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Normandeau arrêtée le jour du budget : « J'ai été ciblée par Robert Lafrenière »

Nathalie Normandeau en compagnie de son avocat, Maxime Roy, en août 2016.

Nathalie Normandeau en compagnie de son avocat, Maxime Roy, en août 2016.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Félix Morrissette-Beaulieu

Lavée de toute accusation, Nathalie Normandeau estime avoir été le « bouc émissaire » de l’ancien commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière, lorsqu’elle a été arrêtée le jour du budget provincial en 2016.

J’ai mis tous les éléments du casse-tête en place et j’arrive à cette conclusion, a commenté l’ancienne vice-première ministre du Québec au lendemain de la décision du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) de ne pas faire appel du jugement sur l’arrêt des procédures rendu en septembre dernier pour cause de délais déraisonnables.

La seule hypothèse à laquelle j’arrive, elle peut sembler totalement surréaliste, c’est que je crois que j’ai été ciblée par Robert Lafrenière pour lui permettre d’être renouvelé à son poste de commissaire, alors qu’il était à la tête de l’UPAC

Nathalie Normandeau, ex-vice-première ministre du Québec
L'ex-commissaire de l'Unité permanente anticorruption, Robert Lafrenière.

L'ex-patron de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), Robert Lafrenière

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Une stratégie

Mme Normandeau croit que le gouvernement de l’époque avait des réticences à renouveler le mandat de l’ex-numéro un de l’UPAC.

Mon arrestation, le jour du budget, a contribué à faire plier le gouvernement. Je pense que Robert Lafrenière a sorti l’artillerie lourde en disant : voyez ce que je peux faire.

Même si elle avait quitté l’Assemblée nationale en 2011, Mme Normandeau estime avoir été prise pour cible en raison de ses anciennes fonctions.

Pourquoi moi? J’étais vice-première ministre. Ça frappe quand même. Arrêter l’ex-vice-première ministre, la première fois dans les annales judiciaires et politiques du Québec, ça crée une bombe médiatique.

Nathalie Normandeau, ex-vice-première ministre du Québec

Personne n’a contesté cette hypothèse depuis mon arrestation, affirme Mme Normandeau. Le DPCP n’a jamais eu de preuves pour soutenir les accusations qu’ils ont soutenues contre moi.

Un jour, on va prendre la mesure de tous les dommages qu’a causés Robert Lafrenière alors qu’il était à l’UPAC, conclut l'ancienne députée libérale.

M. Lafrenière a démissionné de ses fonctions la journée de l’élection de la CAQ, le 1er octobre 2018. Encore aujourd’hui, les raisons de son départ demeurent inconnues.

Nathalie Normandeau était jusqu'à récemment accusée de fraude dans les affaires gouvernementales, tout comme Marc-Yvan Côté, Bruno Lortie, France Michaud, Mario Martel et François Roussy.

Une poursuite en 2021?

Lorsqu'on lui demande si elle compte poursuivre le gouvernement pour les dommages qu'elle estime avoir subis, Nathalie Normandeau répond se laisser jusqu’au début de l’année 2021 pour prendre une décision : Je dois envisager cette option. Je n’ai pas d’autres choix parce que j’ai subi d’énormes torts, d’énormes préjudices.

J’ai quand même plusieurs mois devant moi. C’est une décision importante. Si je pose ce geste-là, j’accepte de me replonger dans toute cette histoire avec la justice, ce qui a été très pénible jusqu’à maintenant, ajoute-t-elle.

L’ancien chef de Nathalie Normandeau, Jean Charest, a annoncé pour sa part qu’il entamait une poursuite judiciaire contre le gouvernement du Québec pour violation de sa vie privée lors de l’enquête Mâchurer, entreprise par l’UPAC.

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