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Mère et ministre : Sarah Stoodley et son nouveau-né à la Chambre d'assemblée

La ministre des Affaires francophones, Sarah Stoodley, et son bébé, Alexander.

La ministre des Affaires francophones, Sarah Stoodley, et son bébé, Alexander, qui n'a que trois semaines.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Il y a un nouveau visage à la Chambre d’assemblée ces jours-ci. Mais Alexander Stoodley n’est pas député provincial — c'est le nouveau-né de la ministre des Affaires francophones, Sarah Stoodley.

Pour une première fois, les parlementaires à Terre-Neuve-et-Labrador ont changé les règles pour lui permettre d’assister régulièrement aux travaux parlementaires. Auparavant, pour amener son enfant en chambre, un vote unanime de tous les membres était nécessaire au début de chaque séance.

Les gens ont les enfants et nous voici en train de les représenter.

Sarah Stoodley, ministre des Affaires francophones

Je pense que c’est essentiel que les élus représentent le public et qu’ils ne font pas tous partie d’un même groupe, affirme Mme Stoodley, qui est également ministre responsable de Service T.-N.-L. et du Gouvernement numérique.

La députée pour Mount Scio, à Saint-Jean, soutient que la Chambre d’assemblée devrait, en principe, représenter tout le public et qu’il faut avoir des règles et des soutiens en place pour que les parents se sentent capables de se lancer en politique.

La ministre répond à une question alors qu'elle tient son bébé, Alexander.

À la Chambre d'assemblée, mardi, la ministre des Affaires francophones, Sarah Stoodley, répond à une question de l'Opposition alors qu'elle tient son bébé, Alexander.

Photo : Radio-Canada

Comme élu, il n’y a personne qui peut venir faire mon travail pour moi. J’ai le choix de rester à la maison avec Alexander, mais si je reste à la maison, il n’y a personne ici pour représenter les électeurs, rappelle-t-elle.

Mme Stoodley n’a pris que 12 jours de congé avant de retourner au travail — une histoire impressionnante en soi.

C’est un rappel constant de mes citoyens qui ont des enfants [...] Ce matin j’étais dans une réunion où on discutait d’un enjeu et je pensais aux mères qui ont des enfants et à comment elles seraient touchées. Il y a deux ans, je ne pensais pas nécessairement comme ça, explique-t-elle.

Un bébé avec sa mère.

Alexander Stoodley n'a que trois semaines, mais il assiste déjà aux travaux parlementaires avec sa mère, la ministre des Affaires francophones.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Difficile à atteindre un équilibre

À Ottawa, les députés fédéraux amènent leurs enfants au parlement depuis des années. L'élu libéral, Nate Erskine-Smith, participe aux travaux parlementaires avec son fils, Mack, dans les bras, depuis son élection en 2015.

Avec ses cheveux blonds bouclés, Mack est devenu une vedette de la période des questions à la Chambre des communes, selon son père. M. Erskine-Smith raconte que dans sa circonscription de Beaches-East York, son fils est plus célèbre que lui.

Je vous dirais que Mack est plus sage que la grande majorité des parlementaires lors de la période des questions, affirme-t-il en riant.

Le député torontois souligne que s’il est trop difficile d’être à la fois parent et député, les politiciens qui ont des enfants vont prioriser leur famille.

On n’aura pas nos enfants avec nous chaque jour, mais c’est cette flexibilité qui est primordiale.

Nate Erskine-Smith, député fédéral, Beaches-East York

Si c’est difficile pour les jeunes familles d’avoir une vie en politique, la politique ne va pas représenter toute la société., explique-t-il.

Du chemin à faire

L’ancienne candidate progressiste-conservatrice, Gillian Pearson, estime que les changements à la Chambre d’assemblée représentent un pas dans la bonne direction, mais ajoute qu’il reste du chemin à faire.

La fondatrice du groupe Parents for Affordable Childcare, qui milite pour l’accès aux services de garde à Terre-Neuve-et-Labrador, souligne qu’il est particulièrement difficile pour les parents de jeunes enfants de justifier les risques de se lancer en politique. Les répercussions financières d’une telle décision, selon elle, semblent souvent trop importantes.

Prendre des congés non payés, payer les services de garde, tout simplement être parent, ça veut dire que [être candidat] c’est impossible, croit-elle. Il existe de vraies barrières financières.

Mme Pearson est devenue candidate dans Mount Pearl-South Lands en 2019 parce qu’elle était en congé de maternité et pouvait prendre le temps pour faire campagne sans devoir quitter son emploi. Elle recommande au gouvernement d’établir des programmes d’aide pour les mères et pères qui veulent devenir député, qui pourraient réduire les risques financiers pour les familles.

Sur la scène fédérale, Nate Erskine-Smith rappelle les changements qui ont été nécessaires à cause de la pandémie — dont les votes virtuels — qui ont finalement modernisé le parlement et réduit le temps que les députés passent à Ottawa.

Il faut absolument prioriser cette flexibilité à l’avenir, après la pandémie, et s’assurer que notre parlement soit moderne et qu’il ne soit plus ancré dans un passé où tout le monde [les députés] habitait à Ottawa et ne retournait que rarement dans leur circonscription, suggère-t-il.

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