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Hôtellerie : 66 % des travailleurs de Québec n'ont plus d'emploi

Le Château Frontenac surplombe des arbres aux couleurs d'automne ainsi que des bâtiments anciens.

Le taux d’occupation des établissements se situe actuellement à 2 % en raison de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Félix Morrissette-Beaulieu

Conséquence d'une industrie en crise, 4 000 des 6300 travailleurs de l’hôtellerie n’auront plus d’emploi à Québec au 31 octobre, constate l’Association hôtelière de la région de Québec.

C’est le résultat de nombreux licenciements entrepris par les hôteliers pour faire face à un taux d’occupation anémique, qui se situe actuellement à 2 %, en raison de la pandémie.

C’est énorme, c’est 4000 familles qui sont affectées, déplore la directrice générale de l’Association, Marjolaine de Sa.

Si la situation persiste, il pourrait y avoir 80 fermetures d'hôtels d'ici la fin de l'année dans la région, soit le tiers des établissements de la région.

Plus de 20 hôtels de la région de Québec ont déjà fermé leurs portes pour une durée indéterminée depuis le début de la deuxième vague. Le Capitole Hôtel, l’Hôtel Clarendon et le Manoir du Lac Delage figurent parmi les établissements les plus connus.

L’entrée principale de l’Hôtel Clarendon.

L'Hôtel Clarendon, qui date de 1870, à Québec

Photo : Radio-Canada

Mercredi,  l’Association a publié une lettre ouverte notamment dans Le Soleil pour envoyer un SOS au gouvernement du Québec afin qu'il soutienne cette industrie et la richesse culturelle apportées par les établissements hôteliers.

Aides inappropriées

C'est que les mesures d’aides annoncées par le gouvernement pour passer la crise tardent à se faire sentir chez les hôteliers, selon Mme de Sa.

Depuis le 13 mars, soyons honnête, on se fait toujours dire, donnez-nous du temps, soyez patients, affirme la directrice.

Elle déplore que seulement 13 des 750 millions de dollars annoncés en juin dernier aient été accordés jusqu’ici.

Ce montant provient, selon Mme de Sa, d’une subvention équivalente au montant de la taxe d’hébergement touristique pour le premier trimestre de 2020. Cette subvention s’adresse uniquement aux gites et aux hôtels selon la directrice. Les auberges et les entreprises de location de chalets n’y ont donc pas droit.

Selon la directrice, la première portion de cette taxe d’hébergement équivaut à environ 8000 $ pour un hôtel de 150 chambres. On parle d’une semaine d’opération. On n’a rien dans nos livres jusqu’à la fin 2020-2021, prévient-elle.

Le gouvernement autorise également des pardons pour ses prêts jusqu’à concurrence de 100 000 $.

À Québec, pour un établissement de 150 chambres, 100 000 $ dollars, ce n’est même pas un mois opération en frais fixes. On est à notre septième mois de la pandémie.

Marjolaine de Sa, directrice générale de l’Association hôtelière de Québec

Les taux d’occupation doivent être autour de 40 % pour espérer garder un taux d’endettement raisonnable. Les taux d’occupation sont de 2 % actuellement, selon Mme de Sa, chez les hôteliers.

L’industrie, au Québec, aurait besoin d’une aide financière de 200 millions de dollars pour couvrir 50% des frais fixes, pour un an. Ça paierait la taxe municipale et la taxe foncière, croit-elle.

Le gouvernement Legault s'est dit ouvert à l'idée d'apporter des améliorations à ses programmes d'aide aux hôteliers.

7 ans pour revenir à la normale ?

Marjolaine de Sa dresse un parallèle avec les difficultés vécues par les hôteliers à la suite des attentats du 11 septembre, qui avaient provoqué une baisse d’achalandage dans les hôtels.

Rien à voir avec la crise actuelle, selon elle.

Ça pris 4 ans à la région de Québec de s’en remettre. Là, on est à 5-6-7 ans pour se remettre à ce qu’on était en 2019.

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