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Agnès Maltais sur le référendum de 1995 : « On ne s'est pas battu à armes égales »

L'ancienne députée péquiste revit les événements, 25 ans plus tard.

Plan rapproché d'Agnès Maltais, à l'extérieur. Elle porte un manteau bleu et des lunettes.

L'ancienne députée du Parti québécois, Agnès Maltais

Photo : Radio-Canada

L’ancienne députée Agnès Maltais n’est pas convaincue à 100 % que le camp du non a volé la victoire au oui, le soir du 30 octobre 1995. Mais le doute existe, affirme-t-elle pour souligner le 25e anniversaire du dernier référendum sur la souveraineté, à ce jour.

Celle qui a représenté les électeurs de Taschereau de 1998 à 2018 n’a rien perdu de sa flamme pour l’indépendance du Québec. En entrevue avec Bruno Savard qui sera diffusé ce soir au Téléjournal Québec, elle revient sur l’importance d’une nation québécoise plus libre, partout dans le monde.

La discussion sur la mondialisation était centrale et le serait encore aujourd’hui. C’est se demander comment on veut véhiculer nos idées ailleurs. Dans le fond, si le oui l’avait emporté, ça aurait permis de se promener avec de meilleurs souliers à travers le monde, illustre-t-elle.

Pendant ma carrière, j’ai vu à quel point c’est difficile de parler au reste du monde à travers le Canada... je l’ai vécu.

Agnès Maltais

Arriva ce qui arriva. Le camp du non récolte 50,58  % des votes, contre 49,42 % pour le camp du oui, avec un taux de participation de 93,52  %.

Encore aujourd’hui, l’ancienne députée péquiste estime que cette victoire leur était due.

Ce soir-là, c’est terrible. On est passé si près, et je pense, et je ne suis pas la seule, on se l’a fait voler! On serait un pays depuis 25 ans, on serait à l’ONU, à l’UNESCO, à l’OTAN, on discuterait d’enjeux mondiaux.

Jacques Parizeau et Lucien Bouchard devant plusieurs partisans, à l'extérieur, un jour d'automne. M. Parizeau salue la foule, qu'on image devant lui.

Le premier ministre Jacques Parizeau et le chef du Bloc québécois Lucien Bouchard devant l'hôtel de ville de Québec, le 2 octobre 1995.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

À armes égales

Mme Maltais se souvient que son camp calculait chaque dépense, et prenait des décisions déchirantes en fonction de ce montant maximal de cinq millions de dollars que les deux camps devaient respecter pour la publicité. Aujourd'hui, elle affirme que le clan du oui ne « s'est pas battu à armes égales. »

On pensait travailler à armes égales. Des militants nous disaient qu’on pourrait faire ceci et cela, et on vérifiait si on était dans le budget, explique-t-elle.

Son camp comptait chaque sou, alors que le fédéral dépensait comme il le voulait.

Le rapport Grenier a démontré par la suite que des dépassements de coûts du camp du non ont bel et bien eu lieu. Souvenons-nous également du scandale d’Option Canada, puis de celui des commandites, qui sont venus ternir la réputation du Parti libéral du Canada.

Ce qui explique la position de Mme Maltais : elle doute toujours. Est-ce que le oui aurait dû l’emporter?

Qu’on puisse, dans une société, sur un enjeu aussi fondamental, conserver un doute comme ça, c’est terrible. C’est pour ça que des gens disent : "Il faut revoir ça, il faut retrouver ça, il faut reprendre le débat, il faut se rendre jusqu’au bout". Mais, il faut aussi que le fédéral accepte les règles démocratiques du Québec. Il va falloir, si on refait un référendum, que les règles du jeu soient clarifiées, affirme-t-elle.

Un large drapeau canadien flotte au-dessus d'une foule.

Des militants venus de partout au pays, en faveur du non, lors du grand rassemblement du 27 octobre 1995 à Montréal, le fameux Love-in.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Un message aux jeunes

En 1995, Agnès Maltais n’était pas encore élue. Mais son intention de se présenter sous la bannière du Parti québécois (PQ) avait déjà été formulée, un an avant.

Le référendum l’a aidée à réaffirmer cet intérêt.

Avec le recul, elle croit que pour parler d’indépendance à la génération d’aujourd’hui, alors que plusieurs électeurs n’ont jamais vécu de référendum, il faut rappeler aux jeunes qu’il s’agit d’un enjeu crucial.

On doit démontrer la possibilité de gérer toute la société, d’avoir un débat sur la liberté. Se demander jusqu’où on peut vivre notre liberté comme citoyen, précise-t-elle.

Les jeunes, ils veulent des frontières ouvertes, que les idées circulent, ils rêvent du monde entier. C’est exactement ça. Ça n’empêche pas d’avoir un pays, parce qu’un pays, c’est d’où tu pars, et ça te donne la liberté de dire ce que tu véhicules à travers le monde, pense-t-elle.

Un homme marche devant un immeuble à logements sur lequel on voit autant des affiches du camp du oui, que du camp du nonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Des affiches des deux camps bien visibles sur les galeries d'un triplex, possiblement à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Depuis son retrait de la politique active — elle n’a pas sollicité de nouveau mandat en 2018 — Mme Maltais a continué de cumuler les engagements, notamment comme présidente de l’élection à la chefferie du PQ, cette année.

Elle est d’avis que l’indépendance du Québec est toujours d’actualité. Je ne sais pas si ça va arriver dans 3 ans, 20 ans, ou 100 ans, mais il faut que ça arrive.

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