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Trump promet une « super reprise économique », Biden promet d'endiguer le virus

Joe Biden prononce un discours.

Le candidat démocrate à la présidentielle du 3 novembre, Joe Biden, a fait campagne près d'Atlanta, en Georgie, le 27 octobre 2020.

Photo : Reuters / BRIAN SNYDER

Agence France-Presse

À une semaine de l’élection présidentielle américaine, le président Donald Trump et le candidat démocrate Joe Biden ont tracé mardi des voies radicalement différentes pour sortir de la crise sanitaire, le républicain continuant de minimiser la pandémie qui pourtant repart à la hausse comme en Europe.

Vous avez le choix entre notre plan pour tuer le virus, ou le plan Biden pour tuer le rêve américain, a dit Donald Trump devant une foule compacte de centaines de partisans dans le Michigan, l’un des États qui lui a apporté la victoire en 2016.

Il veut tous vous enfermer de nouveau, a-t-il dit. Cette élection est un choix entre une super reprise Trump ou une dépression Biden.

Les partisans du président Donald Trump, qui arborent des masques « MAGA ».

Le président américain ne lésine pas sur les visites dans le Michigan. Il s'y était déjà rendu le 17 octobre.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Le milliardaire républicain peut déjà se prévaloir d’une indéniable victoire politique lundi : la nomination de la juge conservatrice Amy Coney Barrett à la Cour suprême des États-Unis a été confirmée par le Sénat.

L’institution tranche les grandes questions de société aux États-Unis, et aura aussi le dernier mot en cas de litige électoral, une éventualité qui soulève des inquiétudes tant le président veut accréditer la thèse infondée d’un scrutin déjà entaché de fraudes à grande échelle, du fait de l’importance prise par le vote par correspondance.

Sur 230 millions d'Américains éligibles à voter, 67 millions l'ont déjà fait par anticipation (un tiers en personne et deux tiers par courrier). Il s'agit d'un record historique, et le temps presse pour que Donald Trump inverse la tendance qui semble s'être installée dans les sondages.

De Washington à Las Vegas, en passant par le Michigan, le Wisconsin et le Nebraska, c’est donc lui qui avait la journée de rassemblements la plus dense.

Sur les pas de Roosevelt

Son rival s’est contenté, lui, d’un seul État, celui de Georgie, dans le sud conservateur où encore récemment personne n’aurait envisagé que M. Trump puisse être battu.

Là, il s’est inscrit dans la lignée d’un illustre président démocrate de temps de guerre, Franklin Roosevelt (1933-1945), à Warm Springs, où l’ancien dirigeant paralysé des jambes par la polio se rendait pour ses eaux thérapeutiques.

Nous pouvons contrôler le virus, et nous le ferons, a lancé Joe Biden, exploitant à fond la petite phrase du chef de cabinet de Donald Trump, Mark Meadows, qui avait dit au cours du week-end : Nous n’allons pas contrôler la pandémie, nous allons contrôler le fait qu’on puisse avoir des vaccins.

Si vous m’accordez l’honneur d’être votre président, préparez-vous à un changement de priorités. Car nous agirons, dès le premier jour de ma présidence, pour reprendre le contrôle de la COVID, a déclaré l’ancien vice-président de Barack Obama, dans un discours en extérieur de 20 minutes, devant quelques invités à distance les uns des autres.

Obama à la rescousse

L’ancien président Obama est de retour sur les estrades pour la dernière ligne droite afin d’aider son ancien numéro deux, et il a repris mardi son réquisitoire cinglant contre le milliardaire, qu’il juge nombriliste et incompétent.

Ce président revendique tout le crédit pour une économie dont il a hérité, et rejette toute responsabilité pour une pandémie qu’il a ignorée, a lancé Barack Obama à Orlando en Floride, dans un nouveau rassemblement, où les participants étaient en voiture.

Barack Obama, devant un drapeau américain.

L'ancien président Barack Obama a repris sa diatribe contre le locataire actuel de la Maison-Blanche.

