•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Radio-Canada dévoile les 5 finalistes de son Prix de poésie 2020

Montage des cinq portraits, de gauche à droite.

Les cinq finalistes du Prix de poésie Radio-Canada 2020. De gauche à droite : Anna Quinn, Azucena Pelland, Symon Henry, Marianne Martin, Mégane Desrosiers.

Photo : De gauche à droite : Anthony Paquet, Amaya Adriel Lacroix, Turgeon-Dalpé et Bijuriya, Raymond B., Ludovic Théberge.

Radio-Canada

Le jury, composé cette année de Sylvie Drapeau, Rodney Saint-Éloi et Baron Marc-André Lévesque, a choisi les cinq finalistes du Prix de poésie Radio-Canada 2020.

Les poèmes inédits de Mégane Desrosiers, de Symon Henry, de Marianne Martin, d'Azucena Pelland et d'Anna Quinn ont été choisis parmi près de 1500 textes soumis au concours cette année. Le nom de la personne gagnante sera dévoilé le 12 novembre.

La liste des finalistes de langue anglaise (CBC Short Story Prize) a été dévoilée jeudi sur le site de CBC Books (Nouvelle fenêtre).

Voici les finalistes du Prix de poésie Radio-Canada 2020 :

Mégane Desrosiers pour Exercices de déterritorialisation

Mégane Desrosiers est dehors et sourit en regardant vers l'appareil photo.

Mégane Desrosiers est en lice pour le Prix de poésie Radio-Canada 2020.

Photo : Ludovic Theberge

À 20 ans, Mégane Desrosiers termine son baccalauréat en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal. Libraire depuis trois ans, elle est aussi membre du comité de rédaction de la revue Jeu. La jeune auteure s’intéresse d’abord et avant tout à la forme dramatique qu'elle tente d'intégrer dans ses textes, en exploitant ses matériaux et son rapport à la langue et au corps.

La forme poétique pour cette auteure n’est pas un choix. La forme s’est imposée d’elle-même, affirme la jeune femme, j’avais besoin d’elle pour qu’elle rythme l’oralité déformée que je souhaitais mettre en scène. Dans Exercices de déterritorialistation, Mégane Desrosiers s’est inspirée de la notion d’écriture carnavalesque dans l’œuvre de Julia Kristeva, où cette dernière parle, entre autres, de la mise en scène d’une corporéité gênante. Ces poèmes font partie d’une série de textes dans lesquels j’investis poétiquement la didascalie théâtrale et d’une exploration sur les limites du discours dramatique.

Selon moi, la poésie peut sembler hermétique parce qu’elle est un amalgame d’images sans contexte. Pour ne pas être rebuté, il ne faut pas chercher à tout comprendre, il faut accepter que les choses nous glissent des mains.

Mégane Desrosiers

Symon Henry pour Stucs naturels

Symon Henry tient des fleurs dans sa main.

Symon Henry est en lice pour le Prix de poésie Radio-Canada 2020.

Photo : Turgeon-Dalpé et Bijuriya

Pour Symon Henry, la poésie est « une manière de nous permettre d’exister autrement, de nous rêver et de nous construire avec des mots qui ne sont jamais que les nôtres; une possibilité de reprise de contrôle sur notre identité, nos devenirs, notre intime. » Après avoir fui Montréal et vécu en France et en Allemagne pour se « sentir plus valide comme personne métisse égypto-québécoise », ille revient au Québec et s’y établit comme artiste pigiste, évoluant entre la musique de concert, la poésie et les arts visuels.

Symon Henry avoue ressentir un « immense complexe d’imposteur·trice vis-à-vis des mots », qui, à son avis, ne sont jamais assez justes dans ses textes. « Puis je sculpte et resculpte et reformule ces premiers jets jusqu’à ce qu’ils ouvrent des sens nouveaux face à mes propres ressentis. »

Dans tous les cas, le "safe space" qui est en filigrane de tout mon travail créatif, c’est le fleuve. Ses sonorités, le vent qui le balaie, son intensité, ses glaces, sa mémoire — à la hauteur de Montréal, Baie-Saint-Paul, Rimouski ou Mont-Louis — me portent quotidiennement. Toutes mes créations ne sont au fond que des transpositions de ce que le fleuve me fait vivre, ce que je projette sur lui.

Symon Henry

*Une version légèrement différente de Stucs naturels paraîtra dans la revue Mœbius 166, Mais il ne suffit pas de se tenir debout sur l'autre rive du fleuve.

Marianne Martin pour Il n'y a rien après

Marianne Martin sourit en regardant l'appareil photo.

