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Québec consacre 25 millions à la santé mentale des jeunes

Le ministre Lionel Carmant, debout et derrière des micros, durant un point de presse.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, annonce une enveloppe récurrente de 25 millions de dollars supplémentaires pour améliorer les services en santé mentale pour les jeunes.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Devant l’augmentation importante de la détresse psychologique et émotionnelle des jeunes, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, annonce une nouvelle enveloppe de 25 millions de dollars. Elle sera consacrée à l’amélioration des services d’aide en santé mentale pour les jeunes et leurs proches.

L’augmentation rapide des symptômes de dépression et d’anxiété chez les adolescents et les jeunes adultes privés de présence à l’école, de sports et de sorties depuis des semaines, voire des mois, oblige Québec à réagir.

Selon le ministre Lionel Carmant, ces 25 millions de dollars récurrents serviront en priorité à améliorer l’accessibilité à des soins et des services d’aide psychologique pour cette clientèle, leurs familles et leurs proches.

Québec compte également consolider les équipes de soins existantes dans le réseau de la santé et augmenter le soutien aux intervenants en santé mentale jeunesse.

En clair, cet argent permettra l’ajout de 250 nouvelles ressources à temps complet. Ce qui permettra, selon Québec, aux établissements de santé de rehausser les heures travaillées du personnel déjà en place, ou encore d’engager de nouvelles ressources pour répondre à la demande croissante.

La pandémie aura certainement eu, et continuera d’avoir, des effets sur la santé mentale et le bien-être des jeunes, constate Lionel Carmant. L’augmentation de l’anxiété et de la détresse psychologique est un enjeu qui me préoccupe grandement et qui est au cœur des priorités du gouvernement.

En 2019, le gouvernement du Québec avait déjà annoncé un investissement récurrent de 20 millions de dollars pour améliorer l’accès et réduire les listes d'attente en santé mentale dans la province. Ce à quoi se sont ajoutés 31 millions de dollars pour renforcer encore l’offre de services psychosociaux dans le contexte de la pandémie.

Même s'il a enregistré des baisses notables des listes d'attente pour obtenir des services en santé mentale ces derniers mois, le gouvernement constate une inégalité dans les délais selon les groupes d'âge, a expliqué Lionel Carmant en conférence de presse.

Chez les adultes on a une diminution de 48 % des délais d’attente tandis que chez les jeunes, on tourne autour du 20 %.

Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

C'est pourquoi le gouvernement tente aujourd'hui d'élargir l'accès à des psychologues, mais aussi à des psychoéducateurs, des travailleurs sociaux, des éducateurs spécialisés et des infirmières pour aider les adolescents et les jeunes adultes, ainsi que leurs proches, à traverser cette crise.

Trop peu trop tard, selon l'opposition

Sur les bancs de l’opposition, on estime que cette enveloppe de 25 millions est loin d’être suffisante pour répondre à la demande actuelle en santé mentale au Québec.

On salue l’initiative, mais on s’attendait à quelque chose de nettement plus significatif et nettement plus substantiel, déplore Marie Montpetit, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé.

Vingt-cinq millions c’est vraiment une goutte d’eau dans l’océan compte tenu de la situation, souligne Mme Montpetit, qui ajoute qu’il n’y a pas que les jeunes qui sont en détresse actuellement, les aînés sont aussi aux prises avec des taux élevés de détresse psychologique, rappelle la députée de Maurice-Richard.

L’enjeu majeur à l’heure actuelle, c’est l’accessibilité aux psychologues dans le réseau public. Ça peut aller jusqu’à 24 mois, deux ans d’attente.

Marie Montpetit, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé

Pour la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, le gouvernement doit comprendre l'urgence de la situation.

On a besoin de mesures d’urgence maintenant, et pour nous, la priorité prioritaire, on vous le dit depuis des semaines, c’est de réduire les temps d’attente pour la prise en charge des gens.

Quelqu’un nous a écrit hier pour nous dire : "J’ai téléphoné au 811 pour mon enfant de 6 ans et la réponse a été qu’il y aura entre 18 mois et deux ans d’attente pour la prise en charge." Ça ne peut pas être ça!, s’indigne Mme Massé.

Sur le terrain, les organismes en première ligne saluent également l'arrivée de ces 25 millions, mais ici aussi on s'attendait à nettement plus du gouvernement Legault.

Au Réseau Avant de Craquer, qui regroupe 41 associations de soutien aux proches des personnes atteintes de maladie mentale, on déplore l'oubli de ces organismes communautaires de première ligne qui demeurent sous-financés alors que les besoins augmentent partout au Québec.

Le gouvernement donne une réponse improvisée et incomplète à un problème permanent et récurrent en santé mentale. Nous attendons toujours que les familles touchées par la maladie mentale soient reconnues dans leur rôle et puissent recevoir le soutien nécessaire, réclame René Cloutier, directeur général du Réseau Avant de craquer.

La santé mentale des Québécois mise à l'épreuve

Depuis plusieurs semaines, les professionnels de la santé constatent une détérioration marquée de la santé mentale des Québécois, principalement chez les adolescents et les jeunes qui vivent de plus en plus mal le fait d’étudier seul devant un ordinateur toute la journée, de ne plus pouvoir fréquenter leurs cercles d’amis, pratiquer des sports et sortir.

Selon un récent sondage mené par l'Ordre des psychologues du Québec auprès de ses membres, 86 % des psychologues ont noté une augmentation de la détresse mentale chez les gens qui les consultent. Et ce, autant au privé qu’au public.

Au moins 67 % des 2744 professionnels sondés ont également noté une augmentation des demandes d’aide urgentes, des troubles de concentration, de l’attention et de la mémoire.

Selon la présidente de l'Ordre des psychologues du Québec, Christine Grou, 70 % des psychologues sondés ont également noté des retours d’anciens clients dont la situation mentale s’est aggravée au cours de la pandémie.

Pour l’Ordre des psychologues, cette crise sanitaire historique que traverse actuellement le Québec a des impacts psychologiques majeurs sur la population et il est urgent d’agir.

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