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Club Med de Charlevoix : des citoyens craignent pour leur sécurité

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Le Club Med Québec Charlevoix en construction, vu de l'intérieur du bâtiment principal

Le Club Med Québec Charlevoix en construction, vu de l'intérieur du bâtiment principal

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Depuis la mise en chantier du Club Med Québec Charlevoix, des résidents de Petite-Rivière-Saint-François observent des perturbations dans le système hydrique du Massif. De récents glissements de terrain survenus au pied de la montagne leur font maintenant craindre pour leur sécurité.

Les citoyens se questionnent [et] ont des préoccupations pour leurs bâtisses , affirme Léa Landry-Massicotte, porte-parole du Groupe de citoyens du plateau de la Grande-Pointe de Petite-Rivière-Saint-François.

Mercredi, un nouveau permis de déboisement pourrait être octroyé au Groupe Le Massif. Les promoteurs du Club Med en ont besoin pour construire un stationnement d'au moins 225 places près du futur hôtel.

Mais le groupe de citoyens s'y oppose vivement. La forêt du Massif a déjà été fragilisée par différentes perturbations ces deux dernières années et octroyer ce permis pourrait mener à plus de problèmes, selon Mme Landry-Massicotte.

Il y a eu du déboisement, il y a eu l'élargissement de la piste de luge, il y a une nouvelle piste de ski qui a été créée, donc ça, ç'a eu des répercussions [...] sur le système hydrique.

Léa Landry-Massicotte, porte-parole du Groupe de citoyens du plateau de la Grande-Pointe de Petite-Rivière-Saint-François
Léa Landry-Massicotte, porte-parole du Groupe de citoyens du plateau de la Grande-Pointe de Petite-Rivière-Saint-François

Léa Landry-Massicotte, porte-parole du Groupe de citoyens du plateau de la Grande-Pointe de Petite-Rivière-Saint-François

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Sable, boue et pierres

Radio-Canada s'est rendue au Domaine à Liguori, à quelques dizaines de mètres en aval du Club Med, pour constater les perturbations des cours d'eau dont parle le groupe de citoyens.

Le sol y est maintenant largement recouvert de sable ou de pierres. L'épaisseur des sédiments peut atteindre plusieurs centimètres, à certains endroits.

Un sol boueux avec un bâtiment du Club Med au loin.

Sous les feuilles d'automne, le sol est largement recouvert de sable, de boue et de pierres, à proximité du futur hôtel.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

À première vue, ces dépôts peuvent paraître anodins. Pourtant, lors du passage de la tempête Isaias, en août dernier, le ruissellement de la pluie a transporté d'importantes quantités de sédiments et de matière organique.

Cela a mené au blocage d'un ponceau du Domaine. L'eau s'est ensuite mise à monter, puis à se frayer un chemin à des endroits inhabituels. Un sentier du Domaine a été sévèrement endommagé.

Le sentier du Domaine à Liguori, tout de suite après les dommages subis en raison du ruissellement de l'eau.

Le sentier du Domaine à Liguori, tout de suite après les dommages subis en raison du ruissellement de l'eau

Photo : Léa Landry-Massicotte

Ce n'était plus praticable. On voyait des trous d'un mètre, deux mètres, vraiment en profondeur. La terre était complètement disparue, raconte Mme Landry-Massicotte.

La terre a glissé, traversé à travers le stationnement, traversé la route [pour] se rendre chez le voisin, poursuit-elle.

Dommages de plus de 20 000 $

Le voisin qui réside de l'autre côté de la rue, c'est Israël Bouchard. Les dommages qu'il a subis s'élèvent à plus de 20 000 $. Trois glissements de terrain se sont produits à l'arrière de sa maison.

Un terrain affaissé.

Le sentier de VTT d'Israël Bouchard a été complètement ravagé.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

Le sentier qu'il utilisait normalement pour circuler avec son véhicule tout-terrain s'est affaissé, au point où il ressemble aujourd'hui à un énorme sillage dans le sol.

