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Une exemption de s’isoler entraîne un arrêt de travail au chantier naval Irving

Un grand navire militaire en construction.

Le chantier naval Irving à Halifax le 14 juin 2018. L'entreprise exécute un important contrat du gouvernement fédéral pour la construction de navires de la Marine canadienne.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Des dizaines de travailleurs du chantier naval Irving à Halifax ont refusé de travailler cette semaine parce qu’un entrepreneur du Québec est arrivé sur les lieux la semaine dernière sans avoir eu à s’isoler.

Dès lundi, des travailleurs exprimaient leur inquiétude pour leur santé et leur sécurité et c’est pourquoi ils ont refusé de travailler, selon la directrice régionale en Atlantique du syndicat UNIFOR, Linda MacNeil.

Selon Linda MacNeil, Irving a révélé mardi que l’entrepreneur du Québec a reçu l’autorisation du gouvernement provincial de ne pas s’isoler pendant 14 jours en entrant dans la bulle atlantique. L’exigence de s’isoler à l’arrivée est l’un des principaux moyens de prévenir la contagion en Atlantique.

Environ 90 travailleurs ont refusé de travailler.

Linda MacNeil estime que ce moyen de pression aurait pu être évité si l’employeur avait mieux communiqué avec les travailleurs et démontré qu’il prenait des mesures de prévention dans le chantier.

L’Ontario et le Québec recensent quotidiennement plusieurs centaines de nouveaux cas de COVID-19.

Le chantier naval Irving exécute un important contrat du gouvernement fédéral pour la construction de navires de la Marine canadienne.

Situation réglée mercredi

Une enquête du ministère du Travail de la Nouvelle-Écosse est automatiquement déclenchée lorsqu'il y a un refus de travail. Mercredi, une porte-parole du Ministère a fait savoir que l'enquête était terminée et que le différend était résolu.

Nous continuons à travailler avec l'employeur pour nous assurer qu'il communique ses approbations, ses plans de santé publique et ses mesures de santé publique à ses employés, a-t-elle indiqué par courriel.

La société J.D. Irving, propriétaire du chantier naval, n'a pas souhaité réagir avant d'avoir pris connaissance des conclusions de l'enquête.

Le médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse, le Dr Robert Strang, précise que des dérogations aux mesure d'isolements sont accordées à des travailleurs essentiels de l'extérieur de la région atlantique lorsqu'il s'agit, par exemple, de main-d'œuvre spécialisée qu'on ne retrouve pas localement.

Ces travailleurs sont tout de même tenus d'obéir aux directives de la santé publique et de s'isoler en dehors de leurs heures de travail, rappellent les autorités sanitaires.

Si une entreprise [...] a des tâches qui ne peuvent être accomplies par des travailleurs du Canada atlantique, comme l'installation ou l'entretien de certaines pièces d'équipement, une dérogation peut lui être accordée tant et aussi longtemps qu'elle s'engage à suivre des directives très claires, explique le Dr Robert Strang.

Le médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse ajoute que les entreprises qui reçoivent la permission de faire venir des travailleurs de l'extérieur de la bulle atlantique sont aussi responsables d'en informer le reste de leurs employés. C'est important que tous les travailleurs soient au courant des mesures qui sont prises pour assurer leur sécurité, souligne-t-il.

Le Dr Robert Strang affirme qu'aucun cas de COVID-19 dans la province n'est lié à un travailleur essentiel de l'extérieur de la région atlantique.

Ce n'est pas la première fois que des travailleurs du chantier naval dénoncent une exemption accordée à Irving. En juillet dernier, les autorités sanitaires de la Nouvelle-Écosse ont révoqué une exemption accordée à des dirigeants du chantier naval qui voyageaient aux États-Unis.

Avec des renseignements de Paul Whiters, de CBC, et d'Olivier Lefebvre et François Pierre Dufault, de Radio-Canada

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