Photo : Reuters / EVE EDELHEIT

Il a de nouveau agité le spectre d’une répétition de l’élection de 2016, quand Hillary Clinton, en avance dans les sondages, avait finalement perdu à la surprise générale.

La dernière fois, nous nous sommes reposés sur nos lauriers. Les gens ont été un peu paresseux, ils croyaient que c’était gagné d’avance, et regardez ce qu’il s’est passé, a dit Barack Obama.

Les violences à Philadelphie font réagir

La dernière semaine de campagne pourrait voir revenir en force une question qui taraude la société américaine : celle des brutalités policières et du racisme, qui agite le pays depuis la mort de George Floyd fin mai à Minneapolis.

La ville de Philadelphie a été le théâtre dans la nuit de lundi à mardi d’une flambée de violence, après qu’un Afro-Américain de 27 ans, Walter Wallace, souffrant de problèmes psychologiques, a été abattu par des policiers. Ces derniers affirment que l'homme était en possession d'un couteau.

Nous ne pouvons accepter dans ce pays qu’une crise psychiatrique se termine en décès, ont réagi Joe Biden et sa colistière Kamala Harris, tout en condamnant les pillages et les attaques contre des policiers.

De récents faits similaires, dénoncés par le mouvement Black Lives Matter ont suscité des réponses extrêmement contrastées de la part de MM. Biden et Trump, le premier promettant des mesures pour endiguer les injustices subies par les minorités raciales, le second condamnant un chaos selon lui orchestré par les démocrates.

Premier rassemblement en solo pour la première dame

C’est seule que Melania Trump a fait campagne mardi pour la réélection de son époux le 3 novembre. Elle a offert son soutien aux victimes de la COVID-19, dont le président américain et elle sont désormais remis après un diagnostic positif.

Je ne suis pas toujours d’accord avec la façon dont il dit les choses, a confié la première dame, provoquant les rires de l’assemblée lors d’un discours à Atglen, dans l’État clé de Pennsylvanie.

Mais il est important pour lui de parler directement aux gens, a-t-elle poursuivi à propos de l’usage frénétique de Twitter par Donald Trump.

Donald est un battant. Il aime ce pays et il se bat pour vous tous les jours. Pour la première fois de l’histoire, les citoyens de ce pays peuvent entendre directement et instantanément leur président tous les jours à travers les réseaux sociaux, a insisté Melania.

L’ex-mannequin d’origine slovène a fait de la lutte contre le harcèlement en ligne l’un de ses grands axes de travail à la Maison-Blanche. Elle avait déjà défendu les tweets de son mari lors de la convention républicaine, fin août.

Melania Trump, en train de retirer son masque.

Melania Trump a notamment défendu les gazouillis de son conjoint.

Photo : Reuters / HANNAH MCKAY

C’était la première fois, mardi, qu’elle faisait un déplacement de campagne pour la réélection de Donald Trump, depuis l’annonce de sa campagne en juin 2019. Melania Trump avait annulé la semaine dernière un rassemblement avec son époux en raison d’une toux persistante.

Diagnostiquée positive à la COVID-19 en même temps que son mari, dans la nuit du 1er au 2 octobre, la première dame avait annoncé mi-octobre qu’elle était désormais négative. Leur fils Barron, 14 ans, a lui aussi été touché.

Merci pour tout l’amour et le soutien que vous nous avez transmis, a-t-elle déclaré en Pennsylvanie. Nous allons beaucoup mieux maintenant.

Elle a voulu lancer un message de compassion aux proches des plus de 225 000 Américains tués par le virus.

Comme beaucoup d’entre vous, j’ai fait l’expérience directement des effets de la COVID-19, non seulement comme patiente, mais aussi en tant que mère et épouse inquiète, a-t-elle raconté. Mais je sais que beaucoup de gens ont perdu des êtres chers ou connaissent des personnes touchées à jamais par cet ennemi silencieux.

Nous triompherons face à ce virus, a-t-elle promis.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir

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