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Des patients déçus du report des opérations en phase orange

Plan rapproché du bâtiment de l'hôpital où son nom est écrit.

Le Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, à Moncton, était touché par des réductions de services causées par la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

La phase orange a forcé le report de 217 interventions chirurgicales non urgentes au Nouveau-Brunswick au cours des deux dernières semaines, selon les plus récentes données du Réseau de santé Vitalité. Même si ces opérations peuvent être remises à plus tard sans porter préjudice aux patients, les personnes touchées déplorent l'incertitude dans laquelle elles sont plongées.

Dans le Grand Moncton, 149 patients ont reçu un avis de report ou d’annulation de leur rendez-vous au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont ou à l’Hôpital Stella-Maris-de-Kent.

Jusqu'à présent, 68 patients ont aussi reçu cette mauvaise nouvelle dans la région du Restigouche.

Une pénurie d'agents de sécurité sévit à l'Hôpital Stella-Maris à Sainte-Anne-de-Kent.

L'Hôpital Stella-Maris, situé Sainte-Anne-de-Kent, fait partie de la zone 1, qui a temporairement basculé en phase orange.

Photo : Radio-Canada

Depuis le début de la pandémie, les interventions chirurgicales sont classées en quatre catégories selon leur degré d'urgence. Durant la phase orange du plan de rétablissement de la province, les hôpitaux sont tenus de réduire leurs activités chirurgicales d'environ 50 %, ce qui signifie que seules les opérations de catégorie 1 et 2 sont autorisées.


Les chirurgies urgentes seulement

En phase rouge, on ne fait que les chirurgies urgentes, où la vie du patient est immédiatement en danger. Et en phase orange, on fait les chirurgies électives, mais qui doivent être faites en dedans de trois à six semaines, explique la Dre Nathalie Banville, directrice médicale au Réseau de santé Vitalité et responsable du secteur des chirurgies.

Ces réductions de services n'ont pas pour but premier de permettre aux établissements d'accueillir un afflux de patients atteints de la COVID-19. Pour ça, on est toujours prêts en tout temps, assure la médecin.

Nathalie Banville lors d'une entrevue Zoom.

La Dre Nathalie Banville est responsable du secteur des chirurgies au Réseau de santé Vitalité.

Photo : Radio-Canada

Notons d'ailleurs les Néo-Brunswickois qui ont contracté le virus ont été peu nombreux à nécessiter des soins à l’hôpital. Depuis le 9 octobre, date de la mise en place de la phase orange dans le Restigouche et dans le Sud-Est, le gouvernement du Nouveau-Brunswick a signalé quotidiennement un maximum de cinq patients hospitalisés à cause de la COVID-19.

Pour Vitalité, les réductions d'activités visent essentiellement à mieux contrôler le risque d'exposition au virus et à maximiser la réussite de l'intervention chirurgicale.

Le but, c’est d’éviter d’amener des patients qui sont possiblement positifs à l’hôpital, mais c'est aussi de protéger le patient. Si un patient est asymptomatique et qu’il a sa chirurgie, il est plus a risque de développer des complications majeures.

Déception chez les patients

Même si les restrictions sont en place pour la sécurité de tous, reste qu'une opération nécessite une certaine préparation.

Sophie Guignard, qui se préparait à subir une abdominoplastie et une réduction mammaire au CHU Dumont à Moncton, en sait quelque chose : atteinte de la maladie de Crohn, elle cessé ses traitements et pris deux mois de congé du travail.

Sophie Guignard lors d'une entrevue par FaceTime.

Sophie Guignard, résidente de Petite-Rivière-de-l'Île, dans la Péninsule acadienne.

Photo : Radio-Canada

Son rendez-vous du 21 octobre a d'abord été reporté au 29 octobre à cause de la phase orange.

Quelques jours avant la date tant attendue, cette mère monoparentale a organisé un séjour à Moncton pour passer des tests de routine, soit des tests de sang et de dépistage de la COVID-19. Tout était beau, dit-elle. Mais lundi matin, on lui a annoncé que son opération était encore une fois annulée et qu’aucune date n’était disponible avant le 2 décembre.

Je suis vraiment, vraiment déçue. Pour cette opération, j’ai arrêté de travailler, parce qu’il y avait beaucoup de préparation [...] C’est toujours à recommencer. Et d’ici le 2 décembre, est-ce qu’il va vraiment y avoir une opération?

Elle regrette surtout que le système de santé ne prenne pas davantage en considération les efforts que les patients doivent déployer pour se préparer en vue d’une opération.

Un traitement contre le cancer reporté

Gloria LePage, une dame de 75 ans de Balmoral, fait elle aussi partie des patients dont l'intervention chirurgicale a été reportée. Elle s’explique toutefois mal comment son traitement contre le cancer de la peau, d’un type agressif, a pu être considéré comme une intervention non urgente.

Hôpital vu de l'extérieur

L'Hôpital régional Chaleur, à Bathurst, est en zone jaune.

Photo : ICI Radio-Canada/Serge Bouchard

L'établissement où son rendez-vous était fixé, l’Hôpital régional Chaleur à Bathurst, n’était d’ailleurs pas touché par les réductions de service annoncées par Vitalité.

En général, les patients de catégorie 1 et 2 qui venaient d’une zone orange et qui allaient dans une zone jaune ont été faits, dit la Dre Banville.

Ainsi, en vertu des règlements en vigueur, un hôpital n'est pas autorisé à reporter un rendez-vous de catégorie 1 ou 2 sur la seule base que le patient réside en zone orange.

Les cancers de la peau sont toutefois sujets à des degrés d'urgence variable, explique la médecin, tout en insistant sur le fait qu'elle ne peut pas commenter ce cas précis pour des raisons de confidentialité.

Ça dépend toujours des types de cancer de peau. Il y a des cancers de peau qui sont de catégorie 1, mais il y en a que ce sont des catégories 2, 3 ou 4. C’est difficile, parce qu’il y a des tumeurs de peau qu’on appelle cancer et qui sont bénignes, mais il y en a aussi qui sont malignes [...] Si ça avait été une tumeur maligne, le traitement de cette patiente aurait été fait au même titre que les autres, indique-t-elle.

Gloria LePage, regarde la caméra de son ordinateur. Derrière elle se trouve plusieurs photos de famille.

Gloria LePage a obtenu son traitement contre le cancer de la peau le mardi 20 octobre.

Photo : Images : Messenger

L’hôpital avait promis à Mme LePage que son rendez-vous serait reporté au plus tard le jeudi 29 octobre, mais après une consultation le mardi 20 octobre, on a jugé qu’une opération imminente s’imposait. [Ma mère] a vu le médecin mardi passé et dû à la grosseur de son cancer de peau, il l’a opéré cette journée même, raconte Mélanie LePage, fille de la patiente.

Selon elle, c’était bien la preuve que le rendez-vous n’aurait jamais dû être reporté. Soulagée que cet épisode soit derrière elle, Gloria LePage se rétablit maintenant de son opération et dit qu'elle va bien.

Dans la région de Campbellton, les restrictions sont encore en vigueur pour une durée indéterminée, ce qui laisse supposer que le nombre d’annulations et de reports pourrait encore augmenter.

Avec des informations de Wildinette Paul

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