•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : des enseignants à bout de souffle dans l’est de l'Ontario

Une bouteille de gel désinfectant dans une salle de classe.

Des membres du personnel enseignant de l'est de l'Ontario ont indiqué être épuisés et songent à quitter la profession.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

La pandémie de COVID-19 pèse lourd sur les épaules des enseignants de l’est de l'Ontario. Le tiers d’entre eux envisage de quitter la profession, selon ce qu’indique un sondage mené par CBC.

Mary McLaughlin a toujours cru qu’elle allait enseigner jusqu’à 65 ans. Aujourd’hui âgée de 58 ans et en congé maladie, elle songe maintenant à la retraite anticipée.

En septembre dernier, lorsqu’on lui a demandé de donner des cours réguliers pour sa classe de maternelle à Brockville, en plus des cours diffusés en direct pour les camarades à la maison, la situation est devenue intenable, raconte-t-elle. 

Les exigences qui demandaient que mon attention soit divisée entre les élèves que j’ai devant moi et les élèves qui sont en ligne étaient devenues intenables, confie cette enseignante du Upper Canada District School Board (UCDSB).

Un enseignant sur trois vit une situation similaire cette année, selon le sondage de CBC, mené auprès de 10 000 membres du personnel de plusieurs conseils scolaires de l'Est de l'Ontario, auquel 1000 personnes ont répondu.

Une proportion de 21 % des participants à l’étude a déclaré qu'elle envisageait un changement de carrière, tandis que 14 % des répondants ont déclaré qu'ils envisageaient de prendre leur retraite.

Les craintes concernant la pandémie de COVID-19 pour leur santé physique et mentale sont parmi leurs principales préoccupations.

Plus stressés qu'avant

Un peu plus de la moitié des répondants se disent plus préoccupés maintenant qu'avant la rentrée scolaire, comme le témoigne un enseignant qui a commenté de manière anonyme. Tous les matins, je retourne au travail en me demandant si c'est aujourd'hui que je vais attraper la COVID-19. J'adore mes élèves et c'est ma passion, mais la profession est devenue tellement exigeante. Ma profession est responsable de mon épuisement, a-t-il indiqué.

Lisa Levitan est enseignante en première année au Ottawa-Carleton District School Board (OCDSB). Elle est aussi déléguée syndicale de son école.

Les enseignants m'ont indiqué qu'ils étaient extrêmement stressés et franchement épuisés. Ils ne mangent pas, ils ne dorment pas, ils sont très débordés et certains ont déjà pris un an sans salaire ou un an de congé de maladie. Certains ont simplement décidé que ce n'était pas leur vocation, a partagé Mme Levitan.

Nous sommes officiellement à l'école depuis un mois aujourd'hui. Mais nous avons l'impression d'être à l'école depuis cinq ans.

Lisa Levitan, enseignante

Plus de 600 enseignants ont choisi de partager de manière anonyme des commentaires supplémentaires avec CBC sur leur expérience personnelle de l'enseignement cette année. De nombreux commentaires font état d’une certaine détresse.

Je suis rendu au-delà du stress et de la peur d'aller travailler tous les jours, car trop de choses ont été mises sur mes épaules, a écrit un enseignant. Un autre résume sa situation en un mot : L’enfer!

Certains, au contraire, se disent ravis d’être de retour en classe après le confinement du printemps. Je suis plus heureux et en meilleure santé lorsque j'ai un but et un travail à faire à l'école, a répondu un enseignant.

Manque de ressources

Dans une déclaration à CBC, l’Upper Canada District School Board (UCDSB) a indiqué qu’il n’avait pas observé d’augmentation du nombre d'enseignants quittant la profession cette année par rapport aux années précédentes. 

Le conseil scolaire a déclaré qu'il comprenait que la mise en place d'un modèle d'éducation hybride avec des cours diffusés en direct était difficile, mais explique qu'il n'a pas les ressources financières nécessaires pour créer une école virtuelle distincte.

Le conseil a également déclaré que les familles souhaitaient avoir la flexibilité de passer de l'apprentissage à distance à l'apprentissage en classe.

Nous comprenons qu'il s'agit d'une situation imparfaite, mais nous vivons dans une époque imparfaite, a écrit Stephen Sliwa, le directeur de l'éducation du UCDSB.

Avec les informations de Jennifer Chevalier

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !