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Québec suspend une partie du programme de parrainage collectif des réfugiés

En raison d’allégations « sérieuses » de fraudes, le gouvernement Legault ne permettra pas, durant un an, à des organismes de la province de parrainer des réfugiés.

Un homme explique quelque chose à un agent de sécurité en pointant devant lui.

En janvier, de nombreuses personnes qui souhaitaient parrainer des réfugiés n'ont pu déposer leur dossier en raison d'une forte demande et de nombreuses irrégularités constatées.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Aucun organisme, ni à Montréal ni à l’extérieur de la métropole, ne pourra effectuer une demande de parrainage de réfugiés au cours de la prochaine année. Une suspension temporaire vient d’être décrétée par le gouvernement Legault jusqu’au 1er novembre 2021.

La raison? Des soupçons de fraude, mentionne le ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), qui a communiqué cette décision au cours des dernières heures à plusieurs organismes et proches du dossier.

Le MIFI évoque des enquêtes pénales et administratives visant des organismes à la suite d'allégations sérieuses qui mettent en cause l'intégrité des actions de certains organismes pour la protection des personnes réfugiées.

Cette période de suspension permettra de mener à terme les enquêtes et d'apporter des modifications au programme, le cas échéant, précise Québec, dans un communiqué.

Un total de demandes inchangé et une loterie

Le gouvernement Legault maintient cependant le nombre total de demandes de parrainage collectif qui pourront être étudiées par Québec l’an prochain. Il y aura ainsi, une nouvelle fois, 750 dossiers qui pourront être reçus du 6 avril au 5 mai.

En revanche, seuls les groupes de 2 à 5 personnes pourront en bénéficier. Il s’agit d’une forte augmentation du quota concernant ce groupe, qui était limité à 100 places au cours des dernières années, malgré une forte demande.

En réponse aux problématiques soulevées en janvier, lorsque des centaines de personnes se sont pressées sous la neige et dans le froid devant les bureaux montréalais du MIFI le jour de l’ouverture du programme, le gouvernement Legault a également décidé de changer sa procédure.

Désormais, la transmission des demandes se fera par voie électronique, à raison d'une seule demande par envoi, et un tirage aléatoire permettra de déterminer les dossiers qui seront acceptés. Un superviseur externe et des témoins seront présents, précise le MIFI.

En début d’année, le premier ministre François Legault et l’ex-ministre de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, ont été au cœur d’une tourmente. Des tentatives de soudoiement avaient été constatées auprès de coursiers, chargés, selon les règles en vigueur, de déposer ces demandes à l’intérieur de l’édifice.

Incompréhension et colère des organismes

Cette décision est une grosse surprise pour les principaux concernés.

On est très déçus et surpris, lance Paul Clark, qui dirige Action réfugiés Montréal, un important organisme de Montréal qui existe depuis un quart de siècle.

On nous met tous dans le même panier, comme si tous les organismes étaient incompétents et pas solidaires avec les réfugiés.

Paul Clark, directeur de Action réfugiés Montréal

Ce dernier regrette le manque de transparence du gouvernement. En septembre, le MIFI nous a demandé nos derniers rapports financiers détaillés, en disant que c’est en lien avec nos dernières demandes. En fait, maintenant on comprend qu’ils vont prendre l’année pour les étudier, assure-t-il.

Le président de l’Association québécoise des avocats en droit de l’immigration (AQAADI) abonde dans le même sens. Pourquoi des organismes qui œuvrent depuis 20 ou 30 ans sont également pénalisés? Avec ce système de loterie, quelle est maintenant l’utilité de mettre au rancart tous les organismes?, s’interroge l’avocat montréalais Guillaume Cliche-Rivard.

Le pire, c'est maintenant la réputation des organismes et du programme, lance Stephan Reichhold, directeur de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes (TCRI).

On ne trouve pas de coupable, alors on punit toute la classe. On est sous le choc. C'est très injuste.

Stephan Reichhold, directeur de la TCRI

Paul Clark craint lui aussi des répercussions négatives pour ces organismes qui vivent par le biais de donations. Ça amène une publicité négative qui n’est pas justifiée, avoue-t-il. C’est décevant, car le public va avoir des questionnements.

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