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La Ville de Trois-Rivières rencontre les acquéreurs de 4 églises

Vue intérieure de l'église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses.

Le sort des vitraux, des peintures, des lustres et de l'orgue de l'église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses de Trois-Rivières sera décidé par la fabrique.

Photo : Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Radio-Canada

La Ville de Trois-Rivières a rencontré mercredi après-midi les promoteurs qui ont procédé jeudi dernier à l’achat de cinq églises de Trois-Rivières. Le porte-parole de la ville indique qu’aucune décision n’a été prise au cours de cette rencontre.

La direction d'urbanisme tenait à discuter avec les promoteurs de ce qui peut et ne peut pas être fait sur ces terrains en raison du zonage.

Au chapitre des intentions, même si tous les projets sont embryonnaires, un des promoteurs les a précisés mercredi matin, sous le couvert de l'anonymat, au micro de Marie-Claude Julien, à l’émission Toujours le matin.

Les visées

Dans les plans actuels, l’église Saint-Jean-de-Brébeuf, située sur le boulevard des Forges, pourrait être la première à être démolie. À cet endroit, son groupe souhaite construire une résidence pour personnes âgées.

Les promoteurs sont actuellement en pourparlers avec un promoteur de Québec qui, dit-il, compte déjà 2000 places dans ce secteur d’activité. Selon ses dires, ce promoteur de Québec souhaitait d'ailleurs débuter les travaux cet automne, à défaut de quoi d’autres sites pourraient être privilégiés, mais on va faire ça dans les règles de l’art, dit-il.

À l’église Notre-Dame-des-Sept-Allégresses, on mise sur une clinique médicale combinée à une pharmacie, un projet qui se ferait avec une bannière déjà connue et qui, selon lui, répond à un besoin dans ce secteur de la ville. Or, dans ce cas précis, il aimerait que la façade de l’église soit conservée.

On est en pourparlers à cet effet, dit-il. La structure de l’église est en train de s'effondrer, elle ne tient que par des colonnes de soutènement temporaires, mais la façade est très belle. On tente de la préserver. Est-ce que que ça va demeurer comme ça? Ça va dépendre des coûts.

Quant au contenu de cette église, que l’on pense aux lustres, aux toiles ou à l’orgue qui était utilisée jadis par J.Antonio-Thompson, il précise que tout le contenu intérieur de l’église demeure la propriété de la fabrique. Les décisions se prendront donc à cette instance.

Pour Jean-XXIII, il est déjà acquis qu’on ne démolira pas l’église. On avait plutôt prévu réaménager les lieux et y installer un centre de la petite enfance, mais dû à la pandémie, c’est sûr que ça a ralenti un peu les choses, souligne-t-il.

Enfin, du côté de l'église Sainte-Marguerite, on souhaite la création de nouveaux logements sociaux. On est en pourparlers très actifs avec une organisation qui s’occupe de logements sociaux à Trois-Rivières qui nous a sollicités pour établir un projet qu’on pourrait faire d’un commun accord, dit-il, tout en précisant que ce projet est encore embryonnaire.

Une église pour Carpe Diem

L'organisme Carpe Diem, déjà propriétaire du presbytère adjacent, s'est porté acquéreur de l'église Très-Saint-Sacrement. La direction a profité de son droit de premier refus, acquis en même temps que le presbytère. Le projet n'était pas prévu par la direction et la décision a dû se prendre rapidement.

Le premier acheteur souhaitait transformer l'église en salle de spectacle, une vocation incompatible avec celle de la maison qui accueille des personnes atteintes d'Alzheimer estime la directrice Nicole Poirier.

À court terme, les services de l'organisme pourraient prendre de l'expansion. Avec l'église, avec les salles qu'il y a dans le sous-sol, on pourrait faire des groupes, des petites bulles et redonner des services à des personnes qui sont à domicile, précise la directrice.

Nicole Poirier croit qu'en temps de pandémie, l'espace en surplus permettra de respecter les mesures sanitaires et d'isoler les résidents qui présenteraient des symptômes.

Besoin de temps

En ce qui concerne les projets pour les quatre autres églises, le promoteur constate que plusieurs questions sont soulevées. S’il comprend le questionnement, il note que son groupe a besoin de temps pour faire les choses correctement.

On ne veut pas mettre la charrue en avant des boeufs. On fait dans les temps qu’on peut. On est propriétaires depuis jeudi…

L'un des promoteurs qui ont acheté quatre églises de Trois-Rivières

Le promoteur souligne qu’avant d’aller davantage de l’avant avec les négociations pour tous ces projets, il devait suivre les étapes préliminaires, soit présenter les projets à la Ville de Trois-Rivières et attendre que l'évêque donne son aval à la vente des bâtisses.

Même si ça se négocie depuis six mois avec la fabrique, tout s’est fait en dedans de deux semaines, précise-t-il.

Rassurer les citoyens

Le promoteur comprend qu’à Trois-Rivières, certaines expériences du passé peuvent susciter des craintes. Il cite en exemple l’église Saint-Philippe. Or, le prix du terrain ne couvrait pas le prix de la démolition. Ce n'est pas le cas (avec les églises présentes). On est prêt à déposer des cautions et on va le proposer, dit-il. On ne s’en vient pas déshabiller des églises comme ça...

Quant à l’anonymat des promoteurs, il souligne que cette décision de ne pas s’afficher pour le moment répond au contexte, ce qui inclut les nombreuses sollicitations qu’ils reçoivent de la part d’autres promoteurs intéressés, mais aussi la grogne des citoyens, qui s’est manifestée notamment par des graffitis et des églises placardées en guise de protestation.

On a tous des familles. Ça ne fait que quatre jours ouvrables qu’on est propriétaires et on tire à boulets rouges sur nous...

L'un des promoteurs qui ont procédé jeudi à l'achat de quatre églises

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