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Gatineau devrait-elle rester en « zone rouge »?

L'homme porte un masque chirurgical.

L’Outaouais a été placé en zone rouge le 11 octobre 2020.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Radio-Canada

Le maire de Gatineau ne croit pas que sa ville devrait être en zone rouge et appelle les ordres de gouvernements à envisager un relâchement dans la région.

Une partie de l’Outaouais — la Ville de Gatineau et la MRC des Collines-de-l'Outaouais — est passée en zone rouge le 10 octobre en raison de l’évolution de la situation épidémiologique.

En entrevue à l’émission Les matins d’ici, le maire de Gatineau s’est exprimé à savoir si la région devrait changer de palier d’alerte.

Le malaise grandit dans un cas comme ça, soutient le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Moi, je regarde ce qui se passe avec nos restaurants, nos gyms, avec certains commerces. Je suis prudent dans ce que je dis parce que depuis le début, je pense qu'il faut appuyer la santé publique. Ce sont des décisions de santé qui doivent être prises d'abord et avant tout, pas des décisions politiques, mais en même temps le prix à payer est fort.

Parmi les cas confirmés, le taux par 100 000 habitants en Outaouais est beaucoup plus bas que celui des autres régions en zone rouge au Québec.

Un tableau avec les statistiques.

Cas actifs par 100 000 habitants selon l'Institut national de santé publique du Québec

Photo : Radio-Canada

On ne veut pas un mouvement de population de gens d’Ottawa qui viennent chez nous pour avoir accès à des commerces qui sont fermés chez eux, poursuit le maire. Est-ce qu’il y a des façons de gérer ça, mais en gardant ouverts nos commerces?

Selon lui, les chiffres sont éloquents.

Maxime Pedneaud-Jobin répond aux questions d'un animateur devant le Musée de l'histoire à Gatineau.

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, dit que le prix à payer est fort pour mettre la région en zone rouge (archives).

Photo : Radio-Canada

On est dans le rouge pâle pâle pâle là, il y a même des chiffres dans des zones orange qui sont pires que les nôtres.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Si le maire de Gatineau veut éviter que les Ottaviens ne traversent la rivière pour venir faire leurs emplettes, Pierre Samson, le président de la Chambre de commerce de Gatineau, pense le contraire.

Moi, je dis que c’est faisable en autant qu’on prenne les mesures nécessaires, soutient ce dernier en entrevue. Port du masque obligatoire, maintien d'une distance de deux mètres et lavage de mains, tout doit être respecté.

M. Samson souligne les efforts qui ont été faits par les commerçants de la région pour rendre leurs établissements sécuritaires. Les gens ont dépensé beaucoup d’argent pour respecter les règles sanitaires, rappelle-t-il avant d'ajouter qu'on devrait leur laisser la chance de faire leurs preuves.

On espère que d’ici deux semaines, le gouvernement du Québec va revoir sa décision.

Pierre Samson, président de la Chambre de commerce de Gatineau

Pierre Samson souhaite que l'Outaouais passe bientôt à une zone plus permissive, mais affirme qu'en attendant, il faut démontrer que les gens de l’Outaouais sont capables de respecter les règles, de se prendre en main.

La copropriétaire du bistro L'Aubergiste à Aylmer, Véronique Plourde, croit également que la région devrait sortir de la zone rouge. Elle explique que les terrasses d'Ottawa sont toujours ouvertes et que plusieurs Québécois sont tentés d'y aller.

Ça affecte beaucoup nos commandes à emporter comparées à la première vague à cause qu’eux sont demeurés ouverts au moins pour les terrasses, confirme-t-elle en entrevue.

Une approche similaire

Pour sa part, la Dre Brigitte Pinard, directrice de la santé publique au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais explique qu’il faut prendre en compte la situation des deux côtés de la rivière puisqu'elle est similaire.

Pour comprendre le besoin d'avoir des mesures additionnelles ou la possibilité de lever des mesures, on va regarder le nombre de cas, le nombre d’éclosions, la situation dans nos hôpitaux. Bien sûr, on va regarder aussi avec le soutien de Santé publique Ottawa (SPO), on va examiner la situation globale dans la grande région urbaine de Gatineau et Ottawa pour voir si c’est possible, explique-t-elle en entrevue au Téléjournal Ottawa-Gatineau.

La médecin hygiéniste de SPO, Dre Vera Etches, et Dre Pinard tiennent des rencontres hebdomadaires depuis des mois, indique l'équipe de l'autorité sanitaire d'Ottawa. Cette semaine, la rencontre est prévue jeudi.

La Dre Pinard précise que les mesures sont dictées par les gouvernements provinciaux. Au niveau régional, le CISSS de l'Outaouais doit évaluer la situation épidémiologique et transmettre des recommandations au gouvernement.

Ce n’est pas impossible [de rouvrir en Outaouais], mais la probabilité n’est pas très élevée, ajoute-t-elle.

Capture d'écran lors d'une rencontre Zoom.

La Dre Brigitte Pinard, directrice de la santé publique au CISSS de l'Outaouais, en téléconférence (archives).

Photo : Radio-Canada

Ce qu’on constate dans les derniers mois c’est une situation épidémiologique semblable. Notre population se déplace, nous avons encore des commerces ouverts, les milieux de travail sont fonctionnels, les écoles sont ouvertes. Il y a beaucoup de vas-et-vient. Je vous dirais que les mesures risquent d'être semblables pour nos deux régions urbaines adjacentes, conclut-elle.

Lors d'un point de presse de la Ville d'Ottawa mercredi, la Dre Etches a assuré que la gestion de la COVID-19 était plus facile lorsqu'Ottawa et Gatineau avaient la même approche.

C'est important d'avoir une approche similaire et aussi claire quand il y a des différences.

Dre Vera Etches, médecin hygiéniste, Santé publique Ottawa (SPO)

Mais il y a toujours des différences parce que nous sommes différentes provinces qui déterminent des règlements et c’est une question de communications s’il y a des différences, précise la Dre Etches. Il y a les lois qui peuvent être différentes, mais aussi, il y a notre avis qui continue d'être vraiment similaire : évitez les contacts étroits hors de votre foyer et ça va continuer ainsi.

Avec les informations de Jérôme Bergeron, de Roxane Léouzon et de Nafi Alibert

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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