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COVID-19 : les pharmaciens du Québec veulent l’abolition des frais aux patients

Des clients pourraient devoir payer jusqu’à 1200 $ par année, selon les pharmaciens.

Un pharmacien scannant des médicaments

Un pharmacien scannant des médicaments

Photo : Radio-Canada

Incapables de consulter leur médecin durant le confinement, des milliers de patients se sont tournés vers leur pharmacien pour obtenir des services médicaux. Plusieurs ignoraient cependant qu’il faut payer des frais supplémentaires au comptoir pour recevoir exactement le même service que dans une clinique.

Afin de garantir l’accès aux soins de première ligne, particulièrement durant la pandémie, les pharmaciens demandent au gouvernement d’abolir ces coûts excédentaires, qui représenteraient près de 4 millions de dollars par année pour les patients.

Et Québec envisage de le faire, reconnaissant qu’une telle pratique nuit à l’accessibilité au système de santé.

Si vous venez me voir pour que je vous prescrive un médicament pour une infection urinaire, je peux vous le prescrire, mais vous devez payer ma consultation.

Benoît Morin, président de l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires

En effet, la loi permet maintenant aux pharmaciens de prescrire certains traitements ou de les prolonger, quand un diagnostic a déjà été établi par un médecin.

Durant le confinement de la première vague de la COVID-19, le nombre de personnes qui se sont tournées vers leur pharmacien a plus que doublé. De mars à juin, plus de 167 000 patients ont obtenu une prolongation d’ordonnance à la pharmacie, comparativement à 70 000 l’an dernier.

On a eu énormément de demandes dues au fait que les patients n’allaient pas voir leur médecin ou ne voulaient pas sortir de chez eux. Des consultations, des avis médicaux, ou des ajustements de médication, par exemple, nous raconte la pharmacienne Katherine Harrison.

Beaucoup de gens disent : "une chance que vous êtes là, parce qu’on n’a pas accès autrement!" Je crois définitivement que ça a démontré qu’on était essentiels en première ligne.

Une facture plus salée à la pharmacie

Des patients ont sursauté en recevant leur facture. Ils ont dû payer une franchise et des tarifs de coassurance pour obtenir un acte professionnel du pharmacien, alors que ça ne leur aurait rien coûté chez leur médecin.

Le montant de base est de 21,75 $ (franchise mensuelle). Le patient doit ensuite payer 37 % du reste de la facture (coassurance). Puisque certaines personnes doivent obtenir des services ou des médicaments particulièrement chers, le gouvernement a décrété que le montant maximal qu’un patient doit payer ne peut dépasser 95 $ par mois.

Le président de l’AQPP, Benoît Morin, calcule que des gens pourraient tout de même devoir payer jusqu’à 1200 $ par année. Ils se demandent toujours, avec raison, pourquoi ils doivent payer chez le pharmacien et non chez le médecin.

Certains refusent le service, soit par manque de revenus ou par principe. On souhaiterait les servir. Les médecins seraient davantage disponibles pour les cas urgents ou qui demandent leur expertise, dit-il.

Katherine Harrison a aussi remarqué que des patients préféraient se priver du service plutôt que de payer les frais. En enlevant cette limite-là, ça ouvrirait l’accès à plusieurs consultations qu’on peut faire.

Québec sur le point d’abolir ces frais

Pour l’instant, le gouvernement a accepté d’abolir les frais de franchise et de coassurance seulement pour le vaccin contre la grippe, afin d’encourager les gens à le demander à leur pharmacien. C’est la première fois cette année qu’ils ont le droit de vacciner eux-mêmes les patients en succursale.

Les négociations entre l’AQPP et le gouvernement au sujet de l’abolition de frais de franchise et de coassurance se poursuivent depuis plusieurs années. Selon les pharmaciens, la pandémie a mis en lumière l’illogisme de ces frais. L’attachée de presse du ministre Christian Dubé, Marjaurie Côté-Boileau, confirme que Québec envisage de les abolir, par voie de règlement.

Comme le gouvernement souhaite décloisonner la profession des pharmaciens et réduire l’attente pour consulter un médecin de famille, nous croyons que cette avenue est la bonne. L’échéance n’est cependant pas encore fixée.

COVID-19             : ce qu'il faut savoir

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