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La recherche des contacts connaît des retards depuis l’été, selon un bénévole

Une personne accueille une série de voitures qui font la file à l'entrée d'un centre de dépistage de la COVID-19.

Un centre de tests de dépistage de la COVID-19 à Brandon en août. Un ancien bénévole du centre d'appel du Manitoba affirme que la pression sur les ressources chargées de retracer les contacts des personnes infectées lors de l’éclosion dans la région sanitaire de Prairie Mountain cet été donnait une bonne indication pour la suite.

Photo : Radio-Canada / Ian Froese

Radio-Canada

Un ancien bénévole du centre d'appel du Manitoba pour la COVID-19 dit que la province avait déjà du retard dans le traçage de contacts étroits plus d’un mois avant la hausse des cas dans la capitale manitobaine.

Déjà à la fin du mois d'août, des traceurs de contacts rémunérés et bénévoles n'arrivaient plus à suffire à la tâche, affirme Matt Mayer, qui a été bénévole pendant trois semaines au centre d'appels du centre Deer Lodge de Winnipeg, géré conjointement par Soins communs Manitoba et l'Office régional de la santé de Winnipeg (ORSW).

Microbiologiste de formation, Matt Mayer est également un défenseur agréé des droits des patients. Il a été recruté pour travailler au centre d'appels du Manitoba grâce au répertoire de bénévoles créé par le gouvernement fédéral pour répondre à la COVID-19.

Il explique que son travail consistait d’abord à appeler les contacts étroits et à leur ordonner de s'auto-isoler, et ensuite à faire un suivi pour voir s'ils présentaient des symptômes ou s’ils avaient été déclarés infectés par la COVID-19.

C'était beaucoup plus que ce que je pouvais gérer en une seule journée, dit-il, ajoutant que le centre n'avait pas l’intention d’embaucher plus de personnel même si les recherches des contacts prenaient du retard.

On m'a dit : "Non, il n'y aura pas plus de gens payés", raconte-t-il. "Mais si vous connaissez des gens compétents qui pourraient faire du bénévolat, s'il vous plaît, utilisez tous les moyens pour essayer de les faire venir et nous aider."

Portrait rapproché du visage de Matt Mayer.

Ancien bénévole du centre d'appels du Manitoba pour la COVID-19, Matt Mayer dit que ses collègues ne pouvaient répondre à la demande d'informer les contacts étroits des cas positifs de COVID-19 à la fin du mois d'août, un mois avant la hausse des cas dans la capitale manitobaine.

Photo : gracieuseté : Matt Mayer

À ses débuts au centre d'appels du Manitoba, le 23 août, Matt Mayer a reçu la directive d'essayer de joindre des contacts étroits trois fois par jour. La fréquence est rapidement passée à deux fois, puis à une fois par jour, mentionne-t-il.

Il ajoute que, par la suite, il a reçu la directive de ne pas passer plus de 5 minutes au téléphone avec tout contact, quelles que soient ses questions.

Il allègue avoir été réprimandé par des collègues rémunérés pour s'être écarté du processus d'appel téléphonique ou avoir passé trop de temps au téléphone avec certaines personnes.

Selon l'ORSW, le contact initial avec les personnes déclarées positives après un test de dépistage de la COVID-19 est géré uniquement par des infirmières de la santé publique et non par des bénévoles.

La santé publique refuse par ailleurs de commenter les allégations de M. Mayer en tant que bénévole, mais affirme que les processus d'appels téléphoniques doivent être suivis.

La présidente du Syndicat des infirmières et infirmiers du Manitoba, Darlene Jackson, affirme que la province a décliné plusieurs offres de redéploiement de membres de son syndicat qui ne peuvent travailler en première ligne pendant la pandémie. Elle soutient que des infirmières immunosupprimées auraient accepté de faire de la recherche de contacts.

Nous demandons depuis des mois que l'on prenne les infirmières qui ne travaillent pas dans les hôpitaux. Elles peuvent être formées et elles peuvent faire la recherche des contacts, dit-elle. Notre suggestion a toutefois été ignorée [par le gouvernement du Manitoba].

Les autorités sanitaires insistent néanmoins sur le fait qu'elles n'avaient pas pris de retard en août et soutiennent avoir accumulé des retards dans le traçage des contacts seulement lorsque la région sanitaire de Winnipeg a connu une augmentation des cas de COVID-19.

Même pendant la hausse des cas dans la région sanitaire de Prairie Mountain, nous étions bien équipés pour effectuer la recherche des contacts en temps opportun, dit Bronwyn Penner Holigroski, porte-parole de l'ORSW.

Les autorités sanitaires surveillent la capacité du Manitoba à mener des enquêtes sur les cas et à aviser les contacts le plus rapidement possible, peut-on lire dans un communiqué. Lundi, le médecin hygiéniste en chef du Manitoba, Brent Roussin, a affirmé que la province avait augmenté ses effectifs pour le traçage de contacts.

Selon le Dr Roussin, le suivi des contacts est en phase de rattrapage. Des ressources ont été déployées au cours de la fin de semaine, a-t-il précisé.

Le ministre de la Santé, Cameron Friesen, avait annoncé que la province allait augmenter la capacité de dépistage et avait choisi la Croix-Rouge pour fournir des services supplémentaires dans la recherche des contacts.

Jusqu'à 50 employés de la Croix-Rouge s'ajouteront aux effectifs de la province d'ici quelques semaines, a précisé le ministre.

La province refuse de dire combien de personnes elle emploie en ce moment pour le traçage de contacts. Selon la santé publique, le nombre fluctue en fonction du nombre de cas et du partage du personnel entre les régions sanitaires.

Avec les informations de Bartley Kives

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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