•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Ottawa presse Jason Kenney d’annuler ses compressions au Campus Saint-Jean

L’établissement, fondé à Edmonton en 1908, est l’une des seules institutions universitaires de langue française dans l’Ouest canadien. Environ 800 étudiants la fréquentent.

Une affiche identifiant le Campus Saint-Jean.

Campus Saint-Jean à Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Jessica L'heureux

Audrey Neveu

Dans une lettre dont Radio-Canada a obtenu copie, la ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, demande au premier ministre albertain de « renverser sa décision de couper le financement du Campus Saint-Jean ».

Bien que je reconnaisse que l’éducation est de compétence provinciale, écrit-elle, j’estime qu’il est essentiel que le gouvernement de l’Alberta saisisse l’occasion de redresser la situation du Campus [...].

Mélanie Joly presse d’ailleurs Jason Kenney d’agir au nom de la francophonie canadienne.

À l’automne 2019, le gouvernement conservateur albertain annonçait d’importantes compressions aux universités, qui ont entraîné une réduction du budget du Campus Saint-Jean de 13 % sur deux ans. L’établissement francophone se plaignait déjà d’être sous-financé depuis une quinzaine d’années.

C’est dramatique, les compressions.

Valérie Lapointe-Gagnon, professeure d’histoire au Campus Saint-Jean

À l’automne 2020, 77 cours sur 410 ont dû être annulés. Une trentaine de postes ont également été supprimés.

Pour Valérie Lapointe-Gagnon, qui est professeure d’histoire au Campus Saint-Jean, l’établissement est vraiment un pilier pour la francophonie dans l’ouest du pays.

C’est le seul établissement dans la région à offrir un programme qui forme des professeurs de français. Il permet aussi à des centaines de Franco-Albertains de faire leurs études en politique, en génie ou encore en sciences infirmières, dans leur langue.

Le Campus est aussi un pilier culturel, ajoute Valérie Lapointe-Gagnon. Il contre l’insécurité linguistique dans une province anglophone [en offrant] un environnement immersif en français.

Jason Kenney baisse la tête et ferme les yeux.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Plus tôt cette année, l’Association canadienne-française de l’Alberta a lancé une poursuite entre autres contre le gouvernement de Jason Kenney pour tenter d’éviter une catastrophe.

La porte-parole du ministre de l’Éducation supérieure, Eliza Snider, répond d’ailleurs que ce n’est pas approprié pour le gouvernement Kenney de commenter la lettre de Mélanie Joly, car le dossier se trouve devant les tribunaux.

Le gouvernement Trudeau prêt à mettre plus d’argent

Dans sa lettre envoyée à Jason Kenney, Mélanie Joly invite le premier ministre Kenney à lui soumettre une demande de financement.

« Notre gouvernement, écrit-elle, demeure prêt à considérer sa participation au financement du Campus Saint-Jean. Le tout, dans un cadre financier renouvelé [...]. »

La ministre Mélanie Joly parle à la caméra.

Mélanie Joly, la ministre des Langues officielles et de la Francophonie

Photo : Associated Press / Fred Chartrand

Pour qu’Ottawa investisse davantage, il faut d’abord que le gouvernement albertain annule ses compressions et mette plus d’argent sur la table, puisque l’éducation est un champ de compétence provinciale.

Cette formule de cofinancement a d’ailleurs été adoptée l’an dernier pour l’Université de l’Ontario français.

Au départ, Doug Ford avait mis fin au projet. Mais, après une énorme mobilisation des Franco-Ontariens, le gouvernement provincial avait finalement fait marche arrière et s’était entendu avec Ottawa pour financer 50 % des dépenses de mises sur pied et de fonctionnement de l’établissement. Le gouvernement Trudeau s’était engagé, lui, à payer l’autre moitié des coûts.

Est-ce que Jason Kenney va saisir cette main tendue [d’Ottawa] comme Doug Ford l’a fait dans le cas de l’Université de l’Ontario français? demande la professeure Valérie Lapointe-Gagnon, du Campus Saint-Jean.

Elle rappelle que la communauté franco-albertaine s’est mobilisée ces derniers mois pour sauver le Campus Saint-Jean, mais elle estime toutefois que la francophonie dans l’ouest souffre d’être moins connue et moins nombreuse que celle de l’Ontario.

Plus de 86 000 Albertains ont le français comme langue maternelle. En Ontario, c’est 568 000, selon les données de Statistiques Canada.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !