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Des parents francophones réclament la fin des écoles catholiques du CSCN

Vincent Bouchard.

Vincent Bouchard fait partie d'un groupe de parents qui présentera sa requête au CSCN lors d'une réunion prévue mercredi soir.

Photo : Radio-Canada

Des parents d’élèves du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) demandent à l'organisme de rendre toutes ses écoles publiques. Ils estiment que les écoles publiques d’Edmonton sont désavantagées dans le système actuel au profit des écoles catholiques et sont prêts à défendre cette cause devant la Cour suprême du Canada.

On veut que la communauté francophone cesse de se diviser entre catholique et public, explique Vincent Bouchard, parent de deux élèves de l’École publique Gabrielle-Roy.

Il s’est joint à quatre autres parents d’élèves, dont les enfants fréquentent notamment les écoles publiques Michaëlle-Jean et À la découverte d’Edmonton, pour défendre le fait que la branche publique du CSCN ne bénéficie pas des mêmes ressources que les écoles catholiques.

On demande au CSCN de cesser cette division et de changer la dénomination de toutes ses écoles pour qu’elles deviennent des écoles publiques accessibles à tous et inclusives dans le respect des religions et des origines de chacun.

Vincent Bouchard, parent de deux élèves de l'École publique Gabrielle-Roy
L'entrée de l'école francophone Gabrielle-Roy d'Edmonton.

L'École Gabrielle-Roy d'Edmonton

Photo : Radio-Canada / Laurent Pirot

Parité demandée au sein de l’éducation francophone

Vincent Bouchard souligne que le groupe de parents défend, en premier lieu, la parité entre l’éducation francophone et anglophone. Il précise cependant que la parité au sein même de l’éducation francophone doit elle aussi être atteinte.

Sur les 19 écoles du Conseil scolaire Centre-Nord, 12 sont catholiques.

Étant donné que les francophones de la province sont en situation minoritaire, il croit que la séparation des écoles du CSCN en deux systèmes, soit public et confessionnel, est problématique.

Le fait que le CSCN divise les écoles entre catholiques et publiques est contre-productif du point de vue financier parce qu'il ya un dédoublement des coûts, des écoles dans certains quartiers, une augmentation des frais de transport, en gros, une politique de gaspillage, argue-t-il.

Il ajoute que si on regarde la différence des infrastructures entre les écoles publiques et catholiques, on constate dans le quartier francophone, où il y a trois écoles secondaires francophones, que l’école [catholique] Joseph Moreau est dans un édifice flambant neuf et que l’école [catholique] Maurice-Lavallée, est dans un édifice très adéquat.

La façade de l'école francophone Joseph-Moreau à Edmonton.

L'école francophone Joseph-Moreau à Edmonton

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Alors que, poursuit-il, l’École publique Michaëlle Jean est dans un édifice qui a été abandonné par Edmonton Catholic parce que celui-ci n’était pas adéquat pour les écoles. Et pourtant, on constate que l’École Maurice-Lavallée n’est même pas remplie à mi-capacité et que l’École Joseph Moreau a également beaucoup d’espace libre. On pourrait utiliser les infrastructures de façon beaucoup plus efficace si on réunissait les écoles et qu’on partageait [les espaces] pour toute la communauté francophone.

La façade de l'école francophone Michaëlle-Jean à Edmonton.

L'école francophone Michaëlle-Jean à Edmonton

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

En route vers la Cour suprême?

Le groupe de parents estime que le caractère confessionnel des écoles catholiques du CSCN à Edmonton est fortement dilué et que les écoles catholiques du CSCN ne sont pas entièrement confessionnelles.

Il avance qu’une grande proportion des élèves ne sont pas baptisés, que la présence de clergé dans les écoles catholiques est minimale et que plusieurs ont des exemptions des cours de religion même si des écoles publiques existent dans la même région scolaire.

Les statistiques de 2015 du CSCN montrent qu’un peu plus de la moitié des enfants qui vont à l’école catholique sont baptisés, indique Vincent Bouchard. Et c’est une des raisons qui explique le sous financement des écoles publiques parce qu’il y a beaucoup de parents qui envoient leurs enfants à l’école catholique non pas parce qu’ils le sont, mais simplement parce que l’infrastructure est plus belle.

L'extérieur de l'école Maurice-Lavallée à Edmonton

L'école secondaire Maurice-Lavallée à Edmonton

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Son groupe a décidé et obtenu le financement pour être intervenants à la Cour suprême du Canada dans la cause de Good Spirit, qui porte sur le financement public des élèves non catholiques en Saskatchewan, et ainsi soumettre à la plus haute cour sa perspective qui, selon le groupe, est la réalité de parents d'élèves fréquentant des écoles publiques francophones à Edmonton.

Le pari n’est toutefois pas gagné puisque la plus haute cour du pays doit d’abord se prononcer sur la demande d’appel dans ce dossier. En mars, les juges de la Cour d’appel de la Saskatchewan ont tranché à l’unanimité, que le financement de l’éducation des élèves non catholiques au sein des établissements scolaires catholiques ne viole pas la Charte canadienne des droits et libertés et le devoir de neutralité religieuse de l’État.

C’est la question à savoir s’il est légal d’utiliser les fonds publics pour financer des enfants non catholiques qui vont à l’école catholique.

Vincent Bouchard, parent de deux élèves de l’École publique Gabrielle-Roy

Motivations incomprises par un parent

Pierre Asselin, avocat et membre du Conseil des parents de l’École catholique Joseph Moreau, dit ne pas comprendre les motivations du groupe de parents.

Je ne comprends pas la logique d’enlever les droits de certaines personnes. Quand des groupes [les catholiques] ont pu les avoir, on devrait chercher à bâtir là-dessus et non à les enlever sous prétexte qu’ils ne sont plus populaires, dit-il.

Selon lui, les écoles catholiques, leur histoire et le rôle qu’elles jouent dans la société est important et devrait être valorisé.

Il estime que les efforts devraient être mis sur des sujets prioritaires comme la construction de nouvelles écoles pour les francophones et non sur un dossier qui divise la communauté.

Je crois que cela nous ramène en arrière. Si on veut trouver une solution politique pour être capable de partager des ressources et trouver des solutions, il faut une bonne volonté et je ne crois pas que c’est actuellement le cas, indique-t-il.

C’est extrêmement décevant de voir qu’il y a certains parents dans la communauté qui veulent prendre cette approche par rapport à notre conseil scolaire ici à Edmonton.

Pierre Asselin, membre, Conseil des parents, École catholique Joseph Moreau

Du côté du CSCN, le coordonnateur aux communications et recrutement, Grégory Lucien Njialé Djomo, indique qu’une déclaration de la présidente de l’organisme sera disponible cette semaine, suite à une réunion du CSCN prévue mercredi soir et lors de laquelle le groupe de parents exposera officiellement sa requête à l’organisme.

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