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Meurtre de Samuel Paty : Trudeau exprime sa solidarité aux Français

Portrait de Justin Trudeau.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, assure que le Canada est aux côtés de la France pour défendre la liberté et combattre le terrorisme islamiste.

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Affirmant être aux côtés de la France à la suite de la décapitation du professeur qui a montré des caricatures de Mahomet en classe, Justin Trudeau a rejeté tout lien entre cette affaire et la controverse qui a suivi l'utilisation du « mot en n » par une professeure de l’Université d’Ottawa.

Le premier ministre, qui s’était montré plutôt discret jusqu’ici sur le tollé qu’a provoqué la décapitation en pleine rue du professeur Samuel Paty, le 16 octobre dernier au nord de Paris par un ressortissant tchétchène de 18 ans, a condamné sans détour cet acte terroriste.

Nous avons et nous allons continuer d’exprimer notre solidarité avec la France suite à cet attentat terroriste haineux, a déclaré Justin Trudeau.

La décapitation, le meurtre de Samuel Paty est absolument inacceptable et injustifiable. Nous nous joignons à tout le monde en condamnant cet acte et en restant solidaires avec nos amis et alliés en France.

Le premier ministre Justine Trudeau

Toutefois, a-t-il nuancé, nous sommes dans une situation où les tensions s’enflamment, la rhétorique s’emporte et nous nous devons d’être à l’écoute et de travailler dans le calme pour empêcher un accroissement des tensions dans le monde.

Des manifestants, dont une femme tenant une pancarte sur laquelle on peut lire « Je suis prof ».

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées sur la place de la République, à Paris, pour rendre hommage à Samuel Paty.

Photo : Reuters / CHARLES PLATIAU

Le torchon brûle depuis plusieurs jours entre Paris et Ankara à la suite de déclarations du président Emmanuel Macron, qui s’est porté à la défense de la liberté d’expression, dont celle de publier des caricatures, fussent-elles de Mahomet.

Cette annonce a provoqué la colère du président turc, Recep Tayyip Erdogan, qui a publiquement remis en question la santé mentale de son homologue français. Ce dernier, dit-il, mène une campagne de haine contre les musulmans. Le président Erdogan a appelé ses compatriotes musulmans à un boycottage des produits français.

Motion unanime aux Communes

À Ottawa, la Chambre des communes a adopté à l’unanimité mardi après-midi une motion du Bloc québécois demandant au Parlement de condamner avec la plus grande sévérité l'attentat du 16 octobre qui a attaqué une des valeurs fondamentales en démocratie, soit la liberté d'expression et d’exprimer ses condoléances et sa solidarité avec la France.

[...] La meilleure façon de lutter contre les idées sombres, c'est la lumière, et que celle-ci jaillit à travers l'éducation, peut-on lire dans la motion.

Aucun parallèle avec l'affaire Lieutenant-Duval

L’assassinat du professeur Samuel Paty par un fanatique pour avoir abordé un sujet qui dérange en classe a aussi des échos chez nous. Un parallèle est parfois établi entre cette affaire et la suspension temporaire de la professeure Verushka Lieutenant-Duval par l’Université d’Ottawa pour avoir utilisé le « mot en n » dans l’un de ses cours après des plaintes de la part d’un groupe d’étudiants.

Ce qui s’est passé en France, c’était un acte de terrorisme des plus haineux. Je pense que c’est complètement différent, a clarifié d’entrée de jeu Justin Trudeau en conférence de presse mardi matin.

Face aux plaintes de certains professeurs qui déplorent ne plus pouvoir enseigner dans le climat de censure actuel, Justin Trudeau a rappelé que l’éducation ne peut se faire au détriment de ceux qui la reçoivent.

Une des responsabilités de tout enseignant, c’est de s’occuper, de protéger et d’amener ses étudiants vers une meilleure connaissance du monde et une meilleure connaissance de soi-même, a expliqué le premier ministre. Et ça, ça ne se fait pas si, même par mégarde, on blesse des étudiants qui font face tous les jours à de la discrimination et du racisme dans la rue, dans leur vie et les systèmes qu’ils rencontrent.

Nous devons être à l’écoute de ceux qui sont blessés par l’utilisation, même avec de bonnes intentions, du ''mot en n''. Et à ce niveau-là, je pense qu’il y a certainement des leçons à tirer dans un milieu académique et ailleurs, a conclu Justin Trudeau.

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