Des dommages se sont aussi produits à l'avant de sa maison : son entrée a été complètement détruite par le passage de l'eau. Ce matin-là, nos autos étaient en bas, donc on était coincés, raconte-t-il.

La cour d'Israël Bouchard a été complètement détruite.

La cour d'Israël Bouchard a été complètement détruite.

Photo : Israël Bouchard

Heureusement, la Municipalité s'est empressée de nous envoyer quelques voyages de matériel pour nous réparer.

Israël Bouchard, résident de Petite-Rivière-Saint-François

Le maire de Petite-Rivière-Saint-François, Gérald Maltais, confirme que son administration a débloqué environ 500 $ pour remblayer l'entrée de M. Bouchard.

Cependant, la Municipalité ne semble pas vouloir en assumer la responsabilité. Elle a récemment envoyé la facture à ceux qui se trouvaient en amont de ces dommages, soit les promoteurs du Club Med Québec Charlevoix.

À qui la faute?

On est en discussion avec [la Municipalité] parce que là, il faut voir si c'est vraiment nous qui sommes responsables, dit André Roy, le vice-président exécutif et directeur général du Groupe Le Massif.

Il y a deux semaines, Radio-Canada révélait que même sur le chantier du Club Med, la tempête Isaias a causé des dommages.

Le ministère de l'Environnement a remis des avis de non-conformité à la suite de cet incident, après avoir constaté que des sédiments avaient été rejetés dans deux cours d'eau.

M. Roy ne nie pas que les activités de construction du Club Med ont un effet plus sur dans la montagne. Il assure cependant que tous les correctifs exigés par le ministère seront mis en place.

On construit un hôtel de 300 chambres. C'est évident qu'on perturbe l'environnement. Mais un coup qu'on a dit ça, on va tout faire pour minimiser cet impact-là.

André Roy, vice-président exécutif et directeur général du Groupe Le Massif
André Roy, vice-président exécutif et directeur général du Groupe Le Massif

André Roy, vice-président exécutif et directeur général du Groupe Le Massif

Photo : Radio-Canada

On a besoin d'un stationnement

À ceux qui craignent que le déboisement projeté pour le futur stationnement accentue les problèmes déjà soulevés, M. Roy rappelle que la Municipalité a déjà approuvé le projet et que Groupe Le Massif a fait des concessions.

La zone végétalisée qui sera préservée entre le Domaine à Liguori et le stationnement est passée de 15 à 55 mètres, explique-t-il. Il ajoute qu'un accès au stationnement qui devait être construit à partir de la rue Principale a été abandonné.

Pour M. Roy, à ce stade-ci, les demandes de citoyens ne sont simplement pas réalistes. On a besoin d'un stationnement, insiste-t-il.

On nous a proposé toutes sortes de choses, mais on ne peut pas demander aux clients et aux employés de marcher un kilomètre pour se rendre à leur lieu de travail ou leur lieu de vacances.

André Roy, vice-président exécutif et directeur général du Groupe Le Massif
Le Club Med Québec Charlevoix en construction, vu à partir du chantier.

Le Club Med Québec Charlevoix en construction, vu à partir du chantier

Photo : Radio-Canada / Alexandre Duval

La MRC de Charlevoix décidera mercredi en fin d'après-midi si elle délivre un nouveau permis de déboisement. La préfète, Claudette Simard, estime que les doléances des opposants ont été entendues.

Contrairement à ce que réclame le Groupe de citoyens de la Grande-Pointe de Petite-Rivière-Saint-François, la MRC n'entend pas mener de nouvelles études pour évaluer les impacts de ce stationnement sur le système hydrique du Massif.

Mme Simard rappelle que des instances, dont le comité consultatif d'urbanisme, ont déjà analysé ces questions.

C'est un projet majeur, le Massif, la construction du Club Med. Ça fait des années que c'est travaillé, que c'est discuté. Je trouve dommage qu'on en arrive là aujourd'hui, dit-elle.

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