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Un mois après la mort de Joyce Echaquan, sa famille attend des réponses

Une femme tient une photo de Joyce Echaquan.

La mort de Joyce Echaquan a provoqué une onde de choc dans la communauté autochtone et dans toute la province.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Maude Montembeault

Le 28 septembre, Joyce Echaquan, mère de 7 enfants, mourait dans des circonstances troublantes à l’hôpital de Joliette. Un mois plus tard, les proches de l'Atikamekw de 37 ans ne connaissent pas la cause du décès.

À tous les jours qui passent, la famille a hâte d’avoir le résultat, confie Me Jean-François Bertrand, avocat et représentant de la famille de Joyce Echaquan. Ça fait partie également du processus du deuil que de connaître la cause et les circonstances exactes du décès d’un être cher.

Aux interrogations de la famille s’ajoute le scepticisme dans la communauté. Les gens se posent des questions, ils ont peur que ces enquêtes-là ne soient pas faites convenablement, que ce soit un peu bâclé, avoue le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish. Il dit entendre souvent ce genre de commentaire depuis un mois.

Est-ce que la dose thérapeutique a été respectée ? Est-ce que les diagnostics qui ont été faits à son propos ont été un peu biaisés par les biais que les gens ont, les préjugés que les gens ont?

Constant Awashish, grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw

D’ailleurs, dans une lettre adressée au premier ministre le 19 octobre dernier, il demande, avec les chefs de Manawan, Wemotaci et Opitciwan, qu’un observateur atikamekw puisse suivre de près l’enquête en cours. Il soutient n’avoir reçu aucune réponse du bureau du premier ministre.

Au cabinet du nouveau ministre responsable des affaires autochtones, Ian Lafrenière, on précise que la coroner travaille de façon indépendante et que le gouvernement ne peut lui imposer un observateur. Depuis sa nomination, Ian Lafrenière s’entretient avec les trois chefs et le grand chef sur une base hebdomadaire. Cet enjeu n’a pas été abordé, indique son cabinet.

La pénurie de pathologistes augmente les délais

Le deuil de la famille de Joyce Echaquan pourrait être long. La coroner en chef a ordonné la tenue d’une enquête publique. Selon Me Bertrand, la coroner qui présidera l’enquête, Me Géhane Kamel, aurait demandé des compléments d’enquête. Quand il y a des compléments d’enquête, c’est fait souvent dans des hôpitaux spécialisés [...] je ne vous cacherai pas qu’actuellement dans les hôpitaux, ils en ont beaucoup sur les bras.

Au bureau du coroner, on rappelle que le processus est confidentiel. Me Luc Malouin, coroner en chef adjoint explique qu’une autopsie peut prendre jusqu’à trente mois dans certaines circonstances, surtout lorsque le pathologiste a besoin de mener des examens supplémentaires et demander l’avis d’autres experts. Il y a juste dans les séries à la TV qu’ils font ça en deux minutes et quart, dit-il.

Le délai souhaité est de trois mois. Cet objectif est rarement atteint notamment parce qu’il y a un manque de pathologistes dans les hôpitaux. Les pathologistes sont une denrée rare dans les hôpitaux. Il en manque cruellement. Ils sont trop peu nombreux pour suffire à la tâche, observe le coroner de 38 ans d’expérience.

Hormis l’examen externe du corps et l’analyse toxicologie, l’autopsie prévoit un examen interne. Des échantillons d’organes sont analysés un à un au microscope, ce qui prend plusieurs mois.

Principe de Joyce

Les consultations publiques en ligne visant à reconnaître le principe de Joyce prennent fin aujourd’hui. Le Conseil de la Nation Atikamekw souhaite faire un rapport qu’il remettra aux gouvernements provincial et fédéral le 9 novembre. L’objectif est de s’assurer que, désormais, les Autochtones recevront des soins de santé adéquats dans les hôpitaux du pays.

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