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Incendies de Shippagan en 2003 : « La cicatrice est refermée »

Une usine incendiée à Shippagan, en mai 2003

Une usine incendiée à Shippagan, en mai 2003

Photo : Radio-Canada

La cicatrice causée par les émeutes et les incendies de Shippagan en 2003 s'est refermée, selon la mairesse et plusieurs autres résidents.

Les gens n'en parlent pratiquement plus, affirme la mairesse, Anita Savoie-Robichaud. Ils vont en reparler quand ils voient une usine qui brûle, par exemple. Je n'en entends plus parler. Je crois que deuil est fait depuis longtemps. La cicatrice est refermée.

Madame Anita Savoie Robichaud dans son bureau

Anita Savoie Robichaud, mairesse de Shippagan

Photo : Radio-Canada / François Vigneault

Le 3 mai 2003, une émeute a éclaté dans le port de Shippagan. L'usine de transformation de crabe de l'entreprise terre-neuvienne Daley Brothers a été incendiée, de même que des bateaux, un entrepôt et des casiers de pêche.

La présence de cette nouvelle usine en dérangeait plusieurs dans l'industrie de la transformation en accentuant la concurrence.

Un pincement au coeur

L'incendie qui a ravagé un bâtiment servant à entreposer du homard à Pubnico-Ouest-le-Centre, le 17 octobre, a rappelé de mauvais souvenirs à madame Savoie-Robichaud. Il est survenu alors que la région est le théâtre de vives tensions entre pêcheurs de homard autochtones et non autochtones.

Des débris d'une usine. En arrière plan, la mer.

Décombres de l'incendie d'un bâtiment servant à entreposer du homard, le 17 octobre 2020 à Pubnico-Ouest-le-Centre, en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Taryn Grant

C'est toujours triste quand on voit une usine qui brûle, c'est une grosse perte, explique la mairesse. Ça m'a fait un petit pincement au coeur quand j'ai entendu qu'une usine brûlait en Nouvelle-Écosse. Ça m'a ramené à ce qui s'est passé à Shippagan en 2003.

Elle est persuadée que ce mauvais souvenir n'est plus un frein au développement économique. Je ne pense pas que ce qui s'est passé en 2003 est un empêchement pour qui que ce soit de venir faire du développement économique ici, dit-elle.

Luc Duguay, propriétaire d'une entreprise de pièces d'auto à Shippagan, abonde dans le même sens.

La cicatrice est refermée, assure-t-il. Mais, on sait qu'elle est là. De ce temps-ci, les gens parlent beaucoup plus du mauvais état du pont de Shippagan et de l'argent qui est dépensé pour le réparer.

Cela ne signifie pas pour autant que ces événements dramatiques seront oubliés.

En mai 2003, Shippagan a été le théâtre d'une émeute.

En mai 2003, Shippagan a été le théâtre d'une émeute.

Photo : Radio-Canada

À la suite des événements, le pêcheur Alyre Gauvin, ému, avait rappelé que des bateaux ont aussi été brûlés et que les bateaux ont une âme.

Shippagan, ville « heureuse »

Beaucoup d'eau a coulé sous le pont Lamèque-Shippagan depuis 2003.

Au cours de la dernière année, cette région a surtout attiré l'attention de toute la province puisque le député du coin, Robert Gauvin, détenait à lui seul la « balance du pouvoir » avant de claquer la porte du parti progressiste-conservateur.

Une douzaine de bateaux de pêche sur la terre ferme tout près de la mer.

La Ville de Shippagan espère construire une halte touristique et un crabe géant près des bateaux de pêche au crabe.

Photo : CBC/Gail Harding

En 2018, une étude nationale a déterminé que Shippagan, au Nouveau-Brunswick, était la deuxième communauté la plus heureuse au pays.

Cette ville a bien sûr ses défis, notamment aux plans financiers et des infrastructures.

Comme d'autres, Élise DeGrâce n'a pas regretté d'être revenue chez elle. Cette physiothérapeute a lancé une entreprise de cours de yoga et elle siège au bureau de direction de la Chambre de commerce de Shippagan.

Élise DeGrâce

Élise DeGrâce

Photo : Gracieuseté

Quand les émeutes ont éclaté à Shippagan, en 2003, elle était une élève à l'école secondaire Marie-Esther. Elle assure d'entrée de jeu qu'elle n'a pas été traumatisée par ces événements.

C'est sûr que ça date de longtemps tout de même, dit-elle. Je n'étais pas dans le domaine des entreprises. Je faisais partie de la catégorie de personnes qui pensaient à s'en aller de Shippagan. C'est sûr que ça m'a affecté. On trouvait ça triste. Mais, je ne crois pas que c'est quelque chose [les feux de 2003] qui se discute beaucoup chez les jeunes entrepreneurs aujourd'hui. Avec les années, on se rend compte qu'on aime beaucoup notre Shippagan, ses gens et l'accueil chaleureux.

Après avoir fait des études et résidé à l'extérieur, elle est revenue malgré tout.

Je me suis promené : Moncton, Ottawa et quelques autres villes, précise-t-elle. Je suis de retour vers mes racines comme on dit. J'aime beaucoup ma ville et les gens du coin. Il y a comme une bonne vibe, comme on dit.

Et en plus, on fait un peu de yoga maintenant, lance-t-elle, dans un grand éclat de rire.

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