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Appel à la mobilisation contre les manifestations pro-choix en Pologne

Une décision juridique a pour effet d'interdire presque complètement les interruptions volontaires de grossesse (IVG).

Des hommes brandissent des chapelets.

Des manifestants d'extrême droite brandissent des chapelets et bloquent l'entrée d'une église à des femmes qui dénoncent un jugement limitant l'accès, déjà très restrictif, à l'interruption volontaire de grossesse en Pologne.

Photo : Associated Press / Czarek Sokolowski

Agence France-Presse

Le chef du parti ultra-catholique nationaliste Droit et Justice (PiS) au pouvoir en Pologne, Jaroslaw Kaczynski, a dénoncé mardi des « tentatives de détruire » son pays et appelé ses partisans à « défendre les églises » contre les manifestants favorables à l'avortement.

Quelques heures plus tôt, le premier ministre Mateusz Morawiecki avait apporté son soutien à une décision de justice synonyme d'interdiction quasi totale des interruptions volontaires de grossesse (IVG). Il avait en outre exhorté à mettre fin à la barbarie des manifestations de colère contre ce jugement.

M. Kaczynski, qui est le vice-premier ministre responsable de la Sécurité, mais qui est considéré comme l'homme politique réellement décisionnaire dans toutes les affaires les plus importantes, a fustigé le nihilisme et la vulgarité des attaques ayant eu pour but de détruire la Pologne, connue pour son attachement au catholicisme.

J'appelle tous les membres du PiS et tous ceux qui nous soutiennent à défendre les églises polonaises, à tout prix.

Une citation de :Jaroslaw Kaczynski, vice-premier ministre responsable de la Sécurité de la Pologne

La Pologne est secouée depuis six jours par des manifestations sans précédent contre la décision rendue par le Tribunal constitutionnel, réformé par le PiS et se conformant à ses souhaits, qui a proscrit jeudi l'IVG en cas de malformation grave du fœtus, car elle est, selon les juges, incompatible avec la Constitution.

Nous n'acceptons pas les attaques contre ce qui est sacré pour nous, contre les gens, les églises, a quant à lui lancé le chef du gouvernement, après que des édifices religieux ont été pris pour cible par des protestataires, dimanche.

Mardi, le déroulement d'une session du Parlement a été perturbé au moment où le président conservateur de la Diète (chambre basse) a comparé le symbole de l'éclair rouge omniprésent pendant les manifestations et affiché par des députés de gauche et du centre, à celui des jeunesses nazies Hitlerjugend.

Les députés de gauche s'en sont pris à Jaroslaw Kaczynski, protégé par ses propres députés et la garde du parlement, brandissant des pancartes en faveur du libre choix en matière d'avortement et scandant des slogans antigouvernementaux.

Des manifestants brandissent des pancartes, encadrés par des policiers qui observent la scène.

Des manifestants mènent une action contre une récente décision de la justice de resserrer la loi sur l'interruption volontaire de grossesse devant le parlement polonais.

Photo : Associated Press / Czarek Sokolowski

Des marches de protestation se sont poursuivies mardi dans plusieurs villes de Pologne et le mouvement La grève nationale des femmes, suivi sur Facebook par près de 400 000 personnes, a réclamé la démission du gouvernement. Plusieurs organisations féministes ont appelé les femmes à faire grève mercredi et à manifester vendredi.

La loi sur l'avortement en vigueur en Pologne était déjà l'une des plus restrictives d'Europe.

Le Tribunal a limité le droit à l'IVG aux seuls cas de danger de mort pour la femme enceinte et de grossesses résultant d'un viol ou d'un inceste.

Il y a moins de 2000 avortements légaux par an en Pologne et la grande majorité d'entre eux sont effectués à cause de fœtus malformés.

Les groupes féministes estiment que plus de 200 000 IVG sont réalisées illégalement ou à l'étranger, chaque année.

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