Marianne Martin est en lice pour le Prix de poésie Radio-Canada 2020.

Photo : Raymond B.

Marianne Martin a grandi à Laval dans une famille très aimante. La jeune femme de 28 ans a consacré toutes ses études postsecondaires à la littérature. Elle a récemment terminé son mémoire en recherche-création autour de la figure de Jovette Marchessault; une aventure extrêmement enrichissante pour l'auteure. Marianne Martin avoue entretenir une relation plutôt conflictuelle avec l’écriture, qui représente pour elle une pratique très précieuse, voire un peu mystique, qu’elle trouve difficile à intégrer dans son quotidien. « L’écriture me vient avec du jugement et de la honte. J’apprends à désapprendre tout ça, et je pense que j’y arrive tranquillement. Je retrouve le plaisir d’écrire que j’avais quand j’étais petite. »

Je pense que la poésie nous amène au seuil du concevable. C’est une mise en tension entre le dicible et l’indicible, la réalité et le rêve. Je ne voyais pas comment parler de ma relation avec la mort autrement.

Marianne Martin

Azucena Pelland pour feu mer

Azucena Pelland est assise sur une chaise devant une fenêtre et regarde l'objectif.

Azucena Pelland est en lice pour le Prix de poésie Radio-Canada 2020.

Photo : Amaya Adriel Lacroix

Azucena Pelland, 23 ans, est d’origine mexicaine et québécoise. Elle s’intéresse à la littérature depuis qu’elle est toute petite. Après des études collégiales en théâtre, elle a terminé son baccalauréat en études littéraires à l‘Université du Québec à Montréal, où elle complète présentement une maîtrise en recherche-création. Azucena Pelland pratique l’écriture fragmentaire et les formes courtes. Elle préfère écrire le matin, proche d’une fenêtre, chez elle lorsqu’il n’y a personne. Pour la jeune auteure, la poésie est « un moyen de s’habiter dans son corps et de se créer une maison dans le monde ».

Quand je suis sur un projet, j’écris tout le temps dans ma tête. Je fais très attention à ce que l’on dit autour de moi. Je note des phrases que j’entends, des manières de dire les choses auxquelles je n’aurais pas pensé.

Azucena Pelland

Anna Quinn pour Mauve est un verbe pour ma gorge

Anna Quinn a les yeux fermés et la tête déposée sur sa main.

Anna Quinn est en lice pour le Prix de poésie Radio-Canada 2020.

Photo : Anthony Paquet

Anna Quinn a grandi à Québec et à Saint-Raphaël de Bellechasse. Aujourd’hui âgée de 21 ans, elle vit dans le quartier Centre-Sud, à Montréal, et poursuit un baccalauréat en Arts visuels et médiatiques à l’Université du Québec à Montréal. Elle aime danser, faire du vélo, jouer dehors et ralentir le temps. Anna Quinn affirme que sans qu'elle le veuille, ses textes et ses œuvres parlent toujours de la mort, de la vulnérabilité, des relations interpersonnelles et de la dualité entre la beauté et la douleur de vivre. Lorsque l'auteure se plonge dans l’écriture, il est difficile pour elle de s’arrêter.

À propos de Mauve est un verbe pour ma gorge, Anna Quinn estime que ces poèmes arrivent comme un chemin très doux et sensible dans son processus de guérison. « Ils viennent boucler la boucle. J’ai commencé leur écriture lorsque je vivais de la violence conjugale, par nécessité. Aujourd’hui, cela fait plus de deux ans. Je considère qu’écrire ce genre de poésie est important, afin de briser les tabous, mais il s’agit pour moi aussi d’une manière de passer à autre chose. »

Quand j’ai commencé à écrire, cette violence que je décris, je la vivais. Il n’y avait pas encore de récit, il n’y avait pas d’histoire. Les images seulement me suivaient, me harcelaient même, mélangées et fortes. La poésie s’est imposée d’elle-même, je crois.

Anna Quinn

La personne gagnante remportera, en plus de la publication de son texte sur le site de Radio-Canada :

  • une résidence d'écriture de deux semaines au Banff Centre des arts et de la créativité en Alberta;
  • une bourse de 6000 $, offerte par le Conseil des arts du Canada.

Véritable tremplin pour les écrivaines et les écrivains canadiens, les Prix de la création Radio-Canada (Nouvelle fenêtre) sont ouverts à toute personne qui écrit, de façon amateur ou professionnelle. Ils récompensent chaque année les meilleurs récits (histoires vécues), nouvelles et poèmes inédits soumis au concours.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !