne Young, directrice, Lennon House
La directrice de la Lennon House, Dianne Young, est assise sur un canapé. Elle assiste à l'une des thérapies de groupe.

La directrice de la Lennon House, Dianne Young espère que d'autres maisons d'accueils similaires voient le jour à l'Île-du-Prince-Édouard.

Photo : Julien Lecacheur

Et c'est exactement ce que recherche Crystal McTague. Cette mère de famille de 32 ans sait qu'elle arrive de loin. Accro aux opioïdes (morphine, hydromorphine, oxycodone) pendant quatre ans, elle a connu une véritable descente aux enfers qui s'est terminée en prison. J'ai tout perdu. Je n'étais même plus invitée aux réunions de famille, explique-t-elle.

Après avoir passé sept en prison, elle intègre la Lennon House en juillet dernier. Une maison d'accueil d'un nouveau genre où elle apprend à vivre, sans drogue.

Franchir les portes de cette maison a été la meilleure décision de ma vie !

Crystal McTague, résidente de la Lennon House
Crystal McTague regarde les photos de sa fille accrochées sur l'un des murs de sa chambre.

Crystal McTague est une ancienne dépendante aux opioïdes. Elle espère que la Lennon House lui permettra de vaincre définitivement sa dépendance.

Photo : Julien Lecacheur

Des séjours de trois à douze mois

Ouverte depuis le mois d'avril, la Lennon House est une étape dans le chemin vers la sobriété, après la désintoxication. À ce jour, 15 personnes y résident. La maison à une capacité maximale de 23 personnes.

Parmi eux, il y a Justin Gotell, un Insulaire de 32 ans qui vient d'arriver après plus de dix années de consommation en tout genre. Il tente ici de se défaire de sa dépendance pour de bon.

Je ne suis pas pressé de partir. Je veux profiter au maximum des services qui me sont offerts.

Justin Gotell, résident de la Lennon House
Justin Gotell regarde la caméra. Il est assis sur l'une des chaises du réfectoire.

Justin Gotell a été le premier homme à intégrer la Lennon House au début du mois d'octobre.

Photo : Julien Lecacheur

Les résidents peuvent rester de trois à douze mois au sein de la maison. Certaines personnes viennent ici pour trois mois, mais elles réalisent rapidement l'ampleur de la tâche et finissent par rester bien plus longtemps, explique Dianne Young, la directrice de la Lennon House.

Et ici, l'approche est novatrice. L'objectif est d'aider les résidents à développer les habiletés nécessaires pour reprendre leur vie en main. Pour y arriver, des cours de yoga, un accès à une salle de gym et des ateliers sur la gestion de la colère et de l'anxiété sont notamment proposés.

Charles Sanderson est l'un des éducateurs à la Lennon House. Ce diplômé en éducation intervient quotidiennement depuis le mois de juillet. Il anime notamment des cours de yoga et d'autres ateliers de groupe. Même s'il n'a jamais été toxicomane, il dit comprendre les résidents un peu plus chaque jour. Je veux leur apporter la sérénité, les aider à penser leur vie de manière rationnelle, assure-t-il.

C'est le seul endroit qui fonctionne pour moi. J'apprends beaucoup de techniques qui me seront utiles lorsque je serai de retour dans la société.

Crystal McTague, résidente de la Lennon House
Des résidents sont en position de relaxation.

La maison d'accueil des personnes dépendantes aux drogues, la Lennon House, propose des cours de yoga aux résidents.

Photo : Julien Lecacheur

Un système public débordé

La majorité des résidents s'estiment chanceux d'avoir été acceptés ici. Car les places pour le traitement des dépendances sont rares à l'Île-du-Prince-Édouard.

Les deux maisons gérées par la province, la Lacey House et la Talbot House à Charlottetown, affichent complet et les listes d'attentes sont longues.

J'ai fait une demande dans un établissement provincial, mais je n'ai jamais eu de réponse. Que me serait-il arrivé si j'étais resté sans réponse, cela fait très peur, confesse Crystal McTague. Et elle n'est pas la seule dans cette situation.

Charles Sanderson assure que le besoin pour ce type de service est criant.

Le téléphone n'arrête pas de sonner, des gens demandent des lits, une entrevue, ou veulent déposer un dossier de candidature.

Charles Sanderson, éducateur, Lennon House
Vue de l'entrée de la Lennon House.

La Lennon House a ouvert ses portes en avril 2020.

Photo : Julien Lecacheur

Ce succès encourage l'équipe de direction, qui a peiné pendant des années pour obtenir du financement, tant de la part de la province que de donateurs.

Une fois que vous avez du succès et que vous arrivez à changer des vies, alors là, cela devient plus facile pour obtenir de l'argent afin de construire d'autres maisons similaires, explique Dianne Young.

Un succès auquel Crystal McTague rêve de participer. Je veux revenir et redonner à d'autres ce que j'apprends ici. Ils font tant pour moi. Cet endroit est fabuleux. Je veux aider d'autres toxicomanes à passer au travers des mêmes choses que j'ai vécues.

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