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Des hôteliers dénoncent une fermeture détournée de leur industrie

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Chambre d'hôtel avec lit, rideau rouge, table, chaises et mur de pierre.

Chambre de l'Hôtel Le Germain de Rimouski.

Photo : Hôtel Le Germain

L’industrie hôtelière attend toujours une aide financière adaptée à sa situation pour l'aider à traverser la pandémie. Alors que les mesures sanitaires sont prolongées jusqu’au 23 novembre en zone rouge, des hôteliers estiment que le gouvernement les force à la fermeture, sans réellement les fermer.

On vide les villes, on vide les musées, on ferme tout ce qui est attraction, alors pourquoi un touriste voudrait venir à Québec? C’est une façon cynique et détournée de nous fermer, lance Olivier Donzelot, propriétaire et directeur général de l'hôtel Château Fleur de Lys à Québec.

Dans la région de la Capitale-Nationale, une trentaine d’établissements d’hébergement sont fermés temporairement ou de façon permanente depuis le début de la deuxième vague de COVID-19. Marjolaine de Sa, directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ), croit qu’entre 20 et 25 établissements s’ajouteront à la liste en novembre.

J’ai emprunté 300 000 $ en mars. J’ai 55 000 $ de taxes municipales à payer. Le gouvernement annonce des mesures qu’il ne finance pas, c’est inacceptable, ajoute M. Donzelot, propriétaire de l’hôtel situé l’avenue Sainte-Geneviève depuis sept ans.

Olivier Donzelot (plan épaule) devant l'entrée de son hôtel

Olivier Donzelot, propriétaire et directeur général de l'hôtel Château Fleur de Lys

Photo : Radio-Canada

À la mi-octobre, le maire de Québec a affirmé qu'il travaillait avec l’AHRQ pour trouver une solution, en attendant une annonce du gouvernement pour aider les hôteliers.

Mardi après-midi, le chef de l’opposition à l’Hôtel de Ville, Jean-François Gosselin, a interpellé le maire pour qu’il mette les bouchées doubles. Je le mandate pour représenter les hôteliers. Le maire dit qu’il en a déjà parlé, mais il faut que ça aboutisse, pour s’assurer qu’ils survivent, précise le chef de Québec 21.

La Ville se tire dans le pied

Gabriel Perreault, propriétaire de l'hôtel Hilton DoubleTree dans le secteur Saint-Émile, est catégorique : la situation est désastreuse selon lui, et les hôteliers doivent, au moins, recevoir de l’aide pour le paiement des taxes municipales.

En ce moment, une des options à Québec et Lévis est de remettre le paiement à plus tard. Ce n’est pas suffisant, d’après M. Perreault.

J’en parle depuis le mois de mars, les taxes M. le maire, c’est une question de survie.

Gabriel Perreault, président du Groupe Perreault qui possède un Hilton DoubleTree

Celui qui a mis la main sur l’hôtel de la rue Marigot en 2018 estime que sans aide pour le paiement des taxes, la Ville de Québec se tire dans le pied.

Ils disent qu’ils vont mettre la Ville en faillite si les taxes sont levées, mais quand ils vont voir les contreplaqués devant les commerces et les hôtels après la pandémie, qui va vouloir venir à Québec, si c’est comme ça? Personne, fait-il valoir.

Gabriel Perreault (plan rapproché) dans l'entrée d'un hôtel. Il porte un veston avec une chemise et une cravate.

Gabriel Perreault souligne que son hôtel se retrouve avec un taux d'occupation de 20 % en ce moment.

Photo : Radio-Canada

Olivier Donzelot est du même avis. C’est bien beau de repousser les taxes, et je m’endette aussi pendant ce temps, mais quand il faudra payer un bien plus gros montant pour les taxes, ce ne sera pas possible. On se doute tous que notre secteur d’activité, quand il va reprendre, il va reprendre tranquillement.

Un coup de pouce pour l’achat local

La Chambre de commerce et d'industrie de Québec (CCIQ) est inquiète pour les secteurs d’activités les plus durement touchés par la pandémie, comme les bars, les restaurants, les hôtels et la culture.

Ce qu’on remarque, c’est que certains de nos membres, pour différentes raisons, s’en tirent très bien. Mais il y a l’autre côté du spectre où c’est crève-faim, souligne le président et chef de la direction de la CCIQ, Steeve Lavoie.

M. Lavoie rappelle que les membres de la Chambre de commerce ont fait de gros investissements pour respecter les règles sanitaires, comme les plexiglas et l'achat de gel désinfectant. Quand il faut fermer à nouveau, ça fait encore plus mal.

En novembre, la CCIQ lance donc une campagne de sensibilisation pour encourager les gens de Québec à dépenser localement.

Le mot clé, c’est solidarité, dit-il. Avec le défi J’encourage, la Chambre de commerce propose aux résidents de commander dans un restaurant ou un traiteur local au moins une fois par semaine et propose de réserver une nuitée dans un hôtel de Québec, au cours des quatre prochaines semaines.

Avec les informations d'Olivier Lemieux et de Guylaine Bussière

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