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Analyse

Les républicains réussiront-ils à combler l’écart du vote par anticipation?

Aux États-Unis, plus de 70 millions d’électeurs, dont un grand nombre de jeunes, ont déjà voté. Selon les données disponibles, les démocrates ont davantage participé que les républicains. Les partisans du président ont moins d’une semaine pour renverser la tendance.

Des électeurs devant un bureau de vote par anticipation à New York

Aux États-Unis, des dizaines de millions d'électeurs ont déjà voté en vue de l'élection présidentielle du 3 novembre.

Photo : Reuters / JEENAH MOON

Jamais voter avant le jour de l’élection n’aura été si populaire aux États-Unis.

Le pays a déjà dépassé son taux de participation par anticipation de 2016. Dans certains États, les électeurs sont même en voie de surpasser le nombre de votes total de la dernière élection.

C’est le cas au Texas, où plus de 7,8 millions d’électeurs ont déjà voté. Il y a quatre ans, 8,9 millions de Texans s’étaient rendus aux urnes. Des comtés comme Hays, près d'Austin, et Denton, en banlieue de Dallas, ont déjà surpassé leur taux de participation total de la dernière élection présidentielle.

Alors, qui profite de l’enthousiasme démontré devant les bureaux de vote et dans les boîtes postales ces dernières semaines?

Selon les informations publiées par le professeur de sciences politiques à l’Université de Floride Michael McDonald, l’avantage va clairement aux démocrates.

Son site web, l'U.S. Elections Project recense les données liées au vote par anticipation dans le pays. Il nous révèle que parmi les 15 États qui rendent disponibles les affiliations politiques des électeurs, dont les États clés de la Pennsylvanie, de la Caroline du Nord et de l’Iowa, 48 % des Américains qui ont voté par anticipation sont démocrates, 29,1 % sont républicains. La proportion d'indépendants est de 22,3 %.

Bien sûr, il est impossible d’affirmer avec certitude que tous les électeurs inscrits comme républicains ont appuyé le président Trump et vice-versa. Mais ces données offrent néanmoins des indications à propos de la dynamique de la course.

Un sondage Yougov, publié lundi, avançait qu’en Pennsylvanie, au Michigan et au Wisconsin, trois États qui ont contribué à la victoire de Donald Trump il y a quatre ans, Joe Biden dispose aussi d’un très grand avantage dans le vote par anticipation.

Au Texas, où l’État ne partage pas l’affiliation politique des électeurs ayant voté, un sondage publié par le New York Times mentionne que Joe Biden disposerait d’une avance de sept points de pourcentage sur Donald Trump parmi les citoyens qui ont déjà visité les bureaux de scrutin. L’avantage va par contre au président au sein de l’électorat qui ne s’est pas encore prononcé.

Dans la dernière ligne droite de la campagne, le Parti républicain doit donc mobiliser sa base et s’assurer que les partisans du président envoient leurs bulletins par la poste, ou se rendent dans les bureaux de vote, où, dans certains cas, le temps d’attente pourrait aller en augmentant à l’approche du 3 novembre.

Cette participation est d’autant plus importante que le parti de Donald Trump a réussi à inscrire un grand nombre d’électeurs républicains sur les listes dans des États qui pourraient avoir un impact sur le résultat de l’élection du 3 novembre.

Selon une compilation du réseau NBC, entre juin et la fin septembre, le camp Trump a par exemple réussi à ajouter 77 000 nouveaux électeurs républicains de plus que les démocrates sur les listes de la Pennsylvanie, sur laquelle les deux camps fondent beaucoup d’espoir.

La Floride, fidèle à elle-même

En Floride, État incontournable pour Donald Trump s’il souhaite passer quatre autres années à la Maison-Blanche, les républicains ont réussi à inscrire 100 000 nouveaux électeurs de plus que les démocrates au cours des derniers mois.

Puis, dans cet État connu pour ses marges électorales serrées, l’écart est beaucoup plus mince entre démocrates et républicains dans le portrait du vote par anticipation.

Des affiches électorales devant un bureau de vote en Floride

Des affiches électorales devant un bureau de vote en Floride

Photo : Reuters / GREGG NEWTON

Si davantage d’électeurs inscrits comme démocrates ont fait parvenir aux autorités des bulletins postaux, les républicains se sont rendus aux urnes en personne dans une proportion de 46 %, contre 34 % pour les démocrates.

La Floride pourrait donc encore une fois tenir les électeurs et les observateurs en haleine durant la soirée électorale.

La bonne nouvelle, c’est que contrairement à d’autres États, les votes par anticipation et par correspondance peuvent être comptés avant même le jour de l’élection, ce qui pourrait limiter le suspense.

Participation impressionnante des jeunes électeurs

Outre le vote par anticipation en général, c’est son attrait auprès des jeunes électeurs américains qui a de quoi surprendre.

Il y a un mois, lors d’un arrêt à Ann Arbor, au Michigan, une jeune militante démocrate m’expliquait à quel point il pouvait être difficile de mobiliser ses pairs qui ne se reconnaissaient pas nécessairement dans les campagnes présidentielles. Dans son État, en 2016, seuls 36 % des électeurs de 18 à 24 ans avaient exercé leur droit de vote.

Le portrait est en train de changer. Selon les données compilées par l’Université Tufts, en date du 21 octobre, plus de 145 000 électeurs de 30 ans et moins avaient déjà voté au Michigan. Ils n’étaient que 7500 à l’avoir fait à pareille date il y a quatre ans.

En Floride, 200 000 jeunes électeurs de plus ont déjà voté par rapport à la même période en 2016. C’est près de 180 000 de plus en Caroline du Nord.

Ils forment une file.

Des électeurs sur un campus universitaire à Baltimore, au Maryland

Photo : Reuters / HANNAH MCKAY

Ces chiffres reflètent les conclusions d’une étude menée par l’Université Harvard qui montre une importante motivation des jeunes. On y apprend que 63 % des électeurs de moins de 30 ans iront certainement voter cette année. Ils n’étaient que 47 % à offrir la même réponse lors du dernier scrutin présidentiel.

Au lendemain de l’élection, au-delà des résultats, il faudra donc porter attention à la participation.

Cette campagne, teintée par la division et la polarisation, pourrait aussi se démarquer sur le plan de la mobilisation, un facteur non négligeable dans un pays où le taux de participation est sous la barre des 60 % aux élections présidentielles depuis plus de 50 ans